Abou Sufyân déclara : « Te voilà surpris qu’il y ait un Prophète issu de parmi nous ? Un Prophète peut pourtant provenir de gens que nous considérons comme inférieurs et plus humbles que nous. » Abou Jahl ajouta : « Je trouve étonnant qu’un simple jeune homme, au milieu des anciens, soit désigné comme Prophète », tandis que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) écoutait.
Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) s’approcha alors d’eux et dit : « Quant à toi, Abou Sufyân, ce n’est pas pour Dieu ni pour Son Messager que tu t’es emporté, mais parce que tu défendais la noblesse de ta lignée. Pour ce qui est de toi, Abou al-Hakam, par Dieu, tu ne riras que très peu et tu pleureras beaucoup. » Abou Jahl répliqua : « Quel funeste présage m’annonces-tu, ô fils de mon frère, par ta prophétie ! »
Ce hadith est rapporté comme mursal (transmis de manière incomplète) selon cette chaîne de transmission et il présente quelque singularité. Quant à la parole d’Abou Jahl – que Dieu le maudisse –, elle rejoint ce que Dieu le Très-Haut a rapporté de lui et de ceux qui lui ressemblent : « Et quand ils te voient (Ô Muhammad), ils ne te prennent qu’en raillerie : “Est-ce là celui qu’Allah a envoyé comme Messager ? (41) Il a bien failli nous détourner de nos divinités, si nous ne nous étions pas montrés constants à leur sujet !” Or, ils sauront, quand ils verront le châtiment, qui est le plus égaré en son chemin. » (Al-Furqân, 25 : 41-42).
L’imâm Ahmad (1) a rapporté : « Hushaym nous a raconté, et Abou Bishr nous a raconté, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : “Ce verset fut révélé alors que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se cachait à La Mecque : ‘Et ne récite pas à voix haute ta prière, ni trop bas non plus’ (Al-Isrâ’, 17 : 110). En effet, lorsqu’il priait avec ses compagnons, il récitait le Coran à haute voix. Lorsque les polythéistes l’entendaient, ils insultaient à la fois le Coran, Celui qui l’avait révélé et celui qui le transmettait. C’est alors que Dieu, Exalté soit-Il, s’adressa à Son Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) : ‘Et ne récite pas à voix haute ta prière’, c’est-à-dire ta récitation, de crainte que les polythéistes ne l’entendent et n’insultent le Coran, ‘et ne la rends pas trop basse’ (Al-Isrâ’, 17 : 110) au point que tes compagnons ne puissent pas l’entendre et apprendre de toi, ‘et cherche un juste milieu entre les deux.’” » Les deux auteurs des Sahîh (2) ont aussi rapporté ce hadith d’après Abou Bishr, Ja‘far ibn Abî Wahshiyyah, selon la même chaîne (3).
Muhammad ibn Ishâq (4) a dit : « Dâwud ibn al-Husayn m’a rapporté, d’après ‘Ikrimah, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : “Quand le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) récitait le Coran à haute voix au cours de la prière, beaucoup se dispersaient et refusaient d’écouter. Si un homme souhaitait entendre certains passages récités par le Prophète pendant la prière, il se cachait pour écouter, craignant la réaction de ses pairs. Lorsqu’il pensait que ceux-ci avaient remarqué qu’il prêtait l’oreille, il s’en allait de peur de subir leurs représailles et n’écoutait plus. Si le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) priait à voix basse, ceux qui voulaient écouter ne percevaient rien de sa récitation. Dieu le Très-Haut a alors fait descendre : ‘Et ne récite pas à voix haute ta prière’ de peur qu’ils ne fuient et ne se détournent, ‘ni trop bas non plus’, afin que celui qui désire capter quelques versets et en tirer profit puisse l’entendre, ‘et cherche un juste milieu entre les deux’ (Al-Isrâ’, 17 : 110).” »