Chapitre concernant la controverse suscitée par les polythéistes contre le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui), l’établissement de la preuve irréfutable à leur encontre et leur reconnaissance intérieure de la vérité, même s’ils affichent une opposition motivée par l’entêtement, la jalousie, l’injustice et le déni.
Ishaq ibn Rahawayh a rapporté : « Abd al-Razzaq nous a transmis, d’après Ma‘mar, d’après Ayyoub as-Sakhtiyânî, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, que al-Walîd ibn al-Mughîra vint trouver le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et celui-ci lui récita le Coran. Il sembla alors ému. Abû Jahl en eut vent, se rendit auprès de lui et dit : “Ô oncle, en vérité, ton peuple (1) veut rassembler pour toi une somme d’argent.” Al-Walîd demanda : “Pourquoi donc ?” Abû Jahl répondit : “Pour te la donner, car tu es allé voir Muhammad comme si tu souhaitais bénéficier de ce qu’il détient.” Al-Walîd rétorqua : “Or, Quraysh sait déjà que je suis l’un de ses plus riches membres.” Abû Jahl insista : “Dis donc quelque chose à son sujet, afin que ton peuple comprenne que tu le renies.” Al-Walîd dit : “Que pourrais-je donc dire ? Par Allah, il n’y a aucun homme parmi vous qui connaisse mieux que moi la poésie, qu’il s’agisse du rajaz, des qasîda ou des poèmes des djinns. Par Allah, ce qu’il (Muhammad) déclare ne ressemble à rien de tout cela : par Dieu, il y a dans ses propos une douceur, il se pare d’une élégance, sa partie supérieure est fertile et sa partie inférieure est abondante ; il s’élève au-dessus de tout et rien ne peut le surpasser ; il réduit en miettes tout ce qui se trouve en dessous de lui.” Abû Jahl dit alors : “Ton peuple ne sera pas satisfait jusqu’à ce que tu prennes clairement position contre lui (Muhammad).” Al-Walîd répondit : “Laisse-moi (2) réfléchir.” Quand il eut réfléchi, il dit : “Ce n’est rien d’autre qu’une sorcellerie (qu’il) a apprise et transmise d’autrui.” C’est alors que furent révélés les versets : « Laisse-Moi (m’en charger), Moi qui l’ai créé solitaire, (11) et que J’ai comblé de biens abondants, (12) et (entouré de) fils présents (à ses côtés)… » [Sourate al-Mudathir, 74 : 11-13], et la suite des versets.
C’est ainsi que l’imam al-Bayhaqî le rapporte (3) d’après al-Hâkim, d’après ‘Abd Allâh ibn Muhammad as-San‘ânî à La Mecque, selon Ishaq, avec cette même chaîne de transmission. Hammâd ibn Zayd le rapporte également, d’après Ayyoub, d’après ‘Ikrima sous forme de hadith mursal. Il y est dit que le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) lui récita : « Certes, Allah commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance envers les proches, et Il interdit la turpitude, le blâmable et l’injustice. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez. » [Sourate an-Nahl, 16 : 90].
Al-Bayhaqî rapporte aussi (4) : selon al-Hâkim, d’après al-Aṣamm, d’après Ahmad ibn ‘Abd al-Jabbâr (5), selon Younus ibn Bukayr (6), d’après Muhammad ibn Ishâq, qui tient de Muhammad ibn Abî Muhammad, de Sa‘îd ibn Jubayr – ou d’‘Ikrima – d’après Ibn ‘Abbâs, que al-Walîd ibn al-Mughîra se réunit avec plusieurs notables de Quraysh, parmi lesquels il était le plus âgé, et il avait déjà assisté aux saisons (7) … Il déclara : “En vérité, les délégations…” »