Lorsque ceux-ci prononcèrent ces paroles, le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) se leva et s’éloigna d’eux. Se leva avec lui ʿAbd Allāh ibn Abī Umayya ibn al-Mughīra ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ibn Makhzūm – le fils de sa tante paternelle ʿĀtika bint ʿAbd al-Muṭṭalib –, et il dit : « Ô Muhammad, ton peuple t’a proposé ce qu’il t’a proposé, mais tu ne l’as pas accepté. Ensuite, ils t’ont demandé certaines choses pour eux-mêmes afin de connaître ton rang auprès de Dieu, et tu ne l’as pas fait. Puis ils t’ont réclamé d’avancer le châtiment dont tu les menaces. Par Dieu, je ne croirai jamais en toi tant que tu ne te seras pas aménagé une échelle pour monter au ciel, sous mes yeux, afin que tu y parviennes et en redescendes avec un document publié, accompagné de quatre anges attestant que tu es bien ce que tu prétends être. Et par Dieu, même si tu le faisais, je serais enclin à penser que je ne te croirais pas. »
Après quoi, il s’éloigna du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), et celui-ci retourna auprès des siens, attristé et chagriné de ne pas avoir obtenu ce qu’il espérait de son peuple, alors qu’ils l’avaient appelé ; et affligé de les voir ainsi si éloignés de lui.
Cette assemblée, où ces notables s’étaient réunis, était une assemblée d’injustice, d’hostilité et d’obstination. C’est pourquoi la sagesse divine et la miséricorde seigneuriale ont voulu qu’on ne leur réponde pas quant à ce qu’ils réclamaient, car (1) Dieu savait qu’ils ne croiraient pas, si bien qu’Il leur aurait hâté le châtiment. Ainsi, l’imam Aḥmad (2) a rapporté : « Ḥaddathanā ʿUthmān ibn Muḥammad, ḥaddathanā Jarīr, d’après al-Aʿmach, d’après Jaʿfar ibn Ilyās, d’après Saʿīd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbās qui a dit : “Les habitants de La Mecque demandèrent au Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) de transformer la colline de Ṣafā en or et d’éloigner les montagnes, afin de semer (leurs terres). Il lui fut alors dit : ‘Si tu le souhaites, patiente avec eux ; et si tu le souhaites, accorde-leur ce qu’ils demandent, mais s’ils rejettent la foi après cela, ils périront, comme ont péri avant eux d’autres peuples.’ Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) répondit (3) : ‘Non, je préfère patienter avec eux.’” »
C’est alors que Dieu – Exalté soit-Il – a révélé : « Et rien ne Nous empêche d’envoyer les miracles, si ce n’est que les premiers [peuples] les ont déjà traités de mensonge. Et Nous avons accordé la chamelle aux Thamūd comme un signe visible, mais ils lui ont fait tort… » (4). Ainsi le rapporte également an-Nasāʾī (5) selon la chaîne de transmission de Jarīr. Aḥmad (6) a aussi dit : « Ḥaddathanā ʿAbd ar-Raḥmān, ḥaddathanā Sufyān, d’après Salama ibn Kuhayl, d’après ʿImrān ibn Ḥakam (7), d’après Ibn ʿAbbās qui a dit : “Les Quraysh dirent au Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) : ‘Invoque donc ton Seigneur afin qu’Il fasse de Ṣafā de l’or, et nous croirons en toi.’” » Le Prophète répondit :