Et le pâturage en fut effectivement extrait après la création du ciel, alors que cela y était déjà consigné en puissance (1). Comme le Très-Haut l’a dit : « Il la bénit et y assigna ses ressources » (Fussilat, 10), c’est-à-dire qu’Il prépara les lieux de culture et les emplacements des sources et des fleuves. Puis, une fois qu’Il eut achevé la création de la forme du monde d’en bas et du monde d’en haut, Il étendit la terre et fit ressortir ce qui y était déposé : les sources jaillirent, les fleuves coulèrent, et les semences et les fruits germèrent. C’est pour cette raison que le terme « étendre » (dahā) a été interprété comme l’action de faire sortir l’eau et le pâturage de la terre, ainsi que d’y asseoir solidement les montagnes. Il a en effet dit : « Et la terre, après cela, Il l’a étendue (30). Il en a fait sortir son eau et son pâturage. Et quant aux montagnes, Il les a ancrées » (An-Nâzi‘ât, 30-32), c’est-à-dire qu’Il les a installées aux endroits où Il les a placées, les a fixées, consolidées et affermies (2).
Quant à Sa parole : « Et le ciel, Nous l’avons édifié avec force et, en vérité, Nous l’étendons (47). Et la terre, Nous l’avons étendue, et quel excellent niveleur Nous sommes (48). Et de toute chose Nous avons créé une paire, afin que vous vous rappeliez » (Adh-Dhâriyât, 47-49), « avec force » signifie « avec puissance ». « En vérité, Nous l’étendons » (3) se comprend ainsi : toute chose élevée s’élargit, si bien que chaque ciel situé au-dessus d’un autre est plus vaste que celui qui se trouve en dessous de lui. Voilà pourquoi Celui qui est « envoyé » se trouve au-dessus des cieux et est plus étendu qu’eux tous, tandis que le Trône les surpasse tous de beaucoup (4).
Ensuite, Il dit : « Et la terre, Nous l’avons étendue » : c’est-à-dire que Nous l’avons déployée et en avons fait un berceau, c’est-à-dire un lieu stable, immuable, ne vacillant ni ne basculant sous vos pas. C’est pour cela qu’Il déclare : « Quel excellent niveleur Nous sommes », et la conjonction « wa » (et) n’implique pas un ordre chronologique dans le déroulement, mais exprime simplement un énoncé général, selon l’usage linguistique (5). Et Dieu sait mieux.
Al-Bukhârî (6) rapporte : « ‘Umar ibn Hafs ibn Ghiyâth (7) nous a transmis un hadith : mon père nous l’a transmis, Al-A‘mash nous l’a transmis, Jâmi‘ ibn Shaddâd nous l’a transmis, selon Safwân ibn Muḥriz, lequel le tenait d’Imrân ibn Ḥuṣayn, qui dit : “J’entrai auprès du Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) après avoir attaché ma chamelle à la porte. Des gens de Banû Tamîm vinrent alors à lui, et il leur dit : ‘Acceptez la bonne nouvelle, ô Banû Tamîm !’ (8). Ils répondirent : ‘Tu nous en as déjà fait part (9) ; donne-nous (autre chose)’, et ils répétèrent cela deux fois. Puis des gens du Yémen vinrent à lui et il leur dit : ‘Acceptez la bonne nouvelle, ô gens du Yémen, puisque les Banû Tamîm ne l’ont pas acceptée.’ Ils dirent : ‘Nous l’acceptons, ô Messager de Dieu. Nous sommes venus pour t’interroger sur cette affaire.’ Il répondit : ‘Dieu était, et il n’y avait rien d’autre que Lui ; Son Trône était sur l’eau ; Il a consigné dans le Registre (10) toute chose, puis Il a créé les cieux…’” »