J’ai dit : j’ai examiné en détail la manière dont ‘Umar (qu’Allah l’agrée) embrassa l’islam et tout ce qui fut rapporté à ce sujet parmi les hadiths et les traditions, de façon approfondie, au début de sa biographie que j’ai traitée séparément. Louange à Dieu et gratitude envers Lui.
Ibn Ishaq (1) a dit : « Nafi‘, le client de ‘Abd Allah ibn ‘Umar, m’a rapporté d’après Ibn ‘Umar : “Lorsque ‘Umar se convertit à l’islam, il demanda : ‘Qui, parmi les Qouraych, est le plus prompt à répandre la nouvelle ?’ On lui répondit : ‘C’est Jamil ibn Ma‘mar al-Joumahî.’ Le lendemain, ‘Umar se rendit chez lui. ‘Abd Allah (ibn ‘Umar) dit : ‘J’ai fait de même, le suivant de près pour observer ce qu’il ferait — j’étais alors un jeune garçon qui comprenait parfaitement tout ce qu’il voyait — jusqu’à ce que mon père arrive près de Jamil et lui dise : ‘Sais-tu, ô Jamil, que je me suis converti à l’islam et que je suis entré dans la religion de Muhammad (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) ?’ Par Dieu, Jamil ne lui répondit pas un mot avant de s’en aller, traînant son manteau, et ‘Umar le suivait. Je les ai également suivis jusqu’à ce qu’il se tienne devant la porte de la Mosquée, où Jamil s’exclama à pleins poumons : ‘Ô gens de Qouraych — eux qui siégeaient dans leurs assemblées autour de la Ka‘ba — sachez qu’Ibn al-Khattab a apostasié !’ ‘Umar, se trouvant derrière lui, déclara : ‘C’est faux ! Je me suis plutôt converti à l’islam, et j’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah.’ Alors ils se levèrent contre lui et l’attaquèrent, et lui de même se défendit et les combattit, jusqu’à ce que le soleil fût au zénith. ‘Umar s’arrêta et s’assit, épuisé, tandis qu’ils se tenaient debout autour de lui, et il leur dit : ‘Faites donc ce que vous voulez. Par Dieu, si nous avions été trois cents hommes, vous nous auriez cédé la place ou bien vous nous auriez abandonné la Ka‘ba.’” »
‘Abd Allah (ibn ‘Umar) poursuit : « Pendant qu’ils en étaient là, un vieillard de Qouraych s’avança, vêtu d’une magnifique robe ornée et d’une chemise brodée, puis il s’arrêta et dit : ‘Que se passe-t-il donc ?’ Ils répondirent : ‘‘Umar a apostasié.’ Il dit : ‘Et alors ? C’est un homme qui a choisi pour lui-même une voie. Que voulez-vous donc ? Pensez-vous que, parmi les Banû ‘Adiyy, on vous laissera vous emparer aisément de leur homme ainsi ? Laissez-le tranquille !’ Par Dieu, on eût dit qu’ils étaient un habit dont on soulève le pan, et ils s’en furent aussitôt. »
J’ai alors demandé à mon père, après qu’il eût émigré à Médine : « Père, quel était l’homme qui a réprimé la foule venue te combattre, le jour où tu t’es converti, alors que tu étais à La Mecque ? » Il me répondit : « Ô mon fils, c’était al-‘Âs ibn Wâ’il as-Sahmî. » Voici donc une chaîne de transmission bonne et solide, qui atteste que la conversion de ‘Umar se produisit relativement tard, car Ibn ‘Umar fut présenté pour la bataille de ’Uhud alors qu’il avait quatorze ans ; or, ‘Uhud eut lieu en l’an 3 de l’hégire. Il était déjà en âge de comprendre le jour où son père embrassa l’islam. On en déduit que ‘Umar se convertit environ quatre ans avant l’Hégire, soit aux alentours de la neuvième année suivant la mission prophétique, Dieu sait mieux.
Al-Bayhaqî (3) a rapporté : « Al-Hâkim nous a transmis, Al-Asamm nous a informés, Ahmad ibn ‘Abd al-Jabbâr nous a rapporté, d’après Yûnus, d’après Ibn Ishaq : ‘Vingt hommes, environ, arrivèrent auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) alors qu’il était à La Mecque — ou quelque chose d’approchant — ; ils étaient chrétiens et venaient, semble-t-il, d’Abyssinie, car ils avaient eu vent de l’apparition du Prophète. Ils le trouvèrent assis dans l’enceinte de la Mosquée, et ils l’interrogèrent sur différentes questions, tandis que des hommes de Qouraych se trouvaient dans leurs assemblées, autour de la Ka‘ba. Une fois leurs questions achevées, le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) les appela à Allah — Exalté soit-Il — et leur récita le Coran. Quand ils l’entendirent, leurs yeux se remplirent de larmes, puis ils lui répondirent favorablement, embrassèrent la foi et le crurent, reconnaissant en lui les traits qui leur avaient été décrits dans leurs propres Écritures. Lorsque, après cette entrevue, ils se mirent en route, Abû Jahl, accompagné de quelques hommes de Qouraych, s’interposa et leur dit : ‘Que Dieu vous déçoive ! Vous avez été envoyés par les vôtres, ceux de votre religion, pour récolter des informations sur cet homme et leur en faire rapport ; mais voilà que vous n’êtes même pas restés un moment dans son assemblée que déjà vous avez quitté votre religion et vous l’avez cru sur parole ! Nous ne connaissons pas de voyageurs plus sots que vous !’ »