Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’Aratt a dit : « J’étais un homme forgeron (qaynan), et j’avais une créance sur Al-‘Âs ibn Wâ’il. Je suis donc allé le voir pour réclamer mon dû. Il me dit : “Non, par Dieu, je ne te paierai pas tant que tu ne mécroiras pas en Muhammad.” Je répondis : “Non, par Dieu, je ne mécroirai pas en Muhammad avant que tu ne meures puis que tu ne ressuscites.” Alors il répliqua : “Eh bien, si je meurs puis que je suis ressuscité, tu viendras à moi, et c’est alors que j’aurai biens et enfants, je te paierai donc.” (1) »

C’est à ce sujet que Dieu – Exalté soit-Il – fit descendre ces versets : « Vois-tu celui qui a nié Nos signes et dit : “On me donnera certes des biens et des enfants ?” » jusqu’à Sa parole : « Et il viendra à Nous tout seul. » [Maryam (Marie), 77-80]. (2)

Ce hadith fut rapporté par al-Bukhârî et Muslim (2) et par d’autres, par plusieurs voies, selon un récit transmis d’Al-A‘mach. Dans une autre version citée par al-Bukhârî (3) : « J’étais forgeron à La Mecque. J’avais fabriqué une épée pour Al-‘Âs ibn Wâ’il, puis je vins lui réclamer mon dû… », et l’histoire est mentionnée.

Al-Bukhârî (4) rapporte également : « Nous a rapporté al-Humaydî, nous a rapporté Sufyân, qui tient de Bayân (5) et d’Ismâ‘îl qu’ils ont entendu Qays dire : “J’ai entendu Khabbâb dire : ‘Je me rendis auprès du Prophète (ﷺ) alors qu’il était étendu sur son manteau (6), à l’ombre de la Ka‘ba. Nous avions subi de rudes épreuves de la part des polythéistes. Je dis alors : [Ô Messager de Dieu], ne vas-tu pas invoquer Dieu [en notre faveur] ?” Il se redressa, le visage rougi, et dit : “Ceux qui vous ont précédés étaient peignés avec des peignes de fer arrachant chair et nerfs jusqu’aux os, sans que cela ne les détourne de leur religion. On plaçait aussi la scie (7) sur le sommet de leur tête pour les fendre en deux, sans que cela ne les fasse renoncer à leur religion. Par Dieu, Dieu parachèvera cette affaire (l’islam) jusqu’à ce qu’un voyageur puisse aller de Ṣan‘â’ à Ḥaḍramawt sans craindre personne d’autre que Dieu (Qu’Il soit exalté).” » Bayân ajoute : « …et sans craindre que le loup n’attaque son troupeau. »

Dans un autre récit (8), il est dit : « Mais vous, vous êtes trop impatients. » Seul al-Bukhârî cite ce hadith, et non Muslim. Il a également été rapporté par une autre voie selon Khabbâb, sous une forme abrégée. Et Dieu sait mieux.

L’imam Aḥmad (9) a dit : « Nous a rapporté ‘Abd al-Raḥmân, d’après Sufyân, et Ibn Ja‘far : Nous a rapporté Shu‘bah, d’après… »

