Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Ishaq rapporte (1) : « Ils persévérèrent ainsi pendant deux ou trois ans, au point de souffrir, et rien ne pouvait leur parvenir si ce n’était en cachette, dissimulé par ceux de Quraysh qui désiraient entretenir un lien avec eux. Il est relaté qu’Abou Jahl ibn Hishâm rencontra un jour Hakîm ibn Hizâm ibn Khuwaylid ibn Asad, accompagné d’un serviteur qui transportait du blé, destiné à sa tante Khadîja bint Khuwaylid — celle-ci se trouvant auprès du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dans la gorge (du col) — et il s’en prit à lui en disant : “Comptes-tu apporter de la nourriture aux Banû Hâshim ? Par Dieu, ni toi ni tes provisions ne passerez avant que je ne te couvre de honte à La Mecque.” Alors Abou l-Bakhtarî ibn Hishâm ibn al-Hârith ibn Asad survint et demanda : “Que te veut-il ?” Abou Jahl répondit : “Il transporte de la nourriture aux Banû Hâshim.” Abou l-Bakhtarî rétorqua : “Il s’agit de la nourriture de sa tante, déposée chez lui, qu’elle lui a fait envoyer. Vas-tu l’empêcher d’apporter son bien ? Laisse cet homme tranquille !” Il en alla ainsi, mais Abou Jahl — que Dieu le maudisse ! — s’entêta jusqu’à ce que l’un et l’autre s’injurient, alors Abou l-Bakhtarî s’empara d’un os de chameau avec lequel il le frappa, lui ouvrit la tête, puis le piétina rudement. Hamza ibn Abd al-Muttalib, qui était tout près et assistait à la scène, détestait que l’affaire parvienne au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) et à ses compagnons, de peur qu’ils ne s’en réjouissent. Malgré tout cela, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) continuait à appeler son peuple, nuit et jour, en secret comme ouvertement, proclamant l’ordre (2) de Dieu le Très-Haut, sans craindre personne.

Lorsque Dieu l’avait ainsi protégé d’eux et que son oncle ainsi que les siens, parmi les Banû Hâshim et les Banû Abd al-Muttalib (3), s’étaient levés pour le défendre et avaient fait obstacle à ce que Quraysh désirait entreprendre pour le malmener, ces derniers s’évertuèrent à l’attaquer par des insinuations, à se moquer de lui et à le contredire. Parallèlement, le Coran était révélé à propos de Quraysh et de leurs agissements, ainsi que de ceux qui lui vouaient leur hostilité : certains nous sont nommément cités, d’autres sont désignés dans les versets concernant de manière générale les impies évoqués par Dieu. Ibn Ishaq (4) mentionna Abou Lahab et la révélation de la sourate (Le Tissu) tombant à son sujet, ainsi qu’Oumayya ibn Khalaf et la révélation de la parole de Dieu : « Malheur à tout calomniateur diffamateur » (Sourate 104 : 1) — la sourate entière le concernant. Et aussi al-‘Âs ibn Wâ’il et la révélation du verset : « As-tu vu celui qui ne croit pas en Nos signes et dit : “On me donnera certes des biens et des enfants” ? » (Sourate Maryam : 77), mentionné plus haut. Quant à Abou Jahl ibn Hishâm, il s’adressa au Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) en disant : “Tu vas cesser d’insulter nos divinités, ou nous insulterons la tienne !” Puis fut révélé à son sujet la parole de Dieu : « N’insultez pas ceux qu’ils invoquent en dehors de Dieu, car ils insulteraient Dieu, par transgression et par ignorance » (Sourate al-An‘âm : 108). Il y eut également an-Nadr ibn al-Hârith ibn Kalada ibn ‘Alqama (5), qui s’asseyait, après le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), à l’endroit même où il récitait le Coran et appelait à Dieu ; an-Nadr racontait alors à son auditoire quelques récits au sujet de Rostam et d’Esfandiar, et des batailles menées du temps des Perses avant d’ajouter : “Par Dieu ! Muhammad ne dépasse pas ma propre parole, et ses propos ne sont pas meilleurs que les miens.”»

