Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Clément, sage et juste, sans aucune bassesse, il est dévoué à un Dieu qui ne l’oublie pas. Généreux dans son engagement, noble et fils de nobles, il a hérité d’une gloire établie, inaltérable. (1)

Le Seigneur des serviteurs l’a soutenu de Sa victoire et a manifesté une religion dont la vérité ne disparaîtra point. Par Dieu, si le fait de prendre parti pour lui ne devait pas nous valoir l’opprobre et la honte devant nos anciens dans les assemblées, nous l’aurions suivi en toute circonstance, avec gravité et sans moquerie. Ils savent bien que notre fils n’a jamais été démenti parmi nous et qu’il ne s’attarde pas aux discours mensongers. Ainsi, Ahmed (Muhammad) s’est levé au milieu de nous dans une noble lignée que la vanité de l’arrogant ne peut égaler. (2)

Je me suis dévoué corps et âme pour lui, je l’ai protégé et je l’ai défendu de toute la force de mes épaules et de ma poitrine. (3)

Ibn Hishâm (4) a dit : « C’est ce qui m’est parvenu de façon sûre concernant ce poème, mais certains connaisseurs en poésie en contestent la majorité. » Et l’on a déclaré : « Ce poème est d’une grandeur et d’une éloquence extraordinaires, qu’on ne saurait attribuer qu’à celui auquel il est rattaché. Il surpasse les Sept Mu‘allaqât en puissance, et il est plus éloquent qu’elles toutes dans l’expression du sens. Al-Umawî l’a cité dans ses Maghâzî dans une version plus longue, enrichie d’autres ajouts. Dieu sait mieux. »

[Chapitre]

Ibn Isḥâq (5) rapporte ensuite qu’ils s’en prirent à ceux qui s’étaient convertis à l’Islam et qui avaient suivi le Messager de Dieu (ﷺ) parmi ses compagnons. Chaque tribu attaqua ceux de ses membres qui étaient musulmans, les emprisonnant et les torturant par les coups, la faim et la soif, ou en les exposant sur le sol brûlant de La Mecque sous la chaleur la plus accablante. Ils faisaient subir ces épreuves aux plus faibles pour les détourner de leur religion : certains faiblissaient sous l’intensité de la souffrance qui les frappait, tandis que d’autres tenaient bon, et Dieu les protégeait. Parmi eux se trouvait Bilâl, affranchi d’Abû Bakr et client des Banû Jumah ; il se nommait Bilâl ibn Rabâḥ, dont la mère s’appelait Ḥamâma. Il était sincère dans sa foi musulmane et pur de cœur. Omayya ibn Khalaf le faisait sortir au plus fort de la chaleur, ordonnait qu’on place sur sa poitrine une lourde pierre, puis lui disait : « Non, par Dieu, tu resteras ainsi jusqu’à ce que tu meures ou que tu renies Muhammad (ﷺ) et que tu adores al-Lât et al-‘Uzzâ. » Et lui, même dans cet état, répétait : « Dieu est Un, Dieu est Un. »

(1) Ce verset et le suivant ne figurent pas dans la Sīra d’Ibn Hichām, où l’ordre de certains vers est inversé. Et « nāṣil » est immuable. (2) « As-sūra » : le saut et l’élévation en dignité et en rang. Lisan et Asās (Sūr). (3) Ibn Hichām ajouta après ces deux vers : « Des hommes honorables au cœur droit les ont élevés… vers le bien, des ancêtres nobles en résultats. Si tu es Ka‘b ibn Lū’ī, un ignorant… il arrivera un jour où l’on se séparera douloureusement. » (4) Dans la Sīra (2/80). (5) Sīra d’Ibn Isḥāq (p. 190) et Sīra d’Ibn Hichām (1/317) et Ar-Rawḍ (2/67). (6) Ce qui suit ce terme est omis dans la Sīra d’Ibn Isḥāq.
حليمٌ رشيد عادلٌ غيرُ طائس … يوالي إلهًا ليس عنه بغافل كريمُ المساعي ماجدٌ وابنُ ماجدٍ … له إرثُ مجدٍ ثابتٌ غيرُ ناصِلِ (١) وأيَّدَهُ ربُّ العبادِ بنصره … وأظهرَ دينًا حقُّه غيرُ زائلِ فواللّهِ لولا أنْ أجيءَ بسُبَّةٍ … تجرُّ على أشياخِنا في المحافِل لكنّا تَبِعناه على كلِّ حالةٍ … من الدهر جدًّا غير قولِ التهازل لقد عَلِموا أنَّ ابنَنا لا مكذَّبٌ … لدينا ولا يُعنى بقولِ الأباطل فأصبح فينا أحمدٌ في أرومةٍ … تُقَصِّرُ عنها سَورةُ المتطاول (٢) حَدِبْتُ بنفسي دونَهُ وحمَيْتُه … ودافعتُ عنه بالذُّرَا والكلاكلِ (٣) قال ابن هشام (٤) : هذا ما صحَّ لي من هذه القصيدة، وبعض أهل العلم بالشعر يُنكر أكثرها. قلث: هذه قصيدةٌ عظيمةٌ بليغة جدًّا لا يستطيعُ أن يقولها إلا من نُسبت إليه، وهي أفحل من المعلَّقات السبع، وأبلغ في تأدية المعنى فيها جميعها، وقد أوردها الأموي في مغازيه مطوَّلة بزياداتٍ أُخَرَ. والله أعلم. [فصل] قال ابن إسحاق (٥) : ثمّ إنهم عدَوْا على من أسلم واتَّبع رسولَ الله ﷺ من أصحابه فوثبَتْ كلُّ قبيلةٍ على مَنْ فيها من المسلمين، فجعلوا يحبسونهم ويعذِّبونهم (٦) بالضرب والجوع والعطش، وبرمضاءِ مكةَ إذا اشتدَّ الحرّ؛ مَنِ استضعفوه منهم يفتنونهم عن دينهم، فمنهم مَنْ يُفتن من شدَّةِ البلاءِ الذي يُصيبهم، ومنهم من يَصْلُبُ لهم ويعصمه الله منهم؛ فكان بلال مولى أبي بكر لبعض بني جُمَح، مولَّدًا من مولَّديهم، وهو بلال بن رَبَاح، واسمُ أُمِّه حَمَامة، وكان صادقَ الإسلام طاهِرَ القلب، وكان أميةُ بن خلف يُخرِجُه إذا حميتِ الظَّهيرة ثم يأمر بالصخرَةِ العَظيمة فتوضع على صدره، ثم يقول له: لا والله لا تزال هكذا حتى تموت أو تكفر بمحمد ﷺ ، وتعبد اللاتَ والعُزَّى. فيقول: -وهو في ذلك- أحَدٌ أحد.
(١) هذا البيت والذي يليه ليسا في سيرة ابن هشام، وفيها تقديم وتأخير في بعض الأبيات. وناصل: لا يزول. (٢) "السَّورة": الوَثْبة والرفعة في المجد والمنزلة. اللسان والأساس (سور). (٣) زاد ابن هشام بعدها هذين البيتين: رجال كرام غير ميلٍ نماهمُ … إلى الخير آباءٌ كرام المحاصل فإن تك كعب من لؤي صقيبة … فلا بد يومًا مرة من تزايل (٤) في السيرة (٢/ ٨٠). (٥) سيرة ابن إسحاق (ص ١٩٠) وسيرة ابن هشام (١/ ٣١٧) والروض (٢/ ٦٧). (٦) ما بعد هذه اللفظة ساقط من سيرة ابن إسحاق.

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