D’après Abû Isḥâq, d’après Saʿîd ibn Wahb, d’après Khabbâb, celui-ci dit : « Nous nous sommes plaints auprès du Prophète (ﷺ) de la grande ardeur de la terre brûlante [mais il ne nous dispensa pas — c’est-à-dire concernant la prière]. Ibn Jaʿfar a rapporté qu’il ne nous dispensa pas non plus.
Ibn Jaʿfar raconte également (1) : Sulaymân ibn Dâwûd nous a rapporté, d’après Shuʿbah, d’après Abû Isḥâq, qui a dit : “J’ai entendu Saʿîd ibn Wahb dire : ‘J’ai entendu Khabbâb dire : Nous nous sommes plaints au Messager de Dieu (ﷺ) de la terre brûlante (2), mais il ne nous soulagea pas.’” Shuʿbah précisa qu’il s’agissait de la prière de ẓuhr (3).
Muslim, an-Nasâ’î et al-Bayhaqî (4) ont également transmis ce hadith selon la chaîne d’Abû Isḥâq as-Sabîʿî, d’après Saʿîd ibn Wahb, d’après Khabbâb, qui a dit : « Nous nous sommes plaints auprès du Messager de Dieu (ﷺ) de la chaleur de la terre — al-Bayhaqî précise : “sur nos visages et nos paumes” — mais il ne nous soulagea point (5). » Dans une autre version (6) : « Nous nous sommes plaints au Messager de Dieu (ﷺ) de la prière sous la brûlure du sable, mais il ne nous soulagea pas. »
Ibn Mâjah (7) rapporte également, d’après ʿAlî ibn Muḥammad aṭ-Ṭanafisî, d’après Wakîʿ, d’après al-Aʿmash, d’après Abû Isḥâq, d’après Ḥârithah ibn Muḍarrib (8) al-ʿAbdî, d’après Khabbâb : « Nous nous sommes plaints auprès du Messager de Dieu (ﷺ) de la chaleur de la terre brûlante, mais il ne nous soulagea point. »
Il me semble — Dieu sait mieux — que ce hadith est un résumé du premier. Autrement dit, ils se plaignirent au Messager de Dieu (ﷺ) de ce qu’ils subissaient de la part des polythéistes, notamment la torture sous l’effet de la chaleur brûlante, alors qu’on les traînait sur leurs visages et qu’ils tentaient de se protéger avec leurs paumes. Ils firent appel au Prophète (ﷺ) afin qu’il invoque Dieu contre les polythéistes ou sollicite la victoire sur eux. Celui-ci promit de le faire, mais ne réalisa pas cela immédiatement. Il leur raconta ce qu’avaient enduré avant eux ceux qui furent soumis à des tortures encore plus dures, sans que cela ne les fît renoncer à leur religion. Le Prophète (ﷺ) leur annonça également que Dieu parachèverait Sa cause, la manifesterait, l’étendrait et la soutiendrait à travers les contrées, au point qu’un voyageur se rendrait de Ṣanʿâ’ à Ḥaḍramawt sans rien craindre d’autre que Dieu (– glorifié soit Sa majesté –) et le loup pour son troupeau. Mais vous vous montrez trop pressés.
C’est dans ce sens qu’il est dit : « Nous nous sommes plaints au Messager de Dieu (ﷺ) de la chaleur brûlante qui frappait nos visages et nos paumes, mais il ne nous soulagea pas », c’est-à-dire qu’il ne fit pas d’invocation pour nous en cette heure précise. De même, se baser sur ce hadith pour conclure à l’absence d’autorisation de prier plus tard (pour éviter la canicule) ou pour imposer que le fidèle prie directement en posant ses mains au sol — comme certains l’ont interprété dans l’une des deux opinions de l’imâm ash-Shâfiʿî — me semble discutable. Dieu est le plus Savant.