Mohammed Ibn Ishaq (1) rapporta : « Son oncle, Abou Talib, se prit d’affection pour le Messager de Dieu (ﷺ), le protégea et se dressa en sa faveur. De son côté, le Messager de Dieu (ﷺ) resta fidèle à l’ordre de Dieu, manifestant ouvertement sa religion sans que rien ne pût l’en détourner. Lorsque Quraysh constata que le Messager de Dieu (ﷺ) ne revenait sur aucun des points qu’elle lui reprochait – notamment de s’être séparé d’eux et d’avoir décrié leurs divinités – et qu’elle vit qu’Abou Talib, son oncle, s’était pris d’affection pour lui et le défendait sans le leur livrer, un groupe de notables de Quraysh se rendit auprès d’Abou Talib : ‘Utba et Shayba, fils de Rabî‘a ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manâf ibn Qusayy, Abou Soufyan Sakhr ibn Harb ibn Umayya ibn ‘Abd Shams, Abou al-Bakhtari – son nom étant al-‘Âs ibn Hishâm ibn al-Hârith ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Qusayy –, al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzâ, Abou Jahl – de son vrai nom ‘Amr ibn Hishâm ibn al-Mughîra ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn Makhzûm –, al-Walîd ibn al-Mughîra ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn Makhzûm ibn Yaqaza ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy, Nubayh et Munabbih, fils d’al-Hajjâj ibn ‘Âmir ibn Hudhayfa ibn Sa‘d (3) ibn Sahm ibn ‘Amr ibn Husays ibn Ka‘b ibn Lu’ayy, ainsi qu’al-‘Âs ibn Wâ’il ibn Sa‘îd ibn Sahm.
Ibn Ishaq (4) dit : ou peut-être furent-ce ceux-là qui vinrent auprès d’Abou Talib, et ils lui dirent : « Ô Abou Talib, ton neveu a injurié nos divinités, blâmé notre religion, dénigré notre raison et traité nos ancêtres d’égarés. Soit tu l’arrêtes, soit tu nous laisses faire, car tu es, comme nous, opposé à son attitude. Dans ce cas, nous nous en chargerons. » Abou Talib leur adressa donc des propos aimables et les renvoya sur une réponse courtoise, après quoi ils s’en allèrent. Et le Messager de Dieu (ﷺ) poursuivit son œuvre : il affichait la religion de Dieu et y appelait les gens. Puis la situation s’envenima (5) entre lui et eux, au point que les hommes s’éloignèrent les uns des autres et se vouèrent mutuellement une hostilité grandissante. Les Quraysh ne cessaient de parler du Messager de Dieu (ﷺ) parmi eux ; ils se liguèrent (6) contre lui et s’encouragèrent mutuellement à s’y opposer, avant de retourner une nouvelle fois vers Abou Talib.
Ils lui dirent alors : « Ô Abou Talib, tu jouis chez nous d’un âge avancé, d’un honneur et d’une haute considération. Nous t’avions demandé d’intervenir auprès de ton neveu, mais tu ne l’as pas détourné de nous. Par Dieu, nous ne saurions plus supporter qu’il injurie nos ancêtres, tourne en dérision nos capacités de jugement et dénigre nos divinités ! Mets-y un terme ou bien nous nous affronterons, toi et nous, jusqu’à ce que l’un des deux camps périsse – ou des propos similaires. » Puis ils se retirèrent. Cela fut très pénible à Abou Talib, qui redoutait de perdre son peuple et de provoquer leur hostilité, tout en ne pouvant se résoudre à contraindre ni à abandonner le Messager de Dieu (ﷺ).
Ibn Ishaq (7) rapporta : « Ya‘qûb ibn ‘Utba ibn al-Mughîra ibn al-Akhnas m’a informé qu’on lui avait raconté la chose suivante : lorsque Quraysh tinrent ce langage à Abou Talib, celui-ci envoya chercher le Messager de Dieu (ﷺ) et lui dit : “Ô mon neveu, ton peuple est venu me trouver et m’a dit ceci et cela ; épargne-moi, ainsi que toi-même, et ne me charge pas plus que je ne peux porter.” »
Le Messager de Dieu (ﷺ) pensa alors qu’il… »