Je me rendis auprès du Messager de Dieu (ﷺ) jusqu’à entrer auprès de lui et je l’informai des propos d’Abou Jahl. Il sortit alors en colère (1) et se rendit à la mosquée. Pressé de l’atteindre, il n’entra pas par la porte mais escalada la paroi. Je me dis : « Voici un jour funeste ! », je m’attachai un pagne puis le suivis. Le Messager de Dieu (ﷺ) pénétra dans la mosquée et récita : « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé (1) qui a créé l’homme d’une adhérence » (Al-‘Alaq 96 : 1-2). Lorsqu’il en arriva au passage concernant Abou Jahl : « Non ! L’homme dépasse vraiment les limites (6) dès qu’il se croit suffisant » (Al-‘Alaq 96 : 6-7), quelqu’un dit à Abou Jahl : « Ô Abou al-Hakam, voici Muhammad ! ». À quoi Abou Jahl répondit : « Ne voyez-vous pas ce que je vois ? Par Dieu, il bloqua pour moi l’horizon du ciel. » Quand le Messager de Dieu (ﷺ) parvint à la fin de la sourate, il se prosterna.
L’imam Ahmad (2) rapporte : « ‘Abd ar-Razzâq nous a transmis, d’après Ma‘mar, d’après ‘Abd al-Karîm, d’après ‘Ikrima, qui dit qu’Ibn ‘Abbâs a déclaré : “Abou Jahl a dit : ‘Si jamais je vois Muhammad prier à la Ka‘ba, je marcherai sur sa nuque.’” Cela parvint au Messager de Dieu (ﷺ), qui déclara : “S’il l’avait fait, les anges l’auraient saisi sous leurs yeux.” » Al-Bukhârî (3) rapporte également ce récit par l’intermédiaire de Yahyâ puis ‘Abd ar-Razzâq.
D’après Dâwud ibn Abî Hind, rapportant de ‘Ikrima, lui-même rapportant d’Ibn ‘Abbâs : « Abou Jahl passa près du Prophète (ﷺ) alors qu’il priait, et s’exclama : “Ne t’ai-je pas interdit de prier, ô Muhammad ? Tu sais bien qu’il n’est personne dont l’assemblée soit plus importante que la mienne.” Le Prophète (ﷺ) le réprimanda. Alors Jibrîl (Gabriel) dit : “Qu’il appelle donc son conseil. Nous appellerons les Gardiens (az-zabâniyah)” (Al-‘Alaq 96 : 17-18). Par Dieu, s’il avait appelé son conseil, les Gardiens du châtiment l’auraient immédiatement saisi.” » Ahmad et At-Tirmidhî ont rapporté ce hadith, et An-Nassâ’î (4) l’a authentifié selon la même chaîne de transmission.
L’imam Ahmad (5) ajoute : « Ismâ‘îl ibn Yazîd Abou Yazîd (6) nous a rapporté, d’après Furât, d’après ‘Abd al-Karîm, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, ce propos d’Abou Jahl : “Si je vois Muhammad prier à la Ka‘ba, j’irai jusqu’à lui pour piétiner sa nuque.” Et le Prophète (ﷺ) de dire : “S’il l’avait fait, les Gardiens (az-zabâniyah) l’auraient saisi sous ses yeux.” »
Selon Abou Ja‘far Ibn Jarîr (7) : « Ibn Humayd nous a rapporté, d’après Yahyâ ibn Wâdih, d’après Younus ibn Abî Ishâq, d’après al-Walîd ibn al-‘Ayzâr, d’après Ibn ‘Abbâs, qu’Abou Jahl affirma : “Si Muhammad revient prier auprès du Maqâm (la station d’Abraham), je le tuerai.” Alors Dieu, exalté soit-Il, fit descendre ce passage de la sourate Al-‘Alaq : “Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé” jusqu’à “Nous le saisirons certes par le toupet” (Al-‘Alaq 96 : 1-15).” »