Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les gens se retirèrent tous, et je dis – moi qui étais alors le plus jeune en âge, qui avais les yeux les plus faibles, le ventre le plus proéminent et les jambes les plus frêles (1) : « Ô Prophète de Dieu, c’est moi qui serai ton ministre pour cette tâche. » Il me prit alors par le cou et déclara :

« Celui-ci est mon frère, et ainsi de suite ; écoutez-le et obéissez-lui. »

Il rapporta : « Les gens se levèrent en riant et dirent à Abou Tâlib : “Il t’a ordonné d’écouter ton fils et de lui obéir.” »

Ce récit est exclusivement rapporté par ʿAbd al-Ghaffâr ibn al-Qâsim Abou Maryam, qui est un menteur chiite. ʿAlî ibn al-Madînî et d’autres l’ont accusé d’avoir forgé des hadiths, et les spécialistes l’ont jugé faible (2).

Cependant, Ibn Abî Hâtim a rapporté dans son Tafsîr, d’après son père, d’après al-Husayn ibn ʿÎsâ ibn Maysarah al-Hârithî, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿAbd al-Quddûs, d’après al-Aʿmash, d’après al-Minhâl ibn ʿAmr, d’après ʿAbd Allâh ibn al-Hârith, qu’ʿAlî a dit : « Lorsque ce verset fut révélé : “Et avertis tes proches parents” [ash-Shuʿarâ’ : 214], l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) me dit : “Prépare-moi un plat de la viande d’une brebis avec un sâʿ de nourriture et un récipient de lait. Puis convoque pour moi les Banû Hâshim.” » Je les ai donc invités, et ils étaient ce jour-là quarante personnes, ou quarante et un, puis il raconta l’histoire, à peu près comme précédemment, jusqu’à dire : « Et le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) prit les devants dans la parole et dit : “Qui parmi vous s’acquittera de ma dette et sera mon successeur dans ma famille ?” » Il poursuit : « Ils se turent, et al-ʿAbbâs garda le silence craignant que cela n’engloutisse sa fortune. Pour ma part, je me tus également à cause de l’âge d’al-ʿAbbâs. Puis il reposa la question une seconde fois, et al-ʿAbbâs resta silencieux. Lorsque je vis cela, je dis : ‘Moi, ô Messager de Dieu.’ Et lui de demander : ‘Toi ?’ Alors qu’en ce jour-là j’étais le plus mal vêtu : j’avais les yeux faibles, un gros ventre et les jambes frêles. »

Cette chaîne de transmission corrobore le récit précédent, sauf qu’elle ne mentionne pas Ibn ʿAbbâs. Dieu est plus savant.

L’imam Ahmad a également rapporté dans son “Musnad” (4), d’après le hadith de ʿAbbâd ibn ʿAbd Allâh al-Asadî et Rabîʿah ibn Nâjid, un récit similaire à ce qui précède – ou qui en tient lieu de témoin – et Dieu sait mieux (5).

Le sens de sa parole dans ce hadith : « Qui paiera ma dette et sera mon successeur au sein de ma famille ? » renvoie au fait que, s’il venait à mourir – ou craignait d’être tué en portant la prédication aux polythéistes arabes –, il voulut se garantir que quelqu’un s’occuperait de sa famille et s’acquitterait de ses dettes. Or, Dieu l’a préservé de cela dans Sa parole : « Ô Messager, transmets ce qui t’a été révélé de la part de ton Seigneur ; et si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Dieu te protège des gens » (6).

