Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les Arabes viendront à vous à son sujet, ayant entendu parler de votre compagnon. Mettez-vous donc d’accord sur un avis unique et ne divergez pas, de peur que certains d’entre vous ne démentent les autres et que la parole de certains ne réfute celle des autres.

On dit alors : « Ô Abou ‘Abd Chams, parle donc et élabore pour nous une position que nous pourrions adopter. » Il répondit : « C’est plutôt à vous de parler, et moi j’écoute. »

Ils dirent : « Dirons-nous qu’il est devin ? » Il répondit : « Il n’est pas devin. J’ai déjà vu des devins, et ce n’est pas le murmure des devins. » Ils dirent : « Dirons-nous qu’il est fou ? » Il dit : « Il n’est pas fou. Nous avons vu la folie et nous la connaissons : ce n’est ni un étranglement, ni un accès convulsif, ni un chuchotement intérieur (comme celui du fou). » Ils dirent : « Dirons-nous alors qu’il est poète ? » Il répondit : « Il n’est pas poète. Nous connaissons la poésie, qu’il s’agisse de rajaz, de hazaj, de qariḍ, de mètres brefs ou étendus. Ce n’est pas de la poésie. » Ils poursuivirent : « Dirons-nous qu’il est sorcier ? » Il répondit : « Ce n’est pas un sorcier. Nous avons vu les sorciers et leurs pratiques ; ce n’est ni un souffle (maléfique) ni un nœud (de sorcellerie). »

Ils demandèrent : « Que dirons-nous donc, ô Abou ‘Abd Chams ? » Il répondit : « Par Dieu, sa parole est dotée d’une véritable douceur, sa racine est abondante et son sommet (1) est chargé de fruits. Vous ne pourrez dire quoi que ce soit à son propos sans qu’il soit reconnu comme vain. La parole la plus proche serait de dire : “C’est un sorcier.” Dites : “C’est un sorcier qui sépare l’homme de sa religion, l’homme de son père, l’homme de son épouse, l’homme de son frère et l’homme de son clan.” Séparez-vous alors de lui avec cela. »

Ils se mirent donc à s’installer sur le chemin des gens lors de la saison (du pèlerinage) : personne ne passait devant eux sans qu’ils ne l’en avertissent et ne lui mentionnent son affaire. Alors Dieu fit descendre au sujet d’al-Walīd : « Laisse-Moi avec celui que J’ai créé seul (11), à qui J’ai accordé de grands biens (12), et des fils pour témoins » [Al-Mudathir : 11-13], et ainsi de suite.

Quant à ces notables, Dieu révéla : « Ceux qui ont fait du Coran des fragments (91) : Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous (92) sur ce qu’ils faisaient (93) » [Al-Hijr : 91-93].

J’ai dit : c’est à ce propos que Dieu, Exalté soit-Il, a révélé, décrivant leur ignorance et leur manque de raison : « Ils disent plutôt : “C’est un amas de rêves ! Non, il l’a inventé ! Non, c’est un poète ! Qu’il nous apporte donc un signe, comme les premiers envoyés !” » [Al-Anbiya : 5]. Ils ne savaient quoi dire de lui, et tout ce qu’ils disaient était vain, car celui qui s’écarte de la vérité, quelle que soit la parole qu’il prononce, se trompe. Dieu le Très-Haut dit : « Regarde comment ils te proposent des comparaisons, ils s’égarent et ne peuvent trouver de chemin » [Al-Isra : 48, Al-Furqan : 9].

L’imam ‘Abd Ibn Humaid rapporte dans son Musnad (4) : Abou Bakr Ibn Abi Chaybah (5) m’a transmis — ‘Ali Ibn Mus-hir nous rapporta d’Al-Ajlah (c’est ‘Abdallah al-Kindi) selon Ad-Dayyal Ibn Harmala al-Asadi, selon Jabir Ibn ‘Abdallah — qu’un jour, Quraysh se rassembla et dit : « Voyez lequel d’entre vous est le plus versé dans la sorcellerie, la divination et la poésie, afin qu’il s’en aille parler à cet homme (6) qui a dispersé notre unité, bouleversé notre ordre et décrié notre religion. Qu’il s’entretienne avec lui et voie ce qu’il répondra. » Ils dirent : « Nous ne voyons personne d’autre que ‘Utba Ibn Rabi‘a. »

