Il posa sa main sur sa bouche et l’implora au nom de leur parenté d’arrêter. Puis il ne retourna pas auprès de sa famille et s’isola loin d’eux.
Abou Jahl déclara alors : « Par Dieu, ô gens de Quraych, nous ne voyons d’autre explication que le fait qu’‘Utba ait adhéré à la religion de Muhammad et qu’il ait apprécié sa nourriture. Il doit s’agir d’un besoin dont il a souffert. Allons donc le trouver. » Ils se rendirent auprès de lui, et Abou Jahl dit : « Par Dieu, ô ‘Utba, si nous sommes venus, c’est uniquement parce que tu t’es rallié à Muhammad et que tu trouves son affaire séduisante. S’il te manque quelque chose, nous réunirons de nos biens de quoi t’éviter de dépendre entièrement de la nourriture de Muhammad. » ‘Utba se mit alors en colère et jura par Dieu de ne plus jamais adresser la parole à Muhammad.
Il ajouta : « Vous savez déjà que je suis l’un des plus riches de Quraych, mais je suis tout de même allé le voir – puis il leur raconta l’histoire – et il m’a répondu par quelque chose qui, par Dieu, n’est ni de la sorcellerie, ni de la poésie, ni de la divination. » Il récita : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Hā Mīm. [C’est un] envoi du Tout Miséricordieux, du Très Miséricordieux… » jusqu’à ce qu’il atteigne ce verset : « Mais, s’ils s’en détournent, dis : “Je vous ai avertis d’un foudroiement semblable à celui [qui frappa] ‘Ad et Thamūd.” » (Fussilat, 1-13). À ce moment, j’ai mis ma main sur sa bouche et je l’ai supplié, au nom de notre parenté, de cesser. Vous savez que, lorsque Muhammad affirme quelque chose, il ne ment pas. J’ai alors craint que le châtiment ne vous frappe.
Al-Bayhaqî, se référant à Al-Hâkim, lui-même se référant à Al-Aṣamm, qui le rapporte d’Ahmad Ibn ‘Abd Al-Jabbâr, qui le rapporte de Yûnus, ce dernier l’ayant reçu de Muhammad Ibn Isḥâq, raconte : « Yazîd Ibn Abî Ziyâd, affranchi des Banû Hâshim, m’a rapporté d’après Muhammad Ibn Ka‘b : On m’a transmis qu’‘Utba Ibn Rabî‘a – un notable plein de sagesse – déclara un jour, alors qu’il se trouvait dans l’assemblée de Quraych et que le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) était seul dans la mosquée : “Ô gens de Quraych, ne devrais-je pas aller m’adresser à cet homme et lui proposer certaines choses ? Peut-être en acceptera-t-il une partie et nous laissera-t-il en paix ?” Ils dirent : “Oui, ô Abou Al-Walîd !” ‘Utba se leva donc pour aller s’asseoir auprès du Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui). » Puis il raconta en détail ce que ‘Utba avait dit et ce qu’il lui avait proposé comme fortune, pouvoir et autres offres, au point que, lorsque ‘Utba eut terminé, le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) lui dit : « As-tu fini, Abou Al-Walîd ? » – « Oui », répondit-il. Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) reprit : « Alors écoute-moi. » ‘Utba répondit : « Oui, je t’écoute. » Le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) [continua alors]