Certains de ses proches relatent qu’Abû Quhâfa s’adressa à son fils Abû Bakr en ces termes : «Ô mon fils, je te vois affranchir des personnes faibles. Ne serait-il pas plus approprié, lorsque tu procèdes à des affranchissements, de libérer plutôt des hommes robustes qui pourraient te défendre et se dresser à tes côtés ?» Abû Bakr répondit : «Ô mon père, je ne fais que poursuivre ce que je désire réellement.»
On rapporte alors que ces versets n’ont été révélés qu’à ce sujet, en lien avec la remarque de son père : «Quant à celui qui donne et craint (Dieu), (5) et tient pour véridique la plus belle récompense, (6) Nous lui faciliterons la voie du bonheur» (Sourate Al-Layl, v. 5-7) et ce, jusqu’à la fin de la sourate.
Il a déjà été mentionné le récit transmis par l’imam Ahmad et Ibn Mâjah (1) d’après un hadith de ‘Âsim ibn Bahdalah, rapporté par Zirr, d’après Ibn Mas‘ûd, qui a dit : «Sept furent les premiers à proclamer ouvertement l’islam : le Messager d’Allah (ﷺ), Abû Bakr, ‘Ammâr, sa mère Sumayya, Suhayb, Bilâl et al-Miqdâd. Quant au Messager d’Allah (ﷺ), Allah le protégea grâce à son oncle. Abû Bakr, quant à lui, fut défendu par son clan. Les autres furent capturés par les polythéistes, qui les firent revêtir des cottes de mailles et les laissèrent brûler au soleil. Chacun finit par se soumettre à ce qu’ils exigeaient, à l’exception de Bilâl : il méprisa son propre sort pour la cause de Dieu et il fut lui-même peu considéré par son peuple. Ils s’emparèrent alors de lui, le livrèrent à de jeunes garçons, qui le promenèrent à travers les sentiers de La Mecque tandis qu’il répétait : “Un (Dieu) ! Un (Dieu) !”»
Cette histoire est également rapportée par ath-Thawrî, d’après Mansûr, d’après Mujâhid, sous forme de hadith mursal (incomplet). Ibn Ishâq (2) a pour sa part indiqué : «La tribu de Banû Makhzûm emmenait ‘Ammâr ibn Yâsir avec son père et sa mère — qui formaient une famille musulmane — lorsqu’il faisait très chaud, pour les torturer sur la terre brûlante de La Mecque. Le Messager d’Allah (ﷺ) passait près d’eux et, selon ce qui m’est parvenu, il leur disait : “Patience, ô Famille de Yâsir, votre rendez-vous est le Paradis.”»
Al-Bayhaqî (3) rapporte, par l’intermédiaire d’al-Hâkim, d’Ibrâhîm ibn ‘Ismah al-‘Adl, d’as-Sarî ibn Khuzaymah, de Muslim ibn Ibrâhîm, de Hishâm ibn Abî ‘Abd Allâh (4), d’Abû az-Zubayr, d’après Jâbir, que le Messager d’Allah (ﷺ) passa auprès de ‘Ammâr et de sa famille alors qu’ils étaient en train d’être torturés, et il déclara : «Réjouissez-vous, ô Famille d’‘Ammâr et Famille de Yâsir (5), car votre rendez-vous est le Paradis !» Quant à sa mère, ils la tuèrent, mais elle refusa obstinément toute autre voie que l’islam (6).
L’imam Ahmad (7) a dit : «Wakî‘ nous a rapporté d’après Sufyân, d’après Mansûr, d’après Mujâhid, qui a dit : “Le premier martyr fut…”»