Chapitre de la migration de certains Compagnons du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), qui partirent de La Mecque vers la terre d’Abyssinie afin de fuir l’épreuve et protéger leur religion.
Il a été rappelé précédemment (1) les sévices que les polythéistes infligeaient aux croyants les plus démunis, ainsi que les coups violents et les humiliations profondes qu’ils leur faisaient subir. Cependant, Dieu (qu’Il soit exalté) avait préservé Son Messager (que Dieu le bénisse et le salue) de leurs atteintes, grâce à la protection de son oncle Abû Tâlib, comme cela a déjà été exposé en détail, louange et gratitude à Dieu.
Al-Wâqidî (2) rapporte que leur départ eut lieu au mois de Rajab, la cinquième année de la mission prophétique, et que les premiers à émigrer furent onze hommes et quatre femmes. Ils arrivèrent (3) sur le rivage, les uns à pied, les autres à dos de monture, et affrétèrent un bateau pour un demi-dînâr afin de traverser jusqu’en Abyssinie (4). Parmi eux se trouvaient ‘Uthmân ibn ‘Affân et son épouse Ruqayya, la fille du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), Abû Hudhayfa ibn ‘Utba et son épouse Sahlah bint Suhayl, Az-Zubayr ibn Al-‘Awâm, Mus‘ab ibn ‘Umayr, ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf, Abû Salama ibn ‘Abd Al-Asad et son épouse Umm Salama bint Abî Umayya, ‘Uthmân ibn Maz‘ûn, ‘Âmir ibn Rabî‘a Al-‘Anazî et son épouse Laylâ bint Abî Hathma, Abû Sabra ibn Abî Ruhm, Hâtib ibn ‘Amr, Suhayl ibn Baydâ’, ainsi que ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd, que Dieu soit satisfait d’eux tous.
Ibn Jarîr (5) a dit : d’autres affirment qu’ils étaient plutôt quatre-vingt-deux hommes, en dehors de leurs femmes et de leurs enfants, et qu’il y avait aussi ‘Ammâr ibn Yâsir – mais on hésite (6) à l’inclure. S’il l’était, ils auraient été quatre-vingt-trois hommes.
Selon Muhammad ibn Ishâq (7), lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) constata ce que ses Compagnons subissaient comme persécutions, tandis que lui-même bénéficiait de la protection de Dieu (qu’Il soit exalté) et de celle de son oncle Abû Tâlib, et qu’il ne pouvait empêcher les souffrances qu’ils enduraient, il leur dit : « Si vous partiez pour la terre d’Abyssinie ? Car il y réside un roi sous l’autorité duquel personne n’est lésé, et cette contrée est une terre de sincérité. Que Dieu vous y accorde donc un répit à la situation que vous affrontez. » C’est alors que les musulmans, parmi les Compagnons du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), prirent le chemin de l’exil.