Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On rapporte qu’il dit : «Ô ‘Aqîl, va me chercher Muhammad.» Je partis donc le trouver et je le fis sortir d’une “kins” (1) – ou il a dit “khins” – c’est-à-dire une petite habitation. Il le fit alors venir à l’heure de la mi-journée, sous une chaleur accablante. Lorsqu’il arriva auprès d’eux, il déclara : «Tes cousins prétendent que tu les offenses dans leur assemblée et dans leur mosquée. Cesse donc de leur faire tort.» À ce moment, le Messager de Dieu (ﷺ) leva son regard vers le ciel et dit : «Voyez-vous ce soleil ?» Ils répondirent : «Oui.» Il dit alors : «Je ne suis pas plus capable de me détourner de ce qui m’a été ordonné que vous ne l’êtes de prendre une flamme à partir de ce soleil.» Abû Tâlib s’exclama : «Par Dieu, mon neveu n’a jamais menti ! Retournez donc.» (Rapporté par al-Bukhârî dans son “Târîkh” (4) d’après Muhammad ibn al-‘Alâ’, selon Yûnus ibn Bukayr. Al-Bayhaqî l’a également rapporté (5) d’après al-Hâkim, d’après al-Aṣamm, d’après Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbâr, selon lui, avec ce même texte.)

Al-Bayhaqî rapporta également (6), selon la chaîne de transmission de Yûnus d’après Ibn Isḥâq, qui a dit : «Ya‘qûb ibn ‘Utbah ibn al-Mughîrah ibn al-Akhnas m’a informé que lorsque Quraysh tint ces propos à Abû Tâlib, celui-ci fit venir le Messager de Dieu (ﷺ) et lui dit : “Ô fils de mon frère, ton peuple est venu me trouver et m’a rapporté ceci et cela. Préserve-moi et préserve-toi toi-même ; ne me fais pas supporter une affaire que ni moi ni toi ne pourrions endurer. Épargne donc à ton peuple ce qu’il déteste de tes propos.” Le Messager de Dieu (ﷺ) crut alors que son oncle avait changé d’avis à son égard, qu’il allait l’abandonner et le livrer, et il se sentit incapable de continuer à compter sur lui. Le Prophète (ﷺ) déclara : “Ô mon oncle ! Même s’ils plaçaient le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche, je ne laisserais pas cette affaire tant que Dieu ne l’aura pas établie ou que je ne périsse dans cette voie.” Puis le Messager de Dieu (ﷺ) se laissa submerger par l’émotion jusqu’à pleurer. Lorsqu’il tourna le dos, Abû Tâlib, voyant à quel point la situation affectait le Messager de Dieu (ﷺ), l’appela : “Ô mon neveu !” Il se retourna et Abû Tâlib lui dit : “Poursuis ton objectif et agis comme il te plaira. Par Dieu, je ne te livrerai jamais à personne.” (8)

Ibn Isḥâq (9) ajouta : “Ensuite Abû Tâlib composa ces vers :

(Parfait)

‘Par Dieu, ils ne t’atteindront jamais avec toute leur troupe
Avant que je ne sois étendu dans la terre, enfoui.
Poursuis donc ta mission ; rien ne doit t’affecter.
Réjouis-toi et rassure ainsi des yeux qui espèrent en toi.
Tu m’as appelé, et je sais que tu me veux du bien ;
Certes, tu as dit vrai et fus, depuis toujours, un homme sûr.’ (10)”

(1) Ainsi dans la chaîne avec le ṭāʾ avec un nūn, et aussi dans l’original des « Dalāʾil » ; Ibn al-ʿAṭīr dit dans « al-Nihāya » (Kabs/4/143) après le passage du hadith : al-kibs avec un kasra : une petite maison. Il est également rapporté avec un nūn, de « al-kunās », qui est la maison de la gazelle, etc. (2) En marge du hadith : « Faḥaddaq », peut-être s’agit-il d’une lecture par copie. (3) Dans « al-Tārīkh » de al-Bukhārī : « tashʿalū minhā shuʿla », et dans « Dalāʾil » : « tastašʿilū minhā shuʿla ». (4) « al-Tārīkh al-Kabīr » (7/51). (5) « Dalāʾil al-Nubuwwa » (2/186). (6) Dans « Dalāʾil » également (2/187, 188) ce qui va suivre. (7) Dans « Dalāʾil » : ʿUqba, c’est une erreur de lecture. (8) Le récit similaire dans la sīra d’Ibn Hishām (1/266). (9) « Dalāʾil al-Nubuwwa » (2/188) et les vers qui y figurent. (10) Dans « Dalāʾil » : avant Amīn.
عنا. فقال: يا عقيل، انطلقْ فأْتِني بمحمد، فانطلقتُ إليه، فاستخرجته من كِنْس (١) -أو قال خِنْس- يقول: بيت صغير، فجاء به في الظهيرة في شدة الحر، فلما أتاهم قال: إنَّ بني عمِّك هؤلاء زعموا أنك تؤذيهم في ناديهم ومسجدهم، فانْتَهِ عن أذاهم. فحلَّق (٢) رسولُ الله ﷺ ببصره إلى السماء فقال: "ترون هذه الشمس؟ " قالوا: نعم! قال: "فما أنا بأقدر [على] أن أدعَ ذلك منكم على أن تشتعلوا (٣) منها بشعلة" . فقال أبو طالب: والله ما كذب ابنُ أخي قطّ، فارجعوا. رواه البخاري في التاريخ (٤) عن محمد بن العلاء عن يونس بن بكير. ورواه البيهقي (٥) عن الحاكم عن الأصم، عن أحمد بن عبد الجبار عنه به -وهذا لفظه-. ثمّ روى البيهقي (٦) من طريق يونس عن ابن إسحاق، حدّثني يعقوب بن عتبة (٧) بن المغيرة بن الأخنس، أنه حدث أنَّ قريشًا حين قالت لأبي طالب هذه المقالة بعث إلى رسول الله ﷺ فقال له: يا ابن أخي، إنَّ قومك قد جاؤوني وقالوا كذا وكذا، فأبْقِ عليَّ وعلى نفسك، ولا تحمِّلني من الأمر ما لا أُطيق أنا ولا أنت؛ فاكفُفْ عن قومك ما يكرهون من قولك. فظنَّ رسول الله ﷺ أن قد بَدَا لعمِّه فيه، وأنَّه خاذلُه ومُسْلِمُه، وضعُفَ عن القيام معه، فقال رسول الله ﷺ : "يا عمّ، لو وضعتِ الشمسُ في يميني والقمر في يساري ما تركتُ هذا الأمر حتى يُظهرهُ الله أو أهلكَ في طلبه" ثم استعبر رسولُ الله ﷺ فبكى، فلما ولَّى قال له حين رأى ما بلغ الأمْرُ برسول الله ﷺ : يا ابن أخي، فأقبَلَ عليه، فقال: امضِ على أمرك وافْعَلْ ما أحببت، فوالله لا أُسْلِمُك لشيءٍ أبدًا (٨) . قال ابن إسحاق (٩) : ثم قال أبو طالب في ذلك: [من الكامل] واللهِ لنْ يَصِلوا إليكَ بِجَمْعِهم … حتى أُوسَّدَ في الترابِ دَفينا فامضي لأمرِكَ ما عليكَ غضاضةٌ … أبشرْ وقرَّ بذاكَ منكَ عيونا ودعوتَني وعلمتُ أنك ناصحي … فلقدْ صدقتَ وكنتَ قِدْمُ أمينا (١٠)
(١) كذا في ح، ط بالنون، وكذا في أصل الدلائل؛ قال ابن الأثير في النهاية (كبس/ ٤/ ١٤٣) بعد سياق الحديث: الكِبْس بالكسر: بيت صغير. ويروى بالنون، من الكناس، وهو بيت الظبي اهـ. (٢) في هامش ح: فحدّق، لعلها رواية نسخة. (٣) في التاريخ للبخاري: تشعلوا منها شعلة، وفي الدلائل: تستشعلوا منها شعلة. (٤) التاريخ الكبير (٧/ ٥١). (٥) دلائل النبوة (٢/ ١٨٦). (٦) في الدلائل أيضًا (٢/ ١٨٧، ١٨٨) سيأتي. (٧) في الدلائل: عقبة، تصحيف. (٨) الخبر بنحوه في سيرة ابن هشام (١/ ٢٦٦). (٩) دلائل النبوة (٢/ ١٨٨) والأبيات فيه. (١٠) في الدلائل: قبل أمينا.

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