(1) Dans la transmission « H » et « Ṭ » : "et parce que", attesté dans la chronologie de al-Ṭabarī. (2) Mizān al-Iʿtidāl (2/640). (3) Dans la transmission « H » : "ils ont commencé". (4) Musnad Aḥmad (1/111 et 159). (5) Bachār a dit : Les deux hadiths sont faibles, ʿAbbād ibn ʿAbdallāh al-Asadī est faible, et dans le second, Rabīʿah ibn Nājid est inconnu. Seul Abū Ṣādiq al-Azdī a transmis le hadith de lui, et il n'est mentionné parmi les dignes de confiance que par Ibn Ḥibbān et al-ʿAjlī. Al-Dhahabī dit dans le Mizān (2/45) : « Il est à peine connu, et contre lui une information fausse attribuée d’Abū Ṣādiq : 'ʿAlī est mon frère et mon héritier'. » Il ajoute dans Al-Mughni : « Il contient une obscurité ; voir notre livre Taḥrīr al-Taqrīb (1/398). » (6) Le texte entre parenthèses « H » et le verset (67) de la sourate al-Māʾidah ont été omis.
القومُ عنها جميعًا، وقلتُ وإني (١) لأحدَثُهم سنًا وأرْمَصُهم عينًا، وأعظمُهم بطنًا، وأحْمَشُهُمْ ساقًا: أنا يا نبيَّ الله أكونُ وزيرَكَ عليه. فأخَذَ برقبتي فقال: "إنَّ هذا أخي وكذا وكذا، فاسمعوا له وأطيعوا" . قال: فقام القوم يَضْحَكُونَ ويقولونَ لأبي طالب: قد أمرك أن تسمع لابنك وتطيع. تفرَّد به عبدُ الغفَّار بن القاسم أبو مريم، وهو كذَّابٌ شيعي، اتهمه عليُّ بن المَديني وغيرُه بوَضْع الحديث. وضعفه الباقون (٢) . ولكنْ روى ابنُ أبي حاتم في تفسيره عن أبيه، عن الحسين بن عيسى بن ميسرة الحارثي عن عبد الله بن عبد القدُّوس، عن الأعمش، عن المنهال بن عمرو، عن عبد الله بن الحارث، قال: قال علي: لما نزلتْ هذه الآية: ﴿وَأَنْذِرْ عَشِيرَتَكَ الْأَقْرَبِينَ﴾ [الشعراء: ٢١٤] قال لي رسول الله ﷺ : "اصنَعْ لي رِجلَ شاة بِصَاعٍ من طعام، وإناء لبن، وادْعُ لي بني هاشم" . فدعَوْتُهم وإنَّهم يومئذٍ لأربعونَ غيرَ رجلٍ، أو أربعونَ ورجل، فذكر القصة نحو ما تقدَّم، إلى أن قال: وبدرهم (٣) رسولُ الله ﷺ الكلام. فقال: "أيكم يَقْضي عني دَيْني ويكونُ خليفتي في أهلي؟ " قال: فسكتوا وسكتَ العباسُ خشية أنْ يُحيط ذلك بماله، قال: وسكتُّ أنا لسِنِّ العباس. ثم قالها مرَّةً أخرى فسكتَ العباس، فلما رأيتُ ذلك قلت: أنا يا رسول الله، قال: "أنت؟ " قال: وإنِّي يومئذٍ لأسْوَؤهم هيئةً، وإني لأعْمَشُ العينَيْن، ضخْمُ البطن؛ حَمِشُ الساقين. وهذه الطريق فيها شاهدٌ لما تقدَّم، إلا أنه لم يذكرِ ابنَ عباس فيها. فالله أعلم. وقد روى الإمام أحمدُ في "مسنده" (٤) ، من حديث عبَّاد بن عبد الله الأسدي، وربيعة بن ناجذ عن علي نحو ما تقدَّم -أو كالشاهد له- والله أعلم (٥) . ومعنى قوله في هذا الحديث: مَن يقضي عني دَيْني ويكونُ خليفتي في أهلي: يعني إذا متُّ، وكأنه ﷺ خشي إذا قام بإبلاغِ الرسالة إلى مشركي العرب أن يقتلوه، فاستوثق مَنْ يقوم بعدَهُ بما يُصلح أهله، ويقضي عنه؛ وقد أمَّنَهُ الله من ذلك في قوله تعالى: ﴿يَاأَيُّهَا الرَّسُولُ بَلِّغْ مَا أُنْزِلَ إِلَيْكَ مِنْ رَبِّكَ [وَإِنْ لَمْ تَفْعَلْ فَمَا بَلَّغْتَ رِسَالَتَهُ وَاللَّهُ يَعْصِمُكَ مِنَ النَّاسِ﴾] (٦) الآية.
(١) في ح، ط: ولأني، والمثبت من تاريخ الطبري. (٢) ميزان الاعتدال (٢/ ٦٤٠). (٣) في ح: بدأهم. (٤) مسند أحمد (١/ ١١١ و ١٥٩). (٥) قال بشار: كلا الحديثين ضعيف، فعباد بن عبد الله الأسدي ضعيف، وفي الثاني ربيعة بن ناجذ مجهول تفرد بالرواية عنه أبو صادق الأزدي ولم يذكره في الثقات سوى ابن حبان والعجلي، وقال الذهبي في الميزان (٢/ ٤٥): "لا يكاد يعرف، وعنه أبو صادق بخبر منكر فيه: علي أخي ووارثي"، وقال في المغني: فيه جهالة، وينظر كتابنا تحرير التقريب (١/ ٣٩٨). (٦) سقط ما بين المعقوفين من ح والآية (٦٧) من سورة المائدة.

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