Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mention de la conversion à l’Islam de Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib (– qu'Allah soit satisfait de lui –), oncle du Prophète (ﷺ) :

Younus ibn Bukaïr rapporte d’après Muhammad ibn Ishaq (1) : « Un homme parmi ceux qui avaient embrassé l’islam – et qui était avisé – me raconta qu’Abou Jahl s’opposa au Messager de Dieu (ﷺ) près de Ṣafâ, lui fit du tort et l’injuria, formulant contre son culte des reproches qu’il détestait. Cette affaire fut rapportée à Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib, qui se dirigea aussitôt vers Abou Jahl. Arrivé à sa hauteur, il leva son arc et l’en frappa d’un coup si violent qu’il lui infligea une grave blessure. Des hommes de Quraysh appartenant aux Banû Makhzûm se levèrent pour soutenir Abou Jahl contre Hamza et dirent : “Hamza, nous voyons bien que tu as changé de religion !” »

Hamza répondit : « Et qui m’en empêcherait, alors qu’il m’est devenu manifeste qu’il est bien le Messager de Dieu (ﷺ) (2), et que ce qu’il dit est la vérité ? Par Dieu, je ne reviendrai pas en arrière ; empêchez-moi donc, si vous êtes sincères. » Abou Jahl s’exclama alors : « Laissez donc Abou ‘Umâra, car par Dieu, j’ai insulté son neveu d’une façon ignoble. » Et lorsque Hamza se convertit, les Qurayshites comprirent que le Messager de Dieu (ﷺ) avait désormais acquis puissance et protection. Ils cessèrent dès lors de l’atteindre comme ils le faisaient. À cette occasion, Hamza composa des vers de poésie (3).

Ibn Ishaq (4) rapporte : « Hamza rentra chez lui, puis le diable vint à lui et lui dit : “Toi, le notable de Quraysh, tu suis ce renégat et délaisses la religion de tes pères ? Mourir serait préférable pour toi à ce que tu viens de faire.” Hamza en fut vivement troublé et se demanda : “Qu’ai-je fait ? Ô Dieu, si c’est la bonne voie, affermis-la en mon cœur ; sinon, accorde-moi une porte de sortie à la situation dans laquelle je me suis mis.” Il passa la nuit entière en proie aux insinuations du diable, comme jamais auparavant, jusqu’au matin.

Au lever du jour, il alla trouver le Messager de Dieu (ﷺ) et lui dit : “Ô fils de mon frère, je me suis engagé dans une affaire dont j’ignore l’issue. Est-ce la rectitude ou une grave erreur ? Instruis-moi donc de tes enseignements, car j’ai un grand désir, ô fils de mon frère, que tu m’en parles.” Alors, le Messager de Dieu (ﷺ) lui parla, l’exhorta, l’avertit et l’encouragea, si bien que Dieu fit pénétrer la foi dans son cœur à l’écoute des paroles du Prophète (ﷺ). Hamza dit alors : “Je témoigne de ta véracité avec une sincérité absolue. Ô fils de mon frère, rends ta religion publique, car par Dieu, je ne souhaiterais pas posséder tout ce que le ciel recouvre si je devais rester sur mon ancienne croyance.” Ainsi Hamza fut-il l’un de ceux par qui Dieu renforça la religion. »

C’est également de cette manière que l’a rapporté Al-Bayhaqî (5), depuis Al-Hâkim, qui le tenait de Al-Aṣamm, d’Ahmad ibn ‘Abd al-Jabbâr, et de Younus ibn Bukaïr.

