Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’homme qu’ils avaient dépêché vint alors, et on lui demanda : « Malheur à toi, qu’as-tu vu ? » Il répondit : « J’ai vu quelque chose d’extraordinaire, plus étonnant que tout ! Par Dieu, sitôt qu’il (le Prophète) frappa à sa porte, il sortit immédiatement, comme privé de son souffle, et dit : “Donne à cet homme son dû.” » L’autre répondit : « Oui ! Ne t’éloigne pas tant que je ne sois sorti pour lui donner son dû. » Il rentra donc, en sortit avec le paiement et le lui remit.

Puis Abu Jahl arriva peu après. On lui dit : « Malheur à toi, qu’as-tu fait ? Par Dieu, nous n’avons jamais vu pareille chose de ta part ! » Il expliqua : « Malheur à vous ! Par Dieu, à peine avait-il frappé à ma porte et entendu sa voix que j’ai été empli de terreur. Je suis alors sorti vers lui et, au-dessus de sa tête, se tenait un mâle de chameau tel que je n’en ai jamais vu de semblable pour la taille de sa tête ou pour ses défenses, et si j’avais refusé, il m’aurait dévoré. »

[Fasl]

Al-Bukhârî (1) a rapporté : « Nous ont transmis ‘Ayâsh ibn al-Walîd, puis al-Walîd ibn Muslim, puis al-Awzâ‘î, d’après Yahyâ ibn Abî Kathîr, d’après Muhammad ibn Ibrâhîm at-Taymî, lequel m’a dit : ‘Urwah ibn az-Zubayr (que Dieu l’agrée) m’a raconté : “J’ai interrogé Ibn [‘Amr] ibn al-‘Âs et je lui ai demandé : ‘Informe-moi de l’acte le plus dur que les polythéistes aient commis contre le Messager de Dieu (que la bénédiction et la paix de Dieu soient sur lui).’” Il répondit : “Alors que le Prophète (ﷺ) priait dans le Ḥijr de la Ka‘ba, Uqbah ibn Abî Mu‘ayṭ s’approcha de lui, plaça son vêtement sur son cou et le serra violemment au point de l’étrangler. Abû Bakr (qu’il soit agréé) arriva, saisit l’épaule d’Uqbah et l’écarta du Prophète (ﷺ) en disant : « Allez-vous tuer un homme parce qu’il dit : ‘Mon Seigneur est Dieu’, alors qu’il vous a déjà apporté des preuves évidentes de la part de votre Seigneur ? » [Ghâfir : 28].” »

Ibn Isḥâq a poursuivi en disant : « Yahyâ ibn ‘Urwah m’a informé d’après son père, qui a déclaré : “J’ai posé la question à ‘Abd Allâh ibn ‘Amr.” » Et ‘Abdah rapporte, d’après Hishâm, d’après son père : « On demanda à ‘Amr ibn al-‘Âs. » De même, Muhammad ibn ‘Amr rapporte, d’après Abû Salamah : « ‘Amr ibn al-‘Âs m’a informé. »

Al-Bayhaqî (2) a déclaré : « De la même manière, Sulaymân ibn Bilâl l’a rapporté au nom de Hishâm ibn ‘Urwah, conformément à la version rapportée par ‘Abdah. » Al-Bukhârî en est le seul rapporteur dans les recueils principaux. Il en a fait mention en divers passages de son Ṣaḥîḥ (3), et dans certains d’entre eux, il désigne l’informateur comme étant ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âs, ce qui est plus vraisemblable, puisqu’il s’agit d’un récit transmis par ‘Urwah à son sujet, et il est logique qu’il vienne de ‘Amr, étant donnée l’ancienneté de cet épisode.

