Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils voulaient qu’il entende leurs propos. Lorsque l’émissaire du Négus vint les trouver, le groupe se rassembla et se demanda : « Que devons-nous dire ? » Ils répondirent : « Que pourrions-nous dire, sinon ce que nous savons par Dieu ? Nous resterons sur ce qui constitue notre religion et sur ce que notre Prophète (ﷺ) nous a apporté, quel qu’en soit l’aboutissement. »

Lorsqu’ils se présentèrent devant lui, celui qui lui adressa la parole fut Jaʿfar ibn Abî Tâlib (– qu'Allah soit satisfait de lui –). Le Négus lui demanda alors : « Quelle est donc cette religion que vous suivez ? Vous vous êtes séparés de la religion de votre peuple sans embrasser ni le judaïsme ni le christianisme. » Jaʿfar lui répondit : « Ô roi, nous étions auparavant un peuple polythéiste : nous adorions les idoles, nous mangions des bêtes mortes, nous maltraitions nos voisins et nous nous permettions les interdits. Nous nous livrions mutuellement à l’effusion du sang, sans considérer quoi que ce soit comme licite ou illicite. Alors Dieu nous a envoyé un Prophète issu de nous-mêmes, dont nous connaissons la loyauté, la véracité et la probité. Il nous a appelés à n’adorer que Dieu, sans associé, à maintenir les liens de parenté, à protéger nos voisins, à prier Dieu (– Exalté soit-Il –) et à jeûner pour Lui, sans rien L’associer. »

Ziyâd, rapportant d’Ibn Isḥâq, ajoute : « Il nous a invités à adorer Dieu, à L’unifier, à Le servir et à nous détacher de ce que nous adorions, nous et nos pères, en dehors de Lui, que ce soient des pierres ou des idoles. Il nous a ordonné de dire la vérité, de restituer les dépôts, d’entretenir les liens de parenté, de bien traiter le voisin, et de nous abstenir des interdits et du sang versé. Il nous a interdit les turpitudes, le mensonge, l’usurpation des biens de l’orphelin et la fausse accusation de la femme vertueuse. Il nous a commandé d’adorer Dieu sans rien Lui associer, et il nous a prescrit la prière, la zakât et le jeûne » – il énuméra alors tous les commandements de l’islam. « Nous l’avons donc cru, nous avons foi en lui et nous l’avons suivi dans ce qu’il a apporté de la part de Dieu. Ainsi, nous n’avons adoré que Dieu, sans rien Lui associer, et nous avons interdit ce qu’Il nous a interdit tout en autorisant ce qu’Il nous a autorisé.

C’est alors que notre peuple s’est levé contre nous, nous a persécutés et châtiés afin de nous détourner de notre religion, pour nous faire revenir à l’adoration des idoles en lieu et place de l’adoration de Dieu, et nous inciter à reprendre ce que nous considérions auparavant comme licite parmi les mauvaises actions. Lorsqu’ils nous ont réduits et opprimés, qu’ils nous ont étouffés et empêchés de pratiquer notre religion, nous sommes partis vers ton pays. Nous t’avons choisi, ô roi, plutôt qu’un autre, et nous aspirons à ta protection ; nous espérons ne pas être lésés chez toi. »

(3) Elle dit : Le Négus (4) leur demanda : « Avez-vous avec vous quelque chose de ce qu’il a apporté ? » Il convoqua alors ses évêques et leur ordonna de déployer les Écritures autour de lui. Jaʿfar répondit : « Oui. » Le roi dit : « Approche et récite-moi un extrait de ce qu’il a reçu. » Jaʿfar récita aussitôt un passage du début de la sourate “Kâf-Hâ-Yâ-ʿAyn-Ṣâd”. Par Dieu, le Négus se mit à pleurer jusqu’à ce que sa barbe soit mouillée, et ses évêques se mirent à pleurer de sorte que leurs Écritures se retrouvèrent trempées.

Le Négus déclara alors : « Cette parole provient bien de la même Source que celle qu’apporta Moïse (5). Par Dieu, partez sereins : je ne vous rendrai pas à ces gens et je ne leur accorderai pas satisfaction (6). » Nous sortîmes de chez lui, et l’homme le plus pieux d’entre nous était ‘Abd Allâh ibn Abî Rabîʿah. C’est alors qu’‘Amr ibn

(1) Dans la version H : « ونحل », et dans la version T : « يستحل », la forme confirmée est selon les Sirah (biographies) et les dalāʾil (preuves). (2) Dans les sources du hadith : « ونحسن ». (3) Il s'agit de Umm Salama, comme indiqué au début du hadith. (4) Ce qui est entre parenthèses n’apparaît pas dans les sources du hadith mentionnées dans H (3), p. 290. (5) Dans certaines copies de la Sīrah d'Ibn Hishām et des Dalāʾil d'al-Bayhaqī : « ʿĪsā ». (6) Cela signifie : « Je ne ferai pas que vos yeux se reposent sur eux ». On dit : « نعم » et « نعمة عين » signifient « quroor al-ʿayn », c’est-à-dire la satisfaction de l’œil, signifiant que je rends votre œil appaisé par votre obéissance et le suivi de vos commandements. (référence : al-Lisān).
من أن يسمعَ كلامهم. فلما جاءهم رسولُ النجاشي اجتمع القومُ فقالوا: ماذا تقولون؟ فقالوا: وماذا نقول، نقول والله ما نعرف. وما نحن عليه من أمْرِ ديننا، وما جاء به نبيُّنا ﷺ كائنٌ من ذلك ما كان، فلما دخلوا عليه كان الذي يكلِّمُه منهم جعفر بن أبي طالب (رضي الله عنه) . فقال له النجاشي: ما هذا الدينُ الذي أنتم عليه؟ فارقتم دين قومكم ولم تدخلوا في يهودية، ولا نصرانيَّة. فقال له جعفر: أيها الملك، كنَّا قومًا على الشِّرْك نعبدُ الأوثان، ونأكلُ المَيْتة، ونُسيءُ الجِوار، ونستحلُّ (١) المحارم، بعضُنا من بعض في سفك الدماء وغيرها، لا نحلُّ شيئًا ولا نحرِّمه، فبعث الله إلينا نبيًّا من أنفسنا، نعرف وفاءه وصدقه وأمانته، فدعانا إلى أنْ نعبد الله وحدَهُ لا شريكَ له ونَصِلَ الأرحام ونحمي (٢) الجوار ونصلِّيَ للهِ – Exalté soit-Il – ، ونصومَ له، ولا نعبدَ غيرَه. وقال [زياد عن ابن إسحاق: فدعانا إلى الله لنوحِّدَه ونعبده ونخلعَ ما كنا نعبدُ نحن وآباؤنا من دونه من الحجارة والأوثان، وأمرنا بصدْقِ الحديث، وأداءِ الأمانة، وصِلَةِ الأرْحام، وحسن الجوار، والكفِّ عن المحارم والدماء، ونهانا عن الفواحش وقَوْل الزُّور، وأكْلِ مال اليتيم، وقذف المحصنة، وأمرنا أن نعبدَ الله ولا نشرك به شيئًا، وأمرنا بالصلاة والزكاة والصيام قال -فعدُّوا عليه أمورَ الإسلام- فصدَّقْناه وآمنَّا به، واتبعناه على ما جاء به من عند الله، فعبَدْنا الله وحده لا شريك له ولم نشركْ به شيئًا، وحرَّمْنا ما حرَّم علينا، وأحْلَلْنا ما أحلَّ لنا، فعَدَا علينا قومُنا فعذَّبُونا ليفتنونا عن ديننا ويردُّونا إلى عبادةِ الأوثان عن عبادة الله، وأن نستحلَّ ما كنَّا نستحلُّ من الخبائث؛ فلما قهرونا وظلمونا وضيَّقُوا علينا وحالوا بيننا وبين ديننا خرجْنا إلى بلادِك واخترناك على مَنْ سواك ورغبنا في جوارِك ورجَوْنا أن لا نُظْلَم عندك أيها الملك. قالت (٣) : فقال النجاشي] (٤) : هل معك شيءٌ مما جاء به؟ وقد دعا أساقفته فأمرهم فنشروا المصاحفَ حوله. فقال له جعفر: نعم. قال: هلمَّ فاتْلُ عليَّ مما جاء به، فقرأ عليه صدرًا من كهيعص، فبكى والله النجاشي حتى اخضلَّتْ لحيتُه، وبكتْ أساقفتُه حتى أخْضَلُوا مصاحفهم. ثم قال: إنَّ هذا الكلام ليخرج من المشْكاة التي جاء بها موسى (٥) ، انطلقوا راشدين، لا والله لا أردُّهم عليكم ولا أُنْعِمُكم عينًا (٦) . فخرجْنا من عنده وكان أتقى الرجلَيْن فينا عبد الله بن أبي ربيعة؛ فقال عمرو بن
(١) في ح: ونحل، وفي ط: يستحل، والمثبت من السير والدلائل. (٢) في مصادر الخبر: ونحسن. (٣) يعني أم سلمة كما جاء في أول الخبر. (٤) ما بين المعقوفين ليس في مصادر الخبر المذكورة في ح (٣) ص (٢٩٠). (٥) في بعض نسخ سيرة ابن هشام ودلائل البيهقي: عيسى. (٦) أي: لا أجعل أعينكم تقرُّ بهم. يقال: نعم ونعمة عين: أي: قرة عين، يعني أقرُّ عينك بطاعتك واتباع أمرك. اللسان (نعم).

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