(1) La Sīra d’Ibn Isḥāq (p. 171) et la Sīra d’Ibn Hichām (tome 1, p. 291), avec sa citation d’Ibn Isḥāq par al-Bayhaqī dans al-Dalāʾil (tome 2, p. 213) de manière abrégée ; Ibn Kathīr le retranscrit ici d’après al-Bayhaqī, comme cela sera indiqué plus loin. (2) Dans la Sīra d’Ibn Isḥāq et al-Dalāʾil : « Je témoigne… » (3) Ibn Isḥāq mentionne dans la Sīra (p. 173) et al-Suhailī dans al-Rawḍ (tome 2, pp. 49-50) les versets attribués à Ḥamza (que la paix soit sur lui). (4) Sīra d’Ibn Isḥāq (p. 172). (5) Dans al-Dalāʾil (tome 2, pp. 213-214).
ذكر إسلام حمزة بن عبد المطلب (رضي الله عنه) عمِّ النبيِّ ﷺ - قال يونس بن بُكير عن محمد بن إسحاق (١) : حدّثني رجلٌ ممن أسلم -وكان واعية- أنَّ أبا جهل اعترض رسولَ الله ﷺ عند الصفا، فآذاه وشتمه ونال منه ما يكرهُ من العَيْب لدينه، فذُكر ذلك لحمزة بن عبد المطلب، فأقبل نحوه، حتى إذا قام على رأسه رفع القوس، فضربه بها ضربةً شجَّه منها شَجَّةً مُنْكَرةً، وقامت رجالٌ من قريش من بني مَخْزوم إلى حمزة لينصُروا أبا جهلٍ منه، وقالوا: ما نراك يا حمزة إلا قد صبَوْت؟ قال حمزة: ومَنْ يمنعني وقد استبانَ لي منه ما أشهد (٢) أنَّه رسولُ الله ﷺ وأنَّ الذي يقولُ حقّ، فوالله لا أنزعُ، فامنعوني إنْ كنتُم صادقين. فقال أبو جهل: دعوا أبا عُمارة، فإني والله لقد سببتُ ابنَ أخيه سبًّا قبيحًا. فلما أسلم حمزة عرفتْ قريشٌ أنَّ رسولَ الله ﷺ قد عزَّ وامتنع، فكفُّوا عما كانوا يتناولون منه. وقال حمزة في ذلك شعرًا (٣) . قال ابن إسحاق (٤) : ثم رجع حمزةُ إلى بيته، فأتاهُ الشيطانُ فقال: أنت سيِّدُ قريش أتَّبعْتَ هذا الصابئ وتركتَ دينَ آبائك، للْمَوْتُ خيرٌ لك مما صنعت. فأقبل على حمزةَ بَثُّهُ وقال: ما صنعت؟ اللهمَّ إنْ كان رُشْدًا فاجعلْ تصديقَهُ في قلبي، وإلا فاجعل لي مما وقعتُ فيه مَخْرَجًا. فباتَ بليلةٍ لم يبتْ بمثلها من وسوسة الشيطان حتى أصبح، فغدا على رسولِ الله ﷺ فقال: يا ابن أخي إني قد وقعتُ في أمرٍ ولا أعرف المخرجَ منه، وإقامةُ مثلي على ما لا أدري ما هو، أرُشْدٌ أم هو غَيٌّ شديد؟ فحدِّثْني حديثًا فقد اشتهيتُ يا ابن أخي أنْ تحدِّثَني، فأقبل رسولُ الله ﷺ فذكرَهُ ووعَظَهُ، وخوَّفه وبشَّره، فألْقَى الله في قلبهِ الإيمان بما قال رسولُ الله ﷺ . فقال: أشهد أنك الصادقُ شهادةَ الصِّدْق، فأظْهِرْ يا ابن أخي دينَك، فوالله ما أُحبُّ أن لي ما أظلَّته السماء، وأني على دينيَ الأول. فكان حمزةُ ممن أعزَّ الله به الدين. وهكذا رواهُ البيهقيُّ (٥) عن الحاكم، عن الأصم، عن أحمد بن عبد الجبَّار، عن يونس بن بُكير به.
(١) سيرة ابن إسحاق (ص ١٧١) وسيرة ابن هشام (١/ ٢٩١)، ونقله عن ابن إسحاق البيهقي في الدلائل (٢/ ٢١٣) باختصار وابن كثير هنا ينقله عن البيهقي كما سيأتي. (٢) في سيرة ابن إسحاق والدلائل: أنا أشهد … (٣) ذكر ابن إسحاق في السيرة (ص ١٧٣) والسهيلي في الروض (٢/ ٤٩ و ٥٠) الأبيات المعزوَّة إلى حمزة ﵁ . (٤) سيرة ابن إسحاق (ص ١٧٢). (٥) في الدلائل (٢/ ٢١٣، ٢١٤).

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