Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et ses rideaux. Ils demandèrent : « Qu’a-t-il dit pour vous ? » Elles répondirent : « Il nous a dit une parole qui emplit la bouche. »

Puis le narrateur dit : Le Messager d’Allah (ﷺ) arriva, lui et son compagnon, jusqu’à ce qu’il touche la Pierre noire, fasse le tour de la Kaʿba, puis accomplisse la prière. Je vins alors à lui et fus le premier à le saluer du salut propre aux gens de l’Islam. Il (ﷺ) me dit : « Que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur toi. Qui es-tu ? » Je répondis : « Je suis de la tribu de Ghifâr. » Il tendit alors la main et la posa sur son front. Je pensai en moi-même qu’il avait peut-être ressenti de l’aversion à cause de mon affiliation à Ghifâr. Je voulus prendre sa main, mais son compagnon (1) me repoussa, car il connaissait le Prophète (ﷺ) mieux que moi.

Le Prophète (ﷺ) me demanda : « Depuis quand es-tu ici ? » Je répondis : « Je suis ici depuis trente (jours et nuits). » Il (ﷺ) poursuivit : « Qui te nourrissait ? » Je dis : « Je n’avais pas d’autre provision que l’eau de Zamzam ; j’ai fini par grossir au point que les plis de mon ventre ont craqué, et je n’ai jamais ressenti la moindre faiblesse due à la faim. » Le Messager d’Allah (ﷺ) dit alors : « Elle est bénie, c’est une nourriture nourrissante (2). »

Abou Bakr dit : « Ô Messager d’Allah, permets-moi de lui offrir à manger cette nuit. » Le Prophète (ﷺ) l’y autorisa. Il partit donc avec Abou Bakr et je les suivis. Abou Bakr ouvrit une porte, puis nous servit une poignée de raisins secs de la région de Taïf. Ce fut le premier aliment que je mangeai dans ce lieu, après quoi je restai un certain temps. Le Messager d’Allah (ﷺ) déclara ensuite : « Il m’a été montré une terre plantée de palmiers ; je pense qu’il s’agit de Yathrib. Veux-tu transmettre mon Message à ton peuple ? Peut-être Allah leur accordera-t-Il le bien par ton intermédiaire et te récompensera-t-Il à leur sujet. »

Je partis donc trouver mon frère Unays. Il me demanda : « Qu’as-tu fait ? » Je lui dis : « Je me suis converti à l’Islam et j’ai cru [au Prophète]. » Il répondit : « Je n’ai aucune raison de rejeter ta religion : je me suis moi aussi converti et j’ai cru. » Nous nous rendîmes ensuite auprès de notre mère, qui déclara : « Je n’ai aucune raison de rejeter votre religion : je me suis, moi aussi, convertie et j’ai cru. »

Nous nous mîmes en route jusqu’à ce que nous atteignions notre tribu, Ghifâr. Certains d’entre eux se convertirent avant l’arrivée du Messager d’Allah (ﷺ) à Médine, et ils avaient pour imâm Khuffâf ibn Imâ’ ibn Raḥaḍa (3) al-Ghifârî, qui était leur chef ce jour-là. Le reste de la tribu dit : « Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) arrivera, nous embrasserons l’Islam. » Une fois qu’il (ﷺ) fut venu, ils se convertirent en bloc.

La tribu de Aslam se présenta ensuite en disant : « Ô Messager d’Allah, ce sont nos frères : nous embrassons l’Islam selon ce qu’ils ont embrassé. » Ils se convertirent, et le Messager d’Allah (ﷺ) s’exclama : « Ghifâr, qu’Allah lui pardonne ! Aslam, qu’Allah lui accorde la paix ! »

Ce récit a été rapporté par Mouslim d’après Hudba (4) ibn Khâlid, d’après Soulaymân ibn al-Moughîra, sous une forme proche. L’histoire de sa conversion a aussi été transmise selon un autre récit qui contient des ajouts singuliers. Allah est plus Savant.

Nous avons déjà mentionné la conversion de Salmân al-Fârisî dans la section traitant des annonces de la mission du Prophète (ﷺ) (5).