(1) Dans ḥ : « Et son rameau », et dans Dalāʾil an-Nubuwwa : « Son rameau est pour le jinn ». (2) Dans ḥ : « Je sais ». (3) Ainsi dans ḥ, Ṭ et Dalāʾil, mais la formulation correcte serait : « vous dites ». (4) Mentionné par Ibn Ḥajar dans al-Maṭālib al-ʿĀliyya (4285) et il l’a retransmis avec cette chaîne : à Abū Bakr, Abū Yaʿlā et ʿAbd ibn Ḥamīd. Fin de citation. Dans la nouvelle édition avec la chaîne numéro (4229). Il a également été rapporté par al-Ḥākim dans al-Mustadrak (2/253) qui a dit : « Chaîne de transmission authentique » mais ils ne l’ont pas inclus tous les deux (al-Ḥākim et al-Mandhūr). Il a été mentionné aussi par al-Haythamī dans al-Majmaʿ 6/19-20 qui a dit : « Il a été rapporté par Abū Yaʿlā, parmi eux al-Ajlakh al-Kundī. Ibn Maʿīn l’a authentifié, d’autres l’ont affaibli comme an-Nasāʾī et d’autres, mais le reste des narrateurs est digne de confiance. » (5) Dans son Muṣannaf (18409), le livre des Magāzī, chapitre sur le mal causé par Quraysh au Prophète ﷺ. (6) Dans ḥ : « Celui qui a séparé », et cette addition ne figure ni dans Ṭ ni dans le Muṣannaf d’Abū Bakr ibn Abī Shayba.
العرب ستقدمُ عليكم فيه، وقد سمعوا بأمر صاحبكم هذا، فأجمعوا فيه رأيًا واحدًا ولا تختلفوا، فيكذِّب بعضُكم بعضًا، ويردُّ قولُ بعضكم بعضًا. فقيل: يا أبا عبد شمس، فقُلْ، وأقِمْ لنا رأيًا نقومُ به. فقال: بل أنتم فقولوا وأنا أسمع. فقالوا: نقولُ كاهن؟ فقال ما هو بكاهن، رأيتُ الكُهَّان، فما هو بزَمْزَمة الكُهَّان. فقالوا: نقول مجنون؟ فقال ما هو بمجنون، ولقد رأينا الجنون وعرفناه، فما هو بخَنْقِه ولا تَخَالُجِهِ ولا وسوسته. فقالوا: نقول شاعر؟ فقال: ما هو بشاعر، قد عرفنا الشعر بِرَجَزِه وهَزَجِه وقَرِيضه ومَقْبوضه ومبسوطه، فما هو بالشعر. قالوا: فنقول هو ساحر؟ قال ما هو بساحر، قد رأينا السُّحَّار وسِحْرَهم، فما هو بنَفْثِه ولا بعَقْدِه. قالوا: فما نقولُ يا أبا عبد شمس؟ قال: والله إن لقوله لحلاوة، وإن أصله لمُغْدق، وإنَّ فَرْعَهُ لجنيّ (١) ، فما أنتم بقائلين من هذا شيئًا إلا عُرف (٢) أنه باطل؛ وإنَّ أقربَ القول لأنْ تقولوا ساحر، فتقولوا (٣) : هو ساحرٌ يفرِّقُ بين المرء ودينه، وبين المرء وأبيه، وبين المرء وزوجته، وبين المرء وأخيه، وبين المرء وعشيرته. فتفرَّقوا عنه بذلك، فجعلوا يجلسون للناس حين قدِموا المَوْسم، لا يمرُّ بهم أحَدٌ إلا حذَّرُوهُ إيَّاه، وذكروا لهم أمره، وأنزل الله في الوليد: ﴿ذَرْنِي وَمَنْ خَلَقْتُ وَحِيدًا (١١) وَجَعَلْتُ لَهُ مَالًا مَمْدُودًا (١٢) وَبَنِينَ شُهُودًا﴾ [المدثر: ١١ - ١٣] الآيات. وفي أولئك النَّفرِ: ﴿الَّذِينَ جَعَلُوا الْقُرْآنَ عِضِينَ (٩١) فَوَرَبِّكَ لَنَسْأَلَنَّهُمْ أَجْمَعِينَ (٩٢) عَمَّا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾ [الحجر: ٩١ - ٩٣] . قلت: وفي ذلك قال الله تعالى أخبارًا عن جهلهم وقِلَّةِ عقلهم ﴿بَلْ قَالُوا أَضْغَاثُ أَحْلَامٍ بَلِ افْتَرَاهُ بَلْ هُوَ شَاعِرٌ فَلْيَأْتِنَا بِآيَةٍ كَمَا أُرْسِلَ الْأَوَّلُونَ﴾ [الأنبياء: ٥] فحارُوا ماذا يقولون فيه، فكلُّ شيءٍ يقولونه باطل، لأن مَنْ خرج عن الحق مهما قاله أخطأ. قال الله تعالى: ﴿انْظُرْ كَيْفَ ضَرَبُوا لَكَ الْأَمْثَالَ فَضَلُّوا فَلَا يَسْتَطِيعُونَ سَبِيلًا﴾ [الإسراء: ٤٨، الفرقان: ٩] . وقال الإمام عبد بن حُميد في مسنده (٤) ؛ حدثني أبو بكر بن أبي شيبة (٥) ، حدثنا عليُّ بن مُسْهِر عن الأجْلَح -هو ابن عبد الله الكِنْدِي- عن الذَّيَّال بن حَرْمَلَة الأسَدِي، عن جابر بن عبد الله قال: اجتمع قريش يومًا فقالوا: انظروا أعلمَكم بالسِّحْر والكهانةِ والشعر، فَلْيأتِ هذا الرجل الذي (٦) فرَّق جماعتنا وشتَّتَ أمرنا، وعابَ ديننا فلْيُكلِّمْه ولينظرْ ماذا يردُّ عليه؟ فقالوا: ما نعلم أحدًا غيرَ عتبة بن ربيعة.
(١) في ح: وإنّ لفرعه، وفي دلائل النبوة: إن فرعه لجنًا. (٢) في ح: أعرف. (٣) كذا في ح، ط والدلائل، ولعل الصواب: فتقولون. (٤) ذكره ابن حجر في المطالب العالية (٤٢٨٥) وخرّجه بقوله: لأبي بكر وأبي يعلى وعبد بن حميد. اهـ، وفي الطبعة الجديدة بإسناده رقم (٤٢٢٩). وأخرجه أيضًا الحاكم في المستدرك (٢/ ٢٥٣) وقال: صحيح الإسناد ولم يخرجاه، وذكره الهيثمي في المجمع ٦/ ١٩، ٢٠ وقال رواه أبو يعلى وفيه الأجلح الكندي وثقه ابن معين وغيره وضعفه النسائي وغيره وبقية رجاله ثقات. (٥) في مصنفه (١٨٤٠٩) كتاب المغازي باب في أذى قريش للنبي ﷺ . (٦) في ح: الذي قد فرق، وليست هذه الزيادة في ط ولا في مصنف أبي بكر بن أبي شيبة.

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