Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il apparut à son oncle qu’il allait l’abandonner et le livrer, et qu’il était devenu trop faible pour le soutenir et se tenir à ses côtés. Alors le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui dit : « Ô mon oncle, par Dieu, s’ils plaçaient le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche (2) pour que je renonce à cette affaire, jusqu’à ce que Dieu la fasse triompher ou que j’y périsse, je ne l’abandonnerais pas. » Puis, le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui), les larmes aux yeux, se mit à pleurer, se leva et sortit. Lorsqu’il s’éloigna, Abou Tâlib l’appela : « Reviens, ô fils de mon frère ! » Le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) revint vers lui, et Abou Tâlib lui dit : « Va, ô fils de mon frère, et dis ce que tu veux ; par Dieu, je ne te livrerai jamais à qui que ce soit. »

Ibn Ishaq (3) rapporta : « Lorsque Quraysh comprit qu’Abou Tâlib refusait de délaisser le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) ou de le livrer, qu’il persistait à se séparer d’eux à ce sujet et à les affronter, ils se rendirent auprès de lui avec ‘Umâra ibn al-Walîd ibn al-Mughîra et, selon ce qui m’est parvenu, lui dirent : “Ô Abou Tâlib, voici ‘Umâra ibn al-Walîd, le jeune homme le plus vigoureux (4) et le plus beau de Quraysh. Prends-le : tu auras son intelligence et son soutien ; adopte-le pour fils, il est à toi. Remets-nous en échange ce neveu qui a contredit ta religion et celle de tes pères, qui a divisé l’unité de ton peuple et ridiculisé notre raison. Ainsi pourrons-nous le tuer : ce n’est qu’un homme pour un homme !” »

Abou Tâlib répondit : « Par Dieu, quel odieux marché me proposez-vous ? Vous me donnez votre fils pour que je le nourrisse pour vous, et je vous donnerais mon fils pour que vous le mettiez à mort ? Par Dieu, jamais une telle chose ne se produira ! »

Alors al-Mut‘im ibn ‘Adî ibn Nawfal ibn ‘Abd Manâf ibn Qusay répliqua : « Par Dieu, ô Abou Tâlib, tes concitoyens ont été justes envers toi et se sont donné beaucoup de mal pour t’épargner ce qui te déplaît. Je ne vois pas que tu veuilles accepter quoi que ce soit de leur part. » Abou Tâlib lui répondit : « Par Dieu, ils n’ont pas été justes envers moi ; quant à toi, tu as décidé de m’abandonner et de te ranger aux côtés de mon peuple contre moi. Fais donc ce qu’il te plaira — ou une formule équivalente. »

Alors la situation s’envenima (5), le conflit s’exacerba, on rompit les rangs et chacun afficha son hostilité envers l’autre (6). C’est alors qu’Abou Tâlib, faisant allusion à al-Mut‘im ibn ‘Adî, visant également ceux qui l’avaient abandonné parmi les Banû ‘Abd Manâf et ceux des clans de Quraysh qui s’étaient dressés contre lui, rappela ce qu’ils lui avaient demandé et la manière dont ils s’étaient écartés de son affaire (7), en disant (vers sur la mesure at-Tawîl) : [de la poésie].

