Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’ai dit : « Quel bel enseignement t’a été révélé ! Qui t’accompagne donc dans cette voie ? » Il répondit : « Un homme libre et un esclave » – entendant par là Abou Bakr et Bilâl. [On rapporte qu’Amr disait alors : « Je m’imaginais être le quart de l’islam. »]

(1) Il déclara alors : « Je me suis converti. » Je dis : « Puis-je dès lors te suivre, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « Non. Retourne plutôt auprès des tiens. Lorsque tu apprendras que je suis sorti (en mission), rejoins-moi. »

On dit également que le sens de son propos (– paix sur lui –) « un homme libre et un esclave » est un terme générique. Interpréter cela strictement comme se référant à Abou Bakr et Bilâl suscite des réserves : en effet, plusieurs personnes avaient déjà embrassé l’islam avant ‘Amr ibn ‘Abasa, et Zayd ibn Hâritha s’était même converti avant Bilâl. Peut-être ‘Amr informait-il qu’il représentait « le quart de l’islam » selon sa connaissance, car, à cette époque, les musulmans dissimulaient leur foi. Peu de leurs proches, sans parler des étrangers ou des Bédouins du désert, étaient alors au fait de leur affaire. Et Dieu sait mieux.

Dans le Ṣaḥīḥ d’Al-Bukhârî (3), par la voie d’Abû Usâma, d’après Hâshim ibn Hâshim, d’après Sa‘îd ibn Al-Musayyib, celui-ci dit : « J’ai entendu Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ déclarer : “Personne ne s’est converti le même jour que moi ; pourtant, j’ai passé sept jours en étant le tiers de l’islam.” » Quant à sa parole : « Personne ne s’est converti le jour où je me suis converti », elle est compréhensible. Une autre version dit : « Sauf le jour où je me suis converti », ce qui est problématique, car cela impliquerait que personne ne l’aurait précédé dans l’islam. Or, on sait qu’Abou Bakr As-Siddîq, ‘Alî, Khadîja et Zayd ibn Hâritha avaient embrassé l’islam avant lui, ainsi que l’ont rapporté plusieurs auteurs, dont Ibn Al-Athîr, qui ont évoqué un consensus sur le fait que ces personnes-là s’étaient converties plus tôt. De plus, Abou Ḥanîfa (– qu'Allah soit satisfait de lui –) a formulé clairement que chacun d’entre eux s’était converti avant ceux de sa catégorie. Dieu est plus savant.

Pour ce qui est de sa parole : « J’ai passé sept jours en étant le tiers de l’islam », elle demeure également problématique, et je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, si ce n’est qu’il parlait selon ce dont il avait connaissance. Dieu sait mieux.

Abou Dâwud Aṭ-Ṭayâlisî (4) rapporte : « Ḥammâd ibn Salama nous a transmis, d’après ‘Âṣim, d’après Zir, d’après ‘Abd Allâh – c’est-à-dire Ibn Mas‘ûd – qui dit : “J’étais alors un jeune garçon, je faisais paître des moutons pour ‘Uqba ibn Abî Mu‘ayṭ à La Mecque. Le Messager de Dieu (ﷺ) et Abou Bakr passèrent par là, après avoir fui les polythéistes. Il (ou ils) me dit (dirent) : ‘As-tu, ô garçon, un peu de lait pour que nous puissions boire ?’ Je répondis : ‘Je suis chargé de cette tâche et ne puis vous en donner.’ Il demanda : ‘As-tu une jeune chèvre (5) qui n’a pas encore été saillie par le bouc ?’ Je répondis : ‘Oui.’ Je la leur apportai, et Abou Bakr l’attacha. Le Messager de Dieu (ﷺ) saisit alors son pis et invoqua (Dieu), si bien qu’il se remplit de lait. Abou Bakr se procura une pierre creuse (6) et le Prophète trait le lait dedans. Puis il but, Abou Bakr but à son tour, et il me fit ensuite boire. Enfin, il s’adressa au pis de la chèvre : ‘Rétrécis.’ Et le pis redevint comme avant. Par la suite…” »

