Dans leur égarement et leur confusion, ils s’abîment. Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Et ils ont juré par Dieu, de toute la force de leurs serments, que si un signe leur parvenait, ils y croiraient assurément. Dis : “Les signes ne relèvent que de Dieu.” Et qui vous fera comprendre que, s’il leur parvient effectivement, ils ne croiront point ? (109) Nous détournerons leurs cœurs et leurs regards, comme ils n’y ont pas cru la première fois, et Nous les laisserons errer dans leur rébellion, confus. (110) Et même si Nous faisions descendre vers eux les anges, si les morts leur parlaient et si Nous rassemblions devant eux toutes choses, ils ne croiraient pas, à moins que Dieu ne le veuille. Cependant, la plupart d’entre eux sont ignorants. » [Al-An‘âm, 6 : 109-111]
Dieu – Exalté soit-Il – a également dit : « En vérité, ceux sur qui la parole de ton Seigneur s’est réalisée ne croiront point (96) même si tous les signes leur parvenaient, jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux. » [Yûnus, 10 : 96-97]
Et Il a dit encore : « Rien ne Nous empêchait d’envoyer les signes (miracles), si ce n’est que les anciens les avaient déjà traités de mensonges. (Et Nous avons accordé à Thamûd la Chamelle, un signe visible ; mais ils se sont montrés injustes à son égard.) Et Nous n’envoyons les signes qu’à titre de menace. » [Al-Isrâ’, 17 : 59]
Dieu – Exalté soit-Il – dit aussi : « Et ils disent : “Nous ne croirons point en toi avant que tu ne fasses jaillir pour nous une source de la terre (90), ou que tu n’aies un verger de palmiers et de vignes et que tu y fasses couler les rivières avec abondance (91), ou que tu ne fasses tomber du ciel, comme tu le prétends, des morceaux (de châtiment) sur nous, ou que tu ne fasses venir Dieu et les anges face à face (92), ou que tu n’aies une maison en or, ou que tu ne montes au ciel. Même alors, nous ne croirons pas à ton ascension, à moins que tu ne fasses descendre vers nous un Livre que nous puissions lire.” Dis : “Gloire à mon Seigneur ! Ne suis-je qu’un être humain, un Messager ?” » [Al-Isrâ’, 17 : 90-93]
Nous avons déjà commenté ces versets et ceux qui leur ressemblent à leurs endroits respectifs dans le Tafsîr, et à Dieu revient la louange.
Yûnus et Ziyâd ont rapporté d’après Ibn Ishâq (4), qui le tenait de certains gens de savoir – à savoir un cheikh égyptien nommé Muḥammad ibn Abî Muḥammad –, d’après Sa‘îd ibn Jubayr et ‘Ikrima, eux-mêmes rapportant d’Ibn ‘Abbâs, que ce dernier raconta : « Des notables de la noblesse de Quraysh (il énuméra leurs noms) se réunirent, après le coucher du soleil, contre le mur de la Ka‘ba. Certains dirent aux autres : “Faites venir Muḥammad, discutez avec lui, disputez-vous avec lui, afin de pouvoir alléguer que vous avez fait tout ce que vous pouviez à son sujet.” Ils lui envoyèrent donc un messager pour le faire venir, en lui disant : ‘Les notables de ton peuple t’attendent pour te parler.’ Le Messager de Dieu (Dieu le bénisse et le salue) accourut aussitôt, pensant qu’ils avaient pris une décision à son égard, car il était soucieux de leur guidée et peiné par leur hostilité. Il s’assit auprès d’eux, et ils dirent : “Ô Muḥammad, si nous t’avons fait venir, c’est pour n’avoir plus rien à te reprocher. Par Dieu, nous ne connaissons pas d’homme parmi les Arabes qui ait porté à son peuple ce que tu nous as infligé : tu as insulté nos ancêtres, critiqué notre religion, discrédité nos opinions, outragé nos divinités, semé la discorde entre nous. Il n’est point de mal que tu ne nous aies causé. Si c’est l’argent que tu cherches, nous rassemblerons nos biens pour toi de sorte que tu deviennes le plus riche parmi nous. Si c’est la noblesse que tu désires, nous te nommerons notre chef. Si c’est la royauté que tu veux, nous t’établirons roi sur nous. Mais si c’est un ‘rê’î’ (un génie) qui s’empare de toi – ainsi désignaient-ils le compagnon issu des djinns – et que cela te dépasse, nous dépenserons nos biens pour te soigner, jusqu’à te guérir ou jusqu’à ce qu’il ne nous reste plus d’excuse.”
Le Messager de Dieu (Dieu le bénisse et le salue) répondit : “Je n’ai nul besoin de ce que vous mentionnez ; je ne vous ai pas apporté ce Message pour