(1) Dans la version Ṭ : « faqaḍhnī ». Cette lecture est attestée dans Ḥ, le Musnad d'Aḥmad, Ṣaḥīḥ Muslim et al-Nihāya (Qadʿ / 4 / 24). Il signifie : « il m'a enveloppé ». (2) An-Nawawî a dit : cela signifie que le buveur se rassasie comme la nourriture rassasie. Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim (1/30). (3) Dans Ḥ, la version Ṭ : « rukhsah » (permission). Il en va de même dans al-Iṣābah dans la biographie de Khiffāf, et c'est attesté dans le Musnad de l'Imām Aḥmad, Ṣaḥīḥ Muslim et son commentaire par An-Nawawî (1/31). Concernant son orthographe : une alif longue après un hamza initial cassé est la lecture la plus répandue ; le cadi (al-Qāḍī) a aussi rapporté son ouverture, mais il la juge moins probable. Rahḍa comporte un bār (un point en dessous) ; un ḥā’ hémimé (sans point) et un ḍād emphatique aux voyelles ouvertes. L'orthographe est identique chez l'auteur de at-Tāj (Raḥḍ). (4) C'est Huddāb comme dans Ṣaḥīḥ Muslim (2473), dans les vertus des compagnons, chapitre sur les mérites d’Abū Ḍar. Il est aussi appelé Hudbah, comme dans Taqrīb at-Tahḏīb (2/315). (5) Le récit de la conversion de Salmān se trouve à la page 115 et suivantes de cette partie.
وأستارها. قالا: "ما قال لكما؟ " قالتا: قال لنا كلمةً تملأُ الفم. قال: وجاء رسول الله ﷺ هو وصاحبه حتى استلمَ الحجَر، وطاف بالبيت، ثم صلَّى. قال فأتيتُه فكنتُ أوَّلَ من حيَّاهُ بتحيَّةِ أهلِ الإسلام. فقال: "عليك السلامُ ورحمةُ الله من أنت؟ " قال: قلت من غفار، قال: فأهوى بيده فوضعها على جبهته. قال: فقلت في نفسي. كرهَ أنِ انتميتُ إلى غفار. قال: فاردتُ أن آخذَ بيده فقدَعَني (١) صاحبهُ، وكان أعلم به مني، قال: متى كنتَ ها هنا؟ قال: قلت: كنتُ ها هنا منذُ ثلاثين، من بين ليلةٍ ويوم. قال: فمَنْ كان يُطعمك؟ قلت: ما كان لي طعامٌ إلا ماءُ زمزم، فسمنتُ حتى تكسرتْ عُكَنُ بطني، وما وجدتُ على كبدي سَخْفَةَ جُوع. قال: قال رسول الله ﷺ : "إنها مباركة، إنها طعامُ طُعْمٍ (٢) " . قال: فقال أبو بكر: ائذَنْ لي يا رسول اللهِ في طعامِهِ اللَّيلة. قال: ففعل، قال: فانطلق النبيُّ ﷺ [وانطلق أبو بكر] وانطلقتُ معهما حتى فتح أبو بكرٍ بابًا، فجعل يقبضُ لنا من زبيب الطائف، قال: فكان ذلك أولَ طعامٍ أكلتُه بها، فلبثتُ ما لبثت. فقال رسولُ الله ﷺ : "إني قد وُجِّهتُ إلى أرضٍ ذاتِ نَخْل ولا أحْسَبُها إلا يثرب، فهل أنت مبلِّغٌ عني قومكَ لعلَّ اللهَ ينفعُهم بك ويأجُرُكَ فيهم؟ " . قال: فانطلقتُ حتى أتيتُ أخي أُنيسًا. قال: فقال لي: ما صنعت؟ قال: قلتُ: صنعتُ أني أسلمتُ وصدَّقت. قال: فما بي رغبةٌ عن دينك، فإني قد أسلمتُ وصدَّقت. ثم أتينا أُمَّنا فقالت: ما بي رغبةٌ عن دينكما، فإني قد أسلمتُ وصدَّقت، فتحمَّلنا حتى أتينا قومنا غفارًا. قال: فأسلم بعضُهم قبلَ أنْ يقدَمَ رسولُ الله ﷺ المدينة، وكان يؤمُّهُمْ خُفَافُ بن إيماءَ بنِ رَحَضَة (٣) الغفاريّ، وكان سيِّدَهم يومئذ، وقال بقيَّتُهم: إذا قدِم رسولُ الله ﷺ أسلمْنا. قال: فقدِمَ رسولُ الله ﷺ فأسلم بقيَّتُهم. قال: وجاءتْ أسْلَمُ فقالوا: يا رسول الله، إخوانُنا نسلم على الذي أسلموا عليه. [فأسلموا] ، فقال رسولُ الله ﷺ "غِفَارُ غفَرَ اللهُ لها، وأسْلَمُ سالَمَها الله" . ورواه مسلم عن هُدْبَة (٤) بن خالد، عن سليمان بن المغيرة به نحوه. وقد روى قصة إسلامه على وجهٍ آخر وفيه زيادات غريبة. فالله أعلم. وتقدَّم ذِكْرُ إسلام سلمان الفارسي في كتاب البِشَاراتِ بمبعثه (رحمهم الله) (٥) .
(١) في ط: فقذفني. والمثبت من ح ومسند أحمد وصحيح مسلم والنهاية (قدع/ ٤/ ٢٤) وفيه: أي كفَّني. (٢) قال النووي: أي تشبع شاربها كما يشبعه الطعام. شرح صحيح مسلم (١٦/ ٣٠). (٣) وقع في ح، ط: رخصة. وكذا في الإصابة في ترجمة خفاف، والمثبت من مسند الإمام أحمد وصحيح مسلم وشرحة للنووي (١٦/ ٣١) وقال في ضبطه: إيماء ممدود والهمزة في أوله مكسورة على المشهور وحكى القاضي فتحها أيضًا وأشار إلى ترجيحه وليس براجح؛ ورحضة براءٍ وحاءٍ مهملة وضاد معجمة مفتوحات. وكذا ضبطه صاحب التاج (رحض). (٤) هو هدَّاب كما في صحيح مسلم (٢٤٧٣) فضائل الصحابة باب من فضائل أبي ذر. ويقال له: هُدْبَة كما في تقريب التهذيب (٢/ ٣١٥). (٥) وردت قصة إسلام سلمان في (ص ١١٥) وما بعدها من هذا الجزء.

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