(1) Le caractère entre parenthèses « ح » a été omis. Il est mentionné dans al-Nihāya (4/2/186) : « Dans le ḥadīth d'Amr ibn ʿAbsa : En vérité, je me suis vu comme étant un quart de l'islam. C’est-à-dire le quatrième parmi les gens de l'islam ; trois me précédaient et j’étais le quatrième d’entre eux. » (2) Dans Ṭ, il est indiqué que les croyants à cette époque agissaient avec discrétion. Ce qui est confirmé par ḥ. (3) Dans Fath al-Bārī (3858), au chapitre des mérites des Anṣâr, est relaté l'islam de Saʿd ibn Abī Waqqāṣ. (4) Dans son Musnad (353). (5) Le « jadhʿa » désigne un mouton : un jeune mâle ayant atteint environ un an. Al-Nihāya (1/250/jadhʿ). (6) Dans Ṭ il est « mutqaʿarra », alors que la lecture confirmée est celle de ḥ ainsi que dans le Musnad al-Ṭiyālasī et le Musnad Aḥmad. Dans une transmission d'Aḥmad, on trouve « manqūra ».
قلت: نِعْمَ ما أرسلكَ به! فمن معك على هذا؟ قال: حُرٌّ وعَبْد -يعني أبا بكر وبلالًا- [قال: فكان عَمْرٌو يقول: لقد رأيتُني وأنا رُبُعُ الإسلام] (١) قال: فأسلمت، قلت: فأتبعُكَ يا رسول الله؟ قال: "لا، ولكنِ الْحَقْ بقومك، فإذا أُخبرتَ أنِّي قد خرجتُ فاتبعْني" . ويقال: إنَّ معنى قوله (عليه السلام) "حُرٌّ وعبد" اسم جنس، وتفسير ذلك بأبي بكرٍ وبلال فقط فيه نظر، فإنه قد كان جماعةٌ قد أسلموا قبل عمرو بن عَبَسة، وقد كان زيدُ بن حارثة أسلم قبل بلال أيضًا، فلعلَّه أخبر أنه رُبُع الإسلام بحسَبِ علمه، فإنَّ المسلين كانوا إذ ذاك يستترون (٢) بإسلامهم، لا يطَّلع على أمرهم كثيرُ أحدٍ من قراباتهم، دع الأجانب، دعْ أهل البادية من الأعراب والله أعلم. وفي صحيح البخاري (٣) من طريق أبي أسامة عن هاشم بن هاشم، عن سعيد بن المُسَيِّب قال: سمعتُ سعدَ بن أبي وقَّاصٍ يقول: ما أسلم أحدٌ في اليوم الذي أسلمتُ فيه، ولقد مكثتُ سبعةَ أيام، وإني لَثُلُثُ الإسلام. أمَّا قول: ما أسلم أحدٌ في اليوم الذي أسلمتُ فيه فسهل، ويُروى إلا في اليوم الذي أسلمتُ فيه، وهو مشكل، إذ يقتضي أنه لم يسبقْهُ أحدٌ بالإسلام. وقد علم أنَّ الصدِّيق وعليًا وخديجة وزيدَ بنَ حارثةَ أسلموا قبله، كما قد حَكَى الإجماعَ على تقدُّم إسلام هؤلاء غَيْرُ واحد، منهم ابنُ الأثير. ونص أبو حنيفةَ (رضي الله عنه) على أنَّ كلًّا من هؤلاء أسلم قبل أبناءِ جنسه. والله أعلم. وأما قولُه: ولقد مكثتُ سبعة أيام وإنِّي لَثُلُث الإسلام، فمشكل، وما أدري على ماذا يُوضع عليه إلا أن يكونَ أخبر بحسَب ما عَلِمه، والله أعلم. وقال أبو داود الطيالسيّ (٤) : حدّثنا حماد بن سلمة، عن عاصم، عن زِرّ، عن عبد الله -وهو ابنُ مسعود- قال: كنتُ غلامًا يافعًا أرعى غنمًا لعقبةَ بن أبي مُعيط بمكة. فأتى عليَّ رسولُ الله ﷺ وأبو بكر -وقد فرَّا من المشركين- فقال -أو فقالا-: "عندك يا غلام لبنٌ تسقينا؟ " قلت: إني مؤتمَن، ولستُ بساقيكما. فقال: "هل عندك من جَذَعَةٍ (٥) لم يَنْزُ عليها الفحلُ بعد؟ قلت: نعم. فأتيتُهما بها، فاعتقلها أبو بكر، وأخذ رسولُ الله ﷺ الضَّرْعَ ودعا، فَحفِلَ الضَّرْع، وأتاه أبو بكر بصخرةٍ مُنْقَعِرَة (٦) ، فحَلَبَ فيها ثم شرب هو وأبو بكر، ثم سَقَياني، ثم قال للضرع: " اقْلِصْ" فَقَلَص، فلما كان بعدُ،
(١) سقط ما بين المعقوفين من ح، وجاء في النهاية (ربع /٢/ ١٨٦): وفي حديث عمرو بن عبسة: لقد رأيتني وإني لرُبُع الإسلام. أي رابع أهل الإسلام، تقدمني ثلاثة وكنت رابعهم. (٢) في ط فإن المؤمنين كانوا إذ ذاك يستسرون. والمثبت من ح. (٣) فتح الباري (٣٨٥٨) مناقب الأنصار باب إسلام سعد بن أبي وقاص. (٤) في مسنده (٣٥٣). (٥) الجذعة من الضأن: الفتية التي تمَّ لها سنة أو نحوها. النهاية (١/ ٢٥٠/ جذع). (٦) في ط: متقعرة، والمثبت من ح ومسند الطيالسي ومسند أحمد. وفي رواية عند أحمد منقورة.

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