«(Naseau mensonger, fautif) [16]… (1) Qu’il appelle donc son assemblée [17] ; Nous convoquerons les gardiens redoutables.» Le Prophète (ﷺ) vint alors pour prier, et on lui demanda : «Qu’est-ce qui t’en empêche ?» Il répondit : «Ce qui est entre moi et lui est devenu noir de bataillons.» Ibn ‘Abbâs dit : «Par Dieu, s’il s’était avancé, les anges l’auraient saisi sous les yeux de tous.»
Ibn Jarîr rapporta (2) – par la chaîne suivante : Ibn ‘Abd al-A‘la, de l’Imâm al-Mu‘tamir, d’après son père, d’après Na‘îm ibn Abî Hind, d’après Abû Hâzim, d’après Abû Hurayra – qu’Abû Jahl déclara : «Est-ce que Muhammad va vraiment se salir le visage en prière devant vous ?» Ils répondirent : «Oui.» Il répliqua : «Par al-Lât et al-‘Uzzâ, si je le vois ainsi en prière, je foulerai sa nuque et j’enduirai son visage de poussière.» Il s’approcha donc du Messager de Dieu (ﷺ) pendant que celui-ci priait, pour piétiner sa nuque. Alors, à la grande surprise de ses compagnons, on le vit reculer brusquement, en se protégeant de ses mains. On lui demanda : «Qu’as-tu ?» Il dit : «Entre lui et moi, il y a un fossé rempli de feu, des choses effrayantes et des ailes.» Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : «S’il s’était approché de moi, les anges l’auraient démembré, membre par membre.» Selon Abû Hurayra (sans certitude si cela fait partie ou non de son propos), Dieu révéla alors : «(Il a enseigné à l’homme ce qu’il ignorait [5]. Mais non ! L’homme devient tyrannique…)» jusqu’à la fin de la sourate [de l’Adhérence]. Ce récit a été rapporté par Ahmad, Muslim, an-Nassâ’î, Ibn Abî Hâtim et al-Bayhaqî (3) selon la chaîne transmise par al-Mu‘tamir ibn Sulaymân ibn Tar khân at-Taymî.
Imâm Ahmad (4) rapporta également – par Wahb ibn Jarîr, d’après Shu‘ba, d’après Abû Is h âq, d’après ‘Amr ibn Maymûn, d’après ‘Abd Allah – ceci : «Je n’ai jamais vu le Messager de Dieu (ﷺ) invoquer contre Quraysh, si ce n’est un certain jour. Il priait et un groupe de Quraysh était assis non loin de là, tandis qu’à proximité gisait le placenta d’une chamelle. Ils dirent : “Qui va prendre ce placenta et le déposer sur son dos ?” ‘Uqba ibn Abî Mu‘ayt s’écria : “Moi !” Il s’en empara et le déposa sur le dos du Prophète (ﷺ), qui resta prosterné jusqu’à ce que Fâtima vienne le retirer de son dos. Alors le Messager de Dieu (ﷺ) supplia : “Ô Seigneur, occupe-Toi de cet aréopage de Quraysh ! Seigneur, anéantis ‘Utba ibn Rabî‘a, ô Seigneur anéantis Shayba ibn Rabî‘a, anéantis Abû Jahl ibn Hishâm, anéantis ‘Uqba ibn Abî Mu‘ayt, anéantis Ubay – ou plutôt Umayya – ibn Khalaf !”» (Shu‘ba n’était pas certain du nom exact.) ‘Abd Allah conclut : «Je les ai vus tous tués le jour de Badr, puis traînés jusqu’au puits, à l’exception d’Ubay – ou d’Umayya – ibn Khalaf, qui était si corpulent qu’il tomba en morceaux.» Al-Bukhârî rapporte ce hadith à plusieurs endroits de son S a h îh , tout comme Muslim selon différentes chaînes de transmission provenant d’Abû Is h âq (6).
En vérité, il s’agit bien d’Umayya ibn Khalaf, car c’est lui qui fut tué à Badr. Pour ce qui est de son frère, Ubay ibn Khalaf, il ne fut tué qu’à U h ud, comme nous le verrons plus loin.