Rapporté par Mouslim (1) d’Abou Kourayb et d’Abou ‘Amir ‘Abd Allâh ibn Barad [fils de Youssouf ibn Abou Bourda ibn Abou Moussa] (2), tous deux d’après Abou Ousâma, avec la même chaîne de transmission, et ils l’ont rapporté en d’autres endroits sous une forme plus détaillée. Et Dieu est plus savant.
Quant à l’histoire de Ja‘far avec le Négus, l’historien hâfid Ibn ‘Asâkir l’a rapportée dans la biographie de Ja‘far ibn Abî Tâlib de son « Târikh » (3) d’après son propre récit, et d’après celui de ‘Amr ibn al-‘Âs – c’est entre leurs mains que s’est déroulé le récit –, et aussi d’après Ibn Mas‘oud comme indiqué précédemment, ainsi que d’après Oumm Salama, comme il sera mentionné. La version de Ja‘far est extrêmement rare : Ibn ‘Asâkir la rapporte d’après Abou al-Qâsim [as-Samarqandî, d’après Abou al-Housayn ibn an-Naqqoûr, d’après Abou Tâhir al-Moukhlis, d’après Abou al-Qâsim] (4) al-Baghawî, lequel déclare : « Abou ‘Abd ar-Rahmân al-Ju‘fî nous a transmis, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Oumar (5) ibn Abân ; il nous a dit qu’Asad ibn ‘Amr al-Bajalî a rapporté de Moujâlid ibn Sa‘îd, de ach-Cha‘bî, de ‘Abd Allâh ibn Ja‘far, d’après son père. »
Il raconte : « Les Quraych ont envoyé ‘Amr ibn al-‘Âs et ‘Oumâra ibn al-Walîd, chargés d’un présent de la part d’Abou Sufyân, au Négus. Ils dirent à ce dernier – alors que nous étions chez lui – : “Des gens de notre bas peuple et de nos insensés sont venus te trouver ; remets-les-nous.” Il répondit : “Non, pas avant d’entendre leurs propos.” Il nous fit donc mander et demanda : “Que disent-ils ?” Nous répondîmes : “Ce sont des gens qui adorent les idoles, mais Dieu nous a envoyé un Messager, et nous y avons cru et l’avons reconnu pour véridique.” »
Le Négus leur dit alors : « Sont-ils vos esclaves ? » Ils répondirent : « Non. » Il demanda : « Avez-vous une dette à recouvrer auprès d’eux ? » Ils répondirent : « Non. » Le Négus conclut : « Alors laissez-les en paix. » Il raconte : « Nous sommes sortis de chez lui, et ‘Amr ibn al-‘Âs s’exclama : “En vérité, ces gens tiennent à propos de ‘Îsâ des propos contraires aux tiens.” Le Négus répondit : “S’ils ne disent pas au sujet de ‘Îsâ ce que je dis moi-même, je ne les laisserai pas demeurer dans mon pays ne serait-ce qu’une heure.” Il nous fit donc de nouveau appeler, et cette seconde convocation fut pour nous plus pénible que la première.
Il nous dit : “Que déclare votre Compagnon à propos de ‘Îsâ fils de Maryam ?” Nous répondîmes : “Il dit qu’il est l’Esprit de Dieu et Sa Parole qu’Il a envoyée à une vierge pure.” Le Négus dépêcha alors un message : “Faites venir un tel, le prêtre, et un tel, le moine.” Des gens parmi eux se présentèrent devant lui, et il leur demanda : “Que dites-vous de ‘Îsâ fils de Maryam ?” Ils répondirent : “Tu es plus savant que nous ; qu’en dis-tu ?” Le Négus prit alors un objet sur le sol et déclara : “La vérité sur ‘Îsâ ne dépasse pas ce que ceux-ci en disent d’un tant soit peu.” Puis il demanda : “Quelqu’un vous fait-il du tort ?” Nous répondîmes : “Oui.” Alors un crieur proclama : “Quiconque nuit à l’un d’eux devra payer quatre dirhams d’amende.” Il dit encore : “Cela vous suffit-il ?” Nous dîmes : “Non.” Alors il doubla la peine.
Il ajoute : « Quand le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) émigra à Médine et y fut établi [nous disions au Négus : “Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) s’est installé à Médine, et il a vaincu ceux dont nous t’avions parlé. Nous voulons désormais partir pour le rejoindre. Pourvois-nous en provisions.”], (6) et il répondit : “Oui.” Il nous offrit montures et subsistance. Puis il dit : [“Informe ton Prophète de ce que j’ai fait pour vous. Quant à cet émissaire qui vous accompagne, je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu.”]