(1) Il en est ainsi dans H, Ṭ ainsi que dans les sources du hadith «بداء» (badāʾ) : on dit «bada lahu fī al-amr», c’est-à-dire qu’un changement s’est produit dans son affaire, que son opinion est apparue. Voir al-Lisān (bada), et al-Rawḍ (2/8). (2) Al-Suhaylī dit dans al-Rawḍ (2/8) : Il a spécifiquement attribué le soleil à la droite car c’est le signe visible, et la lune à la gauche car c’est le signe effacé. ʿUmar (r.a.) dit à un homme qui lui rapporta avoir vu en rêve que le soleil et la lune se battaient, et qu’avec chacun se trouvaient des étoiles : «Avec lequel étais-tu ?» Il répondit : «Avec la lune.» Il dit alors : «Tu étais avec le signe effacé, va, ne travaille plus pour moi.» Cet homme, qui était son agent, fut relevé de sa fonction, et fut tué à Ṣiffīn auprès de Muʿāwiya. Son nom était Ḥābis ibn Saʿd. Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a désigné ces deux astres en exemple parce que leur lumière est sensible, alors que la lumière venue de la part de Dieu — celle qu’ils voulaient abandonner — est assurément plus noble que cette lumière créée. Dieu, Glorifié soit-Il, a dit : «Ils veulent éteindre la lumière de Dieu par leurs bouches, alors que Dieu refuse que Sa lumière soit complète que.» La rhétorique prophétique a exigé que ce qu’ils voulaient adopter à la place de la lumière suprême soit confronté à une lumière inférieure, et qu’on attribue la plus noble des deux astres à la main la plus noble, c’est-à-dire la droite. C’est une éloquence incomparable et une sagesse subtile que tout esprit perspicace reconnaît. (3) Sīra d’Ibn Isḥāq (p. 152), Sīra d’Ibn Hishām (1/266) et al-Rawḍ (2/5). (4) Dans H : abha. Le sens de anhad est : plus fort et plus endurant. Al-Rawḍ (2/8). (5) «Ḥaqab al-amr» : signifiant que c’était devenu difficile, ou que la situation s’était intensifiée. Al-Rawḍ (2/9). (6) Dans H, Ṭ : il prononça la lettre nūn, ce qui est confirmé par les sources du hadith. (7) Le poème se trouve dans le Dīwān de Cheikh al-Abāṭiḥ (pp. 21-23) avec des divergences concernant certains mots, vers et le début.
قد بَدَا لعمِّهِ فيه بَدْوٌ (١) ، وأنَّه خاذله ومُسْلِمُه، وأنَّه قد ضعُف عن نصرته والقيام معه، قال: فقال له رسول الله ﷺ : "يا عم والله لو وضعوا الشمس في يميني، والقمر في يساري (٢) على أن أترك هذا الأمر حتى يظهره الله، أو أهلك فيه ما تركتُه" قال: ثم استعبر رسولُ الله ﷺ فبكى ثم قام، فلما ولَّى ناداه أبو طالب. فقال: أقْبِلْ يا بن أخي، فأقبل عليه رسول الله ﷺ فقال: اذهب يا بن أخي، فقلْ ما أحببت، فوالله لا أسلمتُك لشيءٍ أبدًا. قال ابن إسحاق (٣) : ثم إنَّ قريشًا حين عرفوا أن أبا طالب قد أبَى خِذْلانَ رسولِ الله ﷺ وإسلامه وإجماعه لفراقهم في ذلك وعداوته، مشَوْا إليه بعُمارة بنِ الوليد بن المغيرة فقالوا له -فيما بلغني-: يا أبا طالب، هذا عُمارة بن الوليد أنهد (٤) فتًى في قريش وأجمله، فخُذْهُ فلك عَقْلُه ونَصْرُه، واتخذْه ولدًا فهو لك، وأسْلِمْ إلينا ابنَ أخيك هذا الذي قد خالف دينك ودينَ آبائك، وفرَّق جماعة قومِك، وسفَّه أحلامنا فنقتله، فإنما هو رجلٌ برجل! قال: والله لبئس ما تسومونني؟ أتعطونني ابنكم أغذوه لكم، وأُعطيكم ابني فتقتلونه! هذا والله ما لا يكون أبدًا. قال فقال المُطْعِمُ بن عدي بن نوفل بن عبد مناف بن قصي: والله يا أبا طالب لقد أنصفك قومُك وجهِدوا على التخلُّص مما تكره، فما أراك تريد أن تقبل منهم شيئًا؟ فقال أبو طالب للمطعم: والله ما أنصفوني، ولكنَّك قد أجمعتَ خِذْلاني ومظاهرةَ القوم عليّ، فاصنَعْ ما بدا لك -أو كما قال- فحقب الأمر (٥) ، وحميت الحرب، وتنابذ القوم، وبادَى (٦) بعضُهم بعضًا. فقال أبو طالب عند ذلك يعرِّضُ بالمُطعِمِ بن عديّ ويعمُّ مَنْ خذله من بني عبد مناف ومَنْ عاداه من قبائل قريش، ويذكر ما سألوه وما تباعد من أمرهم (٧) : [من الطويل]
(١) كذا في ح، ط وفي مصادر الخبر "بَدَآء" يقال: بدا له في الأمر، بَدْوًا وبدًا وبداءً: أي تغيَّر له من أمره، أي ظهر له رأي. انظر اللسان (بدو) والروض (٢/ ٨). (٢) قال السهيلي في الروض (٢/ ٨): خصَّ الشمس باليمين لأنها الآية المبصرة وخصَّ القمر بالشمال لأنها الآية الممحوَّة، وقد قال عمر (رحمه الله) لرجل قال له: إني رأيت في المنام كأن الشمس والقمر يقتتلان، ومع كل واحد منهما نجوم. فقال عمر: مع أيهما كنت؟ فقال: مع القمر. قال: كنت مع الآية الممحوة، اذهب فلا تعمل لي عملًا. وكان عاملًا له فعزله، فقتل الرجل في صفين مع معاوية واسمه حابس بن سعد. وخصَّ رسول الله ﷺ النيرين حين ضرب المثل بهما، لأن نورهما محسوس والنور الذي جاء به من عند الله -وهو الذي أرادوه على تركه- هو لا محالة أشرف من النور المخلوق، قال الله سبحانه: ﴿يُرِيدُونَ أَنْ يُطْفِئُوا نُورَ اللَّهِ بِأَفْوَاهِهِمْ وَيَأْبَى اللَّهُ إِلَّا أَنْ يُتِمَّ نُورَهُ﴾ فاقتضت بلاغة النبوة لما أرادوه على ترك النور الأعلى أن يقابله بالنور الأدنى، وأن يخص أعلى النيرين، وهي الآية المبصرة بأشرف اليدين، وهي اليمين، بلاغة لا مثلها، وحكمة لا يجهل اللبيب فضلها. اهـ. (٣) سيرة ابن إسحاق (ص ١٥٢) وسيرة ابن هشام (١/ ٢٦٦) والروض (٢/ ٥). (٤) في ح: أبهى. ومعنى أنهد، أي: أقوى وأجلد. الروض (٢/ ٨). (٥) "حقب الأمر": يريد اشتد. الروض (٢/ ٩). (٦) في ح، ط: نادى بالنون، والمثبت من مصادر الخبر. (٧) القصيدة في ديوان شيخ الأباطح (ص ٢١ - ٢٣) على خلاف في بعض ألفاظها وأبياتها ومطلعها: =

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies