L’idée essentielle est que le Messager de Dieu (ﷺ) ne cessa d’appeler à Dieu – Exalté soit-Il – nuit et jour, en secret et en public, sans qu’aucun obstacle ne le détourne ni qu’aucun opposant ne le fasse renoncer. Il allait à la rencontre des gens dans leurs assemblées, leurs regroupements et leurs lieux de rassemblement, ainsi que lors des saisons et sur les sites du pèlerinage. Il invitait toute personne qu’il croisait — homme libre ou esclave, faible ou fort, riche ou pauvre — considérant (1) qu’ils étaient tous égaux devant la Loi.
Les polythéistes de Quraysh parmi les plus puissants et redoutables se sont acharnés contre lui et contre ceux qui le suivaient, particulièrement les plus humbles, en leur infligeant des nuisances tant verbales (2) que physiques. L’un des plus acharnés fut son oncle Abou Lahab — de son vrai nom ‘Abd al-‘Uzza ibn ‘Abd al-Muttalib — ainsi que sa femme, Oumm Jamîl Arwâ bint Harb ibn Umayya, la sœur d’Abou Soufyân.
Son autre oncle, Abou Tâlib ibn ‘Abd al-Muttalib, refusa de suivre la même voie qu’Abou Lahab. Le Messager de Dieu (ﷺ) était pourtant la créature de Dieu qu’il aimait le plus naturellement, et il restait bienveillant avec lui, prenant sa défense et le protégeant, allant à l’encontre de son propre peuple, alors même qu’il demeurait sur leur religion et partageait (3) leurs croyances. Toutefois, Dieu – Exalté soit-Il – avait éprouvé son cœur en lui inspirant un amour naturel (4) et non un amour dicté par la foi. Le fait qu’Abou Tâlib persevère dans la religion de son peuple relevait de la sagesse de Dieu : dès lors, Abou Tâlib conservait une autorité et une influence auprès des polythéistes de Quraysh, qui le respectaient et le craignaient. Sans cela, ils se seraient hardiment attaqués au Prophète (ﷺ) par leurs mains et leurs langues. Or, ton Seigneur crée ce qu’Il veut et choisit ce qui Lui plaît.
Dieu a ainsi réparti Ses créatures en divers groupes. Les deux oncles, Abou Tâlib et Abou Lahab, étaient des non-croyants, mais, au Jour de la Résurrection, l’un sera dans une couche de feu moins profonde, tandis que l’autre se trouvera au plus bas niveau, dans les profondeurs de l’Enfer. Dieu a fait descendre à son propos une sourate de Son Livre, récitée sur les minbars, lue dans les exhortations et les prêches, annonçant qu’il brûlera dans un feu ardent, tandis que sa femme, porteuse de bois, subira le châtiment avec lui.
L’imam Ahmad (5) rapporta : « Ibrâhîm ibn Abî al-‘Abbâs nous a transmis, ‘Abd al-Rahmân ibn Abî al-Zinâd nous a rapporté, d’après son père, qu’un homme du nom de Rabî‘a ibn ‘Ibâd, de la tribu des Banî al-Dîl (6) — qui vivait avant l’islam puis s’était converti — raconta : “J’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) avant l’islam au marché de Dhû al-Majâz. Il disait : ‘Ô gens, dites : “La ilaha illa Allah” (il n’y a de dieu que Dieu), et vous réussirez.’ Les gens se rassemblaient autour de lui, tandis qu’un homme au teint clair, légèrement louche et portant deux nattes, se tenait derrière lui, disant : ‘C’est un apostat menteur’, le suivant où qu’il aille. J’ai interrogé les gens à propos de cet homme— et ils m’ont parlé de la filiation du Messager de Dieu (ﷺ). Ils m’ont dit : ‘C’est son oncle, Abou Lahab.’” »