À Marw, on nous raconta (selon la chaîne de transmission) : Hammad Ibn Ahmad nous rapporta, Muhammad Ibn Ḥumayd nous rapporta, Salama Ibn al-Faḍl nous rapporta d’après Muḥammad Ibn Isḥāq qui dit :
« Le Messager de Dieu — paix et salut sur lui — envoya ‘Amr Ibn Umayya ad-Ḍamrī auprès du Négus à propos de Ja‘far Ibn Abī Ṭālib et de ses compagnons. Il lui remit une lettre en ces termes :
“Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muḥammad, Messager de Dieu, au Négus, al-Aṣḥam, roi d’Abyssinie. Que la paix soit sur toi. Je loue auprès de toi Dieu, le Souverain, le Très-Saint, le Fidèle, le Surveillant. J’atteste que ‘Īsā est l’Esprit de Dieu et Sa Parole qu’Il a transmise à Marie, la Vierge (1), la pure, la préservée. Elle fut enceinte de ‘Īsā, que Dieu créa par Son esprit et par Son souffle, comme Il créa Adam de Sa propre main et de Son souffle. Je t’appelle à adorer Dieu, Lui Seul, sans associé, et à demeurer solidaire dans Son obéissance. Je t’invite à me suivre, à croire en moi et en ce qui m’a été révélé, car je suis le Messager de Dieu. Je t’envoie mon cousin, Ja‘far, accompagné d’un groupe de musulmans. Accueille-les et renonce à toute arrogance, car je t’appelle, toi et tes armées, vers Dieu — Exalté soit-Il. J’ai communiqué et conseillé ; acceptez donc mon conseil. Que la paix soit sur celui qui suit la voie droite.”
Alors, le Négus répondit au Messager de Dieu — paix et salut sur lui — :
“Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. À Muḥammad, le Messager de Dieu, de la part du Négus, al-Aṣḥam Ibn Abjar. Que la paix soit sur toi, ô Prophète de Dieu, ainsi que la miséricorde de Dieu et Sa bénédiction. Il n’est de divinité que Lui, qui m’a guidé vers l’Islam. Ta lettre m’est parvenue, ô Messager de Dieu, à propos de ce que tu as mentionné au sujet de ‘Īsā. Par le Seigneur des cieux et de la terre, ‘Īsā ne dépasse pas ce que tu en as dit. Nous avons bien connaissance de ce pour quoi tu as été envoyé. Nous avons accordé notre protection à ton cousin et à ses compagnons. J’atteste que tu es le Messager de Dieu, véridique et confirmé. Je t’ai fait acte d’allégeance (2), ainsi qu’à ton cousin, et je me suis converti, par son intermédiaire, à Dieu, le Seigneur des mondes. Je t’envoie, ô Prophète de Dieu, Arīḥā Ibn al-Aṣḥam Ibn Abjar, car je ne détiens de pouvoir que sur ma propre personne. Si tu le souhaites, je viendrai moi-même à toi, ô Messager de Dieu, car j’atteste que tes propos sont véridiques (3).”
Chapitre : Mention de l’opposition des clans de Quraysh aux Banū Hāshim et aux Banū ‘Abd al-Muṭṭalib, alors qu’ils soutenaient le Messager de Dieu — paix et salut sur lui —. Ils s’allièrent entre eux contre ceux-ci pour ne plus commercer ni se marier avec eux tant qu’ils ne livreraient pas le Messager de Dieu — paix et salut sur lui —. Ils les assiégèrent dans le défilé d’Abū Ṭālib pendant une longue période, et ils rédigèrent à ce sujet un acte injuste et tyrannique. Ce faisant, Dieu manifesta toutes sortes de signes de la prophétie et de preuves de sincérité.
Mūsā Ibn ‘Uqba a rapporté d’après az-Zuhrī (4) : “Puis les polythéistes redoublèrent de rigueur envers les musulmans, plus durement que jamais, jusqu’à ce que la situation atteigne…”.”