(1) La Sīra d'Ibn H̱išām (1/353) et al-Rawḍ (2/103). (2) Dans l'édition : « Appelant à l'ordre de Dieu », confirmé par H. (3) Dans la Sīra et al-Rawḍ : « et la famille de al-Muṭlab ». (4) Dans la Sīra d'Ibn H̱išām (1/356-360). (5) Dans l'édition, une interpolation entre deux parenthèses dont le texte est : « Parmi eux, certains disent que c'est ʿAlqama ibn Kulda », selon al-Suhaylī. Cette interpolation ne figure pas dans H, et elle semble être l'œuvre de copistes, car al-Suhaylī a reproduit le texte d'Ibn H̱išām tel quel, puis il l'a commenté en disant dans al-Rawḍ (2/115) : « Et il a dit à propos de sa lignée : Kulda ibn ʿAlqama », et d'autres généalogistes avancent : ʿAlqama ibn Kulda. C'est ainsi que je l'ai trouvé dans la note marginale du livre du cheikh Abū Baḥr sur al-Walīd. Fin de citation. « Jumhūrat al-Ansāb » d'Ibn Ḥazm (p. 126).
قال ابن إسحاق (١) : فأقاموا على ذلك سنتَيْن أو ثلاثًا حتى جُهدوا، ولم يصلْ إليهمِ شيءٌ إلا سرًا مستخفيًا به مَنْ أراد صِلَتَهُمْ من قريش. وقد كان أبو جهل بنُ هشام -فيما يذكرون- لَقِي حَكيمَ بنَ حِزَام بن خُويلد بن أسد معه غلامٌ يحمل قمحًا، يُريد به عمَّتهُ خَدِيجة بنت خُويلد، وهي عند رسولِ الله ﷺ في الشِّعْب، فتعلَّق به وقال: أتذهبُ بالطعام إلى بني هاشم؟ والله لا تذهب أنت وطعامك حتى أفضحك بمكة. فجاءه أبو البَخْتَرِيِّ بنُ هشام بن الحارث بن أسد فقال: ما لك وله؟ فقال: يحمِلُ الطعام إلى بني هاشم. فقال له أبو البختريّ: طعامٌ كان لعمَّتِه عنده بعثتْ به إليه أتمنعه أنْ يأتيَها بطعامها؟ خلِّ سبيلَ الرجل. قال: فأبَى أبو جهل لعنه الله حتى نالَ أحدُهما من صاحبه، فأخذ أبو البختريِّ لَحْيَ بعيرٍ فضربه، فشجَّهُ ووطِئَهُ وطْئًا شديدًا، وحمزةُ بن عبد المطلب قريبٌ يرى ذلك، وهم يكرهون أن يبلغ ذلك رسولَ الله ﷺ وأصحابَه فيشمتون بهم، ورسولُ الله ﷺ على ذلك يدعو قومَهُ ليلًا ونهارًا وسِرًّا وإعلانًا وجهارًا مُبَاديا لأمر (٢) الله تعالى، لا يتقي فيه أحدًا من الناس. فجعلت قريشٌ حين منعَهُ الله منها وقام عمُّه وقومُه من بني هاشم وبني عبد المطلب (٣) دونه وحالُوا بينهم وبين ما أرادوا من البَطْش به، يهمزونه ويستهزئون به ويخاصمونه وجعل القرآنُ ينزلُ في قريش بأحداثهم وفيمن نَصَبَ لعداوته، منهم من سُمّي لنا، ومنهم من نزل القرآن في عامَّةِ مَنْ ذكر الله من الكفار. فذكر ابن إسحاق (٤) أبا لهب ونزولَ السورةِ فيه، وأُميَّة بن خلف ونزول قوله تعالى: ﴿وَيْلٌ لِكُلِّ هُمَزَةٍ لُمَزَةٍ﴾ [الهمزة: ١] السورة بكمالها فيه. والعاص بن وائل ونزول قوله: ﴿أَفَرَأَيْتَ الَّذِي كَفَرَ بِآيَاتِنَا وَقَالَ لَأُوتَيَنَّ مَالًا وَوَلَدًا﴾ [مريم: ٧٧] فيه. وقد تقدَّم شيءٌ من ذلك. وأبا جهل بن هشام وقولهُ للنبيِّ ﷺ لتَتْرُكَنَّ سبَّ آلهتِنا أو لنسبَّنَّ آلهتك، ونزول قول الله فيه ﴿وَلَا تَسُبُّوا الَّذِينَ يَدْعُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ فَيَسُبُّوا اللَّهَ عَدْوًا بِغَيْرِ عِلْمٍ﴾ [الأنعام: ١٠٨] الآية. والنَّضْر بن الحارث بن كَلَدة بن علقمة (٥) ، وجلوسه بعد النبي ﷺ في مجالسه حيث يتلو القرآن، ويدعو إلى الله، فيتلو عليهم النضْرُ شيئًا من أخبار رستم واسفنديار، وما جرى بينهما من الحروب في زمنِ الفرس، ثم يقول: والله ما محمدٌ بأحسنَ حديثًا مني، وما حديثُه
(١) سيرة ابن هشام (١/ ٣٥٣) والروض (٢/ ١٠٣). (٢) في ط: مناديًا بأمر الله، والمثبت من ح. (٣) في السيرة والروض: وبني المطلب. (٤) في سيرة ابن هشام (١/ ٣٥٦ - ٣٦٠). (٥) زادت ط بين معترضتين ما نصه: ومنهم من يقول علقمة بن كلدة قاله السهيلي. وليست هذه الزيادة في ح ولعلها من النساخ لأن السهيلي أثبت نص ابن هشام كما هو ثم علق عليه بقوله الروض (٢/ ١١٥): وقال في نسبه: كلدة بن علقمة، وغيره من النساب يقول: علقمة بن كلدة، وكذلك ألفيته في حاشية كتاب الشيخ أبي بحر عن الوليد. اهـ. جمهرة الأنساب لابن حزم (ص ١٢٦).

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