Il a dit : « Dieu avait Son Trône sur l’eau et Il n’avait rien créé, parmi ce qu’Il a créé, avant l’eau (1). Lorsqu’Il voulut créer la création, Il fit sortir de l’eau une fumée qui s’éleva au-dessus de l’eau. Celle-ci domina alors l’eau, et Il l’appela “ciel”. Ensuite, Il assécha l’eau et en fit une seule terre ; puis Il la fendit et en fit sept terres en deux jours (2), le dimanche et le lundi. Il créa la terre sur un poisson, qui est le “nûn” dont Dieu – Exalté soit-Il – a parlé (3) dans le verset : « N, par la Plume… » (Al-Qalam : 1). Le poisson se trouve dans l’eau, l’eau repose sur un roc (4), le roc est sur le dos d’un ange, l’ange est sur un autre rocher, et ce rocher est dans le vent. C’est la pierre dont Luqmân a fait mention, et qui n’est ni dans le ciel ni sur la terre. Le poisson se mit alors à bouger et à s’agiter (5) ; la terre fut secouée, alors Dieu y plaça les montagnes pour la stabiliser (6). »
Il poursuit : « Le mardi, Dieu créa les montagnes et ce qu’elles renferment comme bienfaits, et le mercredi, Il créa les arbres, l’eau, les cités, les lieux habités et ceux qui sont en ruine. Ensuite, Il fendit le ciel, car il était d’abord clos (7), puis Il en fit sept cieux le jeudi et le vendredi. On l’appela “vendredi” parce que ce jour réunit la création des cieux et de la terre, conformément au verset : « Il révéla à chaque ciel son ordre » (Fussilat : 12). »
Il dit encore : « Dans chaque ciel, Dieu a créé ce qui le compose : les anges [et les créatures qui s’y trouvent] (8), les mers, les montagnes de grêle et tout ce que Lui seul connaît (9). Puis Il orna le ciel inférieur de constellations pour l’embellir et le préserver des démons. Lorsqu’Il acheva de créer ce qu’Il voulut, Il S’éleva sur le Trône. »
Cette chaîne de transmission, citée par as-Suddî, contient de nombreux propos étonnants, dont beaucoup semblent provenir des traditions israélites. En effet, lorsque Ka‘b al-Aḥbâr se convertit à l’islam à l’époque de ‘Umar, il rapportait, devant ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb (10), des informations issues du savoir des Gens du Livre. ‘Umar l’écoutait avec curiosité et fascination, car nombre de ces éléments concordaient avec la vérité attestée par la Loi révélée. Dès lors, beaucoup de gens se mirent à transmettre les récits de Ka‘b, en partie parce que le Prophète (11) avait autorisé la transmission de ce qui provient des Fils d’Israël. Néanmoins, on relève souvent des erreurs dans ses propos, lesquelles ne lui sont pas directement imputables mais proviennent plutôt des livres qu’il consultait, ceux-ci comportant de nombreuses fautes et inexactitudes.