Ibn Ishaq (1) a dit : « Hisham ibn ‘Urwah m’a rapporté, d’après son père, que Waraqa ibn Nawfal passait près de Bilal alors qu’il subissait ce supplice pour cette raison, et Bilal répétait : “Ahad, Ahad” (Dieu est Un, Dieu est Un). Waraqa (2) disait : “Ahad, Ahad, par Dieu, ô Bilal !”, puis il s’adressait à Umayya ibn Khalaf et à ceux de Banou Joumah qui agissaient ainsi contre lui en disant : “Je jure par Dieu que si vous le tuez pour cela, je le prendrai pour ‘hanânan’ (3).” »
J’ajoute : « Certains ont trouvé cela problématique, car Waraqa est décédé après le début de la mission prophétique, à une époque de suspend de la révélation, et la conversion de ceux qui embrassèrent l’islam n’eut lieu qu’après la descente du verset : “Ô toi qui es revêtu (de ton manteau) !” (Coran 74,1). Comment donc Waraqa aurait-il pu passer devant Bilal alors qu’il était torturé ? » [La question reste posée.]
Ibn Ishaq (4) mentionne ensuite qu’Abou Bakr passa lui aussi auprès de Bilal alors qu’il était torturé (5). Il le racheta à Umayya en échange d’un de ses esclaves noirs, puis l’affranchit et le libéra de ce supplice. Ibn Ishaq rapporte également qu’il affranchit plusieurs hommes et femmes ayant embrassé l’islam alors qu’ils étaient encore esclaves, parmi lesquels Bilal, ‘Amir ibn Fuhayra, Umm ‘Ubayyis (6), [Zinnirah] (7) — qui avait perdu la vue avant que Dieu ne la lui rende —, ainsi qu’al-Nahdiyyah et sa fille, qu’il acheta aux Banou ‘Abd al-Dar. Leur maîtresse les avait envoyées moudre son grain, et il entendit celle-ci leur dire : “Par Dieu, je ne vous affranchirai jamais !” Abou Bakr répliqua : “Hilla (8), ô mère d’Untel !” Elle répondit : “Hilla, toi-même ! Tu les as corrompues, alors affranchis-les !” Abou Bakr demanda : “Pour combien ?” Elle dit le montant. Il répondit : “Je t’en offre ce prix : elles sont désormais libres. Rendez-lui sa farine.” Les deux femmes demandèrent : “Ne pourrions-nous pas d’abord finir de la moudre, ô Abou Bakr, pour ensuite la lui rendre ?” Il répondit : “Faites comme vous voulez.” Il acheta également la servante des Banou Mu’ammal — une branche des Banou ‘Adiyy — qu’Omar frappait à cause de sa conversion à l’islam.
Et Ibn Ishaq (9) de poursuivre : « Muhammad ibn ‘Abd Allah ibn Abî ‘Atîq m’a rapporté, d’après ‘Âmir ibn ‘Abd Allah ibn az-Zubayr, d’après… »