(1) Dans le Musnad d’Aḥmad : « Alors, Je te l’ai donné. » (2) Al-Fatḥ al-Bārī (2091) : Chapitre des ventes, section sur la mention de l’attelage et du forgeron ; Sahîh Muslim (2795) : Chapitres 35 et 36 sur les attributs des hypocrites, et la section sur la question des Juifs au Prophète ﷺ au sujet de l’âme. (3) Al-Fatḥ al-Bārī (4733) : Exégèse, sourate 19, chapitre « As-tu pris un engagement auprès du Tout Miséricordieux pour révéler l’invisible ? » (4) Al-Fatḥ al-Bārī (3852) : Vertus des Ansârs, section sur ce que le Prophète ﷺ et ses compagnons ont affronté des polythéistes à La Mecque, avec ce qui est entre parenthèses. (5) Dans le manuscrit et l’édition : Banan est une erreur ; la lecture correcte est celle d’Al-Fatḥ al-Bārī et sa biographie dans Tahdhīb al-Kamāl (4/303). Il s’agit de Banan ben Bushr al-Aḥmasī al-Bajalī, tandis qu’Ismāʿīl est le fils d’Abī Khālid, et Qays est Qays ben Abī Ḥāzim, comme le mentionne Ibn Ḥajar dans Al-Fatḥ. (6) Dans le manuscrit et l’édition : Bardah est une erreur ; la lecture correcte est celle d’Al-Fatḥ al-Bārī. (7) Ainsi dans le manuscrit et l’édition : et dans al-Bukhārī et Al-Fatḥ : « bimishār ». Ibn Ḥajar rapporte dans Al-Fatḥ (7/166) que « al-Mishār » se prononce avec un kasra sous la mīm et un sukun sous la tāʾ inférieure, parfois avec hamza, parfois sans, et qu’on dit aussi « bimishār » avec un nūn, qui est la forme la plus courante. (8) Al-Fatḥ al-Bārī (3612) : Vertus, chapitre sur les signes de la prophétie en Islam. (9) Dans son Musnad (5/110) numéro (20961).
الأرَتّ. قال: كنتُ رجلًا قَيْنًا، وكان لي على العاص بن وائل دَيْن، فأتَيْتُه أتقاضاه فقال: لا والله لا أقضيك حتى تكفُرَ بمحمد. فقلت: لا والله لا أكفر بمحمد حتى تموت ثم تُبعث. قال: فإني إذا متُّ ثم بُعثت جئتني ولي ثمَّ مالٌ وولد فأعطيك (١) . فأنزل الله تعالى: ﴿أَفَرَأَيْتَ الَّذِي كَفَرَ بِآيَاتِنَا وَقَالَ لَأُوتَيَنَّ مَالًا وَوَلَدًا﴾ إلى قوله: ﴿وَيَأْتِينَا فَرْدًا﴾ [مريم: ٧٧ - ٨٠] . أخرجاه في الصحيحين (٢) وغيرهما من طرق عن الأعمش به. وفي لفظِ البخاري (٣) : كنتُ قَيْنًا بمكة، فعملتُ للعاص بن وائل سيفًا، فجئتُ أتقاضاه فذكر الحديث. وقال البخاري (٤) : حدَّثنا الحُميدي، حدَّثنا سفيان، حدَّثنا بَيَان (٥) وإسماعيل قالا: سمعنا قيسًا يقول: سمعتُ خَبَّابًا يقول: أتيتُ النبيَّ ﷺ وهو متوسِّدٌ بردةً (٦) وهو في ظلِّ الكعبة، وقد لَقينا من المشركين شدَّة، فقلت: [يا رسول الله] ، ألا تدعو الله [لنا] ؟ فقعدَ وهو مُحْمَرٌّ وجْهُهُ فقال: "قد كان مَنْ كان قبلَكم ليُمشطُ بأمشاطِ الحديد ما دُون عظامِه من لحمٍ أوْ عَصَب، ما يصرِفُه ذلك عن دينه، ويوضَعُ المنشار (٧) على مفرِق رأسه فيُشَقُّ باثنين، ما يَصْرِفُه ذلك عن دينه، ولَيُتِمَّنَّ اللهُ هذا الأمر حتى يسيرَ الراكبُ من صنعاءَ إلى حَضْرَمَوْت ما يخافُ إلا اللهَ – Exalté soit-Il – " زاد بَيَان: "والذئبَ على غنمه" . وفي رواية (٨) : "ولكنكم تستعجلون" انفرد به البخاري دون مسلم. وقد رُوي من وجهٍ آخر عن خَبَّاب، وهو مختصرٌ من هذا. والله أعلم. وقال الإمام أحمد (٩) : حدّثنا عبد الرحمن، عن سفيان، وابن جعفر، حدّثنا شعبة، عن
(١) في مسند أحمد: فأعطيتك. (٢) فتح الباري (٢٠٩١) بيوع باب ذكر القين والحداد، وصحيح مسلم (٢٧٩٥) (٣٥) و (٣٦) صفات المنافقين باب سؤال اليهود النبي ﷺ عن الروح. (٣) فتح الباري (٤٧٣٣) التفسير سورة ١٩ باب أطلع الغيب أم اتخذ عند الرحمن عهدًا. (٤) فتح الباري (٣٨٥٢) مناقب الأنصار باب ما لقي النبي ﷺ وأصحابه من المشركين بمكة. وما يأتي بين معقوفين منه. (٥) في ح، ط: بنان. تصحيف، والمثبت من فتح الباري وترجمته في تهذيب الكمال (٤/ ٣٠٣) وهو بنان بن بشر الأحمسي البجلي، وإسماعيل هو ابن أبي خالد، وقيس هو قيس بن أبي حازم كما ذكر ابن حجر في الفتح. (٦) في ح، ط: ببردة، والمثبت من فتح الباري. (٧) كذا في ح، ط: وفي البخاري والفتح: بميشار. وقال ابن حجر في الفتح (٧/ ١٦٦) (الميشار) بكسر الميم وسكون التحتانية بهمز وغير همز، تقول: وشرت الخشبة وأشرتها، ويقال فيه بالنون، وهي أشهر في الاستعمال. (٨) فتح الباري (٣٦١٢) مناقب باب علامات النبوة في الاسلام. (٩) في مسنده (٥/ ١١٠) رقم (٢٠٩٦١).

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