Al-Bayhaqî (4) rapporte également, d’après al-Ḥâkim, d’après al-Aṣamm, d’après Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbâr, d’après Yûnus, d’après Muhammad ibn Isḥâq : « Yahyâ ibn ‘Urwah m’a transmis d’après son père, ‘Urwah, qui a dit : “J’ai demandé à ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âs…” »

(1) Dans son Sahîh, Fatḥ al-Bārī (3856) aux mérites des Ansār, chapitre sur ce qu’a rencontré le Prophète ﷺ et ses compagnons des polythéistes à La Mecque, et ce qui suit entre crochets. (2) Dans al-Dalāʾil (2/276) après le passage du hadith de al-Bukhārī. (3) Fatḥ al-Bārī (3678) aux vertus des compagnons, chapitre sur la parole du Prophète ﷺ : « Si j’avais à choisir un intime », et au chapitre sur la mission du Prophète ﷺ (3856) et (4815), tafsīr de la sourate al-Muʾmin 40. (4) Dans al-Dalāʾil (2/275) et il est rapporté par Ibn Hichām d’après Ibn Isḥāq dans la Sīra prophétique (1/289) avec ce texte.
وجاء الرجل الذي بعثوا معه فقالوا: ويحك ماذا رأيت؟ قال: عجبًا من العجب! والله ما هو إلا أن ضرب عليه بابه فخرج وما معه روحُه فقال: "أعط هذا الرجل حقَّه" . فقال: نعم! لا تبرح حتى أخرج إليه حقه، فدخل فأخرج إليه حقه فأعطاه. ثم لم يلبث أنْ جاء أبو جهل فقالوا له: ويلك مالك؛ فوالله ما رأينا مثل ما صنعت؟ فقال: ويحكم، والله ما هو إلا أن ضرَبَ عليَّ بابي وسمعتُ صوته فملئتُ رُعْبا، ثم خرجتُ إليه وإنَّ فوق رأسه لفحلًا من الإبل ما رأيتُ مثل هامته، ولا قَصَرَته ولا أنيابه لفحلٍ قط، فوالله لو أبيت لأكلني. [فصل] وقال البخاري (١) : حدّثنا عياش بن الوليد، حدّثنا الوليد بن مسلم، حدّثنا الأوزاعي، عن يحيى بن أبي كثير، عن محمد بن إبراهيم التيميّ، حدّثني عُروة بن الزُّبير [قال] : سألتُ ابن [عمرو] العاص فقلت: أخبرْني بأشدِّ شيءٍ صنعه المشركون برسولِ الله؟ قال: بينما النبيُّ ﷺ يصلِّي في حِجْر الكعبة، إذْ أقبل عليه عقبة بن أبي مُعيط، فوضع ثوبه على عنقه فخنقه خنقًا شديدًا، فأقبل أبو بكر (رضي الله عنه) حتى أخذ بمنكبه ودفعه عن النبي ﷺ وقال: ﴿أَتَقْتُلُونَ رَجُلًا أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ وَقَدْ جَاءَكُمْ بِالْبَيِّنَاتِ مِنْ رَبِّكُمْ﴾ [غافر: ٢٨] الآية. تابعه ابنُ إسحاق قال: أخبرني يحيى بن عروة، عن أبيه، قال: قلت لعبد الله بن عمرو. وقال عبدة عن هشام عن أبيه قال: قيل لعمرو بن العاص. وقال محمد بن عمرو عن أبي سلمة: حدثني عمرو بن العاص. قال البيهقي (٢) : وكذلك رواه سليمان بن بلال عن هشام بن عروة كما رواه عبدة. انفرد به البخاري، وقد رواه في أماكن من صحيحه (٣) ، وصرَّح في بعضها بعبد الله بن عمرو بن العاص، وهو أشبه، لرواية عروة عنه، وكونه عن عمرو أشبه لتقدُّم هذه القصة. وقد روى البيهقي (٤) ، عن الحاكم، عن الأصم، عن أحمد بن عبد الجبار، عن يونس عن محمد بن إسحاق: حدّثني يحيى بن عروة، عن أبيه عروة قال: قلت لعبد الله بن عمرو بن العاص:
(١) في صحيحه، فتح الباري (٣٨٥٦) مناقب الأنصار باب ما لقي النبي ﷺ وأصحابه من المشركين بمكة، وما يأتي بين معقوفين منه. (٢) في الدلائل (٢/ ٢٧٦) بعد سياق حديث البخاري. (٣) فتح الباري (٣٦٧٨) فضائل الصحابة باب قول النبي ﷺ : لو كنت متخذًا خليلًا، وفي مبعث النبي ﷺ (٣٨٥٦) و (٤٨١٥) التفسير سورة المؤمن ٤٠. (٤) في الدلائل (٢/ ٢٧٥) وأخرجه ابن هشام عن ابن إسحاق في السيرة النبوية (١/ ٢٨٩) به.

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