Lorsque la famille (d’Omar) l’entendit prononcer la takbîra (Allah Akbar), elle sut qu’il s’était converti à l’Islam. Les Compagnons du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) se dispersèrent alors de l’endroit où ils se trouvaient, et ils reprirent courage en eux-mêmes lorsque Omar, ainsi que Hamza, embrassèrent l’Islam, car ils surent que ces deux hommes protégeraient le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) et leur permettraient de prendre leur revanche sur leurs ennemis.
Ibn Ishaq a dit (1) : « Voilà l’histoire rapportée par les habitants de Médine à propos de la conversion d’Omar le jour où il devint musulman. »
Ibn Ishaq a également dit (2) : « ‘Abdallah ibn Abî Najîh al-Makkî m’a raconté, d’après ses informateurs, ‘Atâ’, Mujâhid et ceux qui l’ont rapporté : au sujet de la conversion d’Omar, ils rapportent qu’il disait :
“J’étais hostile à l’Islam. J’étais un grand amateur de vin durant l’époque antéislamique ; j’aimais en boire. Nous avions un lieu de rencontre à al-Hazwara où se rassemblaient des Qurayshites. Un soir, je m’y rendis pour rejoindre mes compagnons, mais n’y trouvai personne. Je me dis alors : ‘Et si j’allais chez untel, le marchand de vin ? Peut-être y trouverais-je de quoi boire.’ Je partis donc chez lui, mais ne le trouvai pas. Je me dis alors : ‘Et si j’allais plutôt à la Ka‘ba pour y accomplir sept ou soixante-dix circumambulations ?’
Je me dirigeai alors vers la Mosquée, et j’y trouvai le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) en train de prier ; lorsqu’il priait, il se tournait vers la Syrie, en plaçant la Ka‘ba entre lui et la Syrie. Son lieu de prière se situait entre les deux coins : le Coin Noir et le Coin Yéménite.
Lorsque je l’aperçus, je me dis : ‘Par Dieu, si seulement je l’écoutais ce soir pour entendre ce qu’il récite !’ Puis je pensai : ‘Si je m’approche de lui, je vais l’effrayer.’ Alors, je m’avançai par le côté du Hijr, me faufilant sous son drapé à pas lents, tandis que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) était debout, récitant le Coran. Je continuai ainsi jusqu’à me tenir face à lui, sans rien d’autre entre nous que les étoffes de la Ka‘ba. Lorsque j’entendis le Coran, mon cœur s’attendrit, et je me mis à pleurer : l’Islam pénétra alors en moi. Je ne cessai de rester à cet endroit jusqu’à ce que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) eût terminé sa prière et s’en retournât.
Lorsqu’il se retirait, il passait par la demeure d’Ibn Abî Husayn — laquelle se trouvait dans la dâr ar-Raqtâ’, plus tard détenue par Mu‘âwiya. Alors, je le suivis : lorsqu’il fut entre la maison d’al-‘Abbâs et celle d’Ibn Azhar, je le rattrapai. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) entendit mes pas et me reconnut, pensant que je l’avais suivi pour lui nuire : il me réprimanda (d’une parole), puis me dit :
‘Qu’est-ce qui t’amène, ô fils d’al-Khattâb, à une heure pareille ?’
Je lui répondis : ‘Je suis venu pour croire en Dieu, en Son Messager et en ce qui nous vient de Sa part.’ Alors, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) loua Dieu et dit : ‘Dieu t’a guidé, ô Omar.’ Puis, il passa sa main sur ma poitrine et invoqua pour que je sois ferme dans la foi. Ensuite, je m’en allai, tandis que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) retournait chez lui.”
Ibn Ishaq conclut : « Dieu seul sait laquelle de ces deux versions (de sa conversion) est la plus exacte. »