Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Bakr… Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) invoqua en faveur de ‘Oumar ibn al-Khattab – ou d’Abou Jahl ibn Hicham – et voici que ‘Oumar se leva au matin. L’invocation eut lieu le mercredi, et ‘Oumar se convertit à l’Islam le jeudi. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et les membres de sa famille proclamèrent alors un grand takbîr (Allâhu Akbar) qui résonna jusqu’aux hauteurs de La Mecque. Abou al-Arqam – un homme aveugle, encore mécréant – sortit en disant : « Ô Dieu, pardonne aux Banî ‘Abd al-Arqam, car il a mécru. »

‘Oumar se leva alors et dit : « Ô Messager de Dieu, pourquoi dissimulerions-nous notre religion alors que nous sommes dans la vérité, tandis qu’eux manifestent la leur alors qu’ils sont dans l’erreur ? » Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) répondit : « Ô ‘Oumar, nous sommes (encore) peu nombreux, tu as vu ce que nous avons enduré. » ‘Oumar déclara : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, il n’y aura pas une seule assemblée à laquelle j’ai participé dans la mécréance sans que désormais j’y proclame la foi. » Il sortit alors, fit la circumambulation (tawâf) autour de la Ka‘ba, puis passa devant les Quraysh qui l’attendaient. Abou Jahl ibn Hicham dit : « Untel prétend que tu as renié (ta religion) ? » ‘Oumar répondit : « Je témoigne qu’il n’est de dieu qu’Allâh, Seul sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. » Les polythéistes se ruèrent alors sur lui, mais ‘Oumar surgit contre ‘Utba, le plaqua au sol et se mit à le frapper, jusqu’à lui enfoncer ses doigts dans les yeux, et ‘Utba se mit à hurler. La foule se dispersa, ‘Oumar se releva et plus personne n’osait approcher sans que ‘Oumar ne s’en prenne à tout notable qui s’avançait, mettant tout le monde en échec. Puis il se rendit dans les assemblées où il avait auparavant siégé en état de mécréance, pour y afficher sa foi.

Ensuite, il retourna auprès du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) en triomphant. Il dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Par Dieu, pas une seule assemblée où je siégeais dans la mécréance n’a été épargnée : j’y ai proclamé ma foi, sans crainte ni appréhension. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) sortit alors, précédé par ‘Oumar, et accompagné également de Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib, jusqu’à ce qu’ils accomplissent la circumambulation autour de la Ka‘ba et prient la prière de midi en étant croyants. Ils rentrèrent ensuite à la demeure d’al-Arqam en compagnie de ‘Oumar, puis ‘Oumar s’en alla seul [pour prier], avant de revenir vers le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui).

Pourtant, l’opinion la plus correcte est que ‘Oumar ne se convertit qu’après le départ des émigrés vers la terre d’Abyssinie, c’est-à-dire la sixième année de la mission prophétique, comme cela sera détaillé à l’endroit adéquat, si Dieu le veut. Nous avons déjà exposé en détail la façon dont Abou Bakr et ‘Oumar (qu’Allâh les agrée) embrassèrent l’Islam, dans leur biographie respective, et nous y avons amplement développé le sujet ; louange à Dieu.

Il est rapporté dans le Sahîh de Mouslim – selon le hadith d’Abou Umâma, d’après ‘Amr ibn ‘Abasa as-Soulami (qu’Allâh l’agrée) – qu’il a dit : « Je me rendis auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) au début de sa mission, alors qu’il était encore à La Mecque, et qu’il se cachait. Je lui dis : “Qui es-tu ?” Il répondit : “Je suis un Prophète.” Je demandai : “Qu’est-ce qu’un Prophète ?” Il dit : “Un Envoyé de Dieu.” Je poursuivis : “Dieu t’a envoyé ?” Il répondit : “Oui.” Je repris : “Pour quelle mission ?” Il dit : “Pour que tu adores Dieu Seul [sans associé], que tu brises les idoles et que tu maintiennes les liens de parenté.” »

(1) Concernant les vertus d'al-Ṣiddīq : « et Abū Jahl » sans hamza. (2) Dans le ḥadīth : « ghayr ». Dans la version (ṭ) : « ʿUbayd », et c’est ce qui est confirmé dans les vertus d’al-Ṣiddīq. (3) Dans la version (ṭ) : « bi-sharīf » de la part de quelqu’un qui s’en est approché. Ce qui est confirmé, c’est la version (ḥ) et les vertus d’al-Ṣiddīq. (4) Dans les vertus d’al-Ṣiddīq : « Mā ʿallamtuka » (je ne t’ai pas appris). (5) Dans les vertus d’al-Ṣiddīq : « muʿlinan » (à voix haute) qui est plus proche. (6) Ṣaḥīḥ Muslim (832) - La prière des voyageurs, chapitre de l’islam de ʿAmr ibn ʿAbsa, avec des expressions similaires. (7) Ainsi dans les versions ḥ et ṭ ; la bonne lecture est : « mustakhiff » (qui se cache). Dans Ṣaḥīḥ Muslim : « Fa-idhā Rasūl Allāh ﷺ mustakhifān » (puis le Messager d’Allah ﷺ se cachait). (8) Ce qui est entre crochets a été omis dans la version ḥ. (9) Ainsi dans les versions ḥ et ṭ ; la bonne lecture est « wa taṣil » (et il rapproche). Dans Ṣaḥīḥ Muslim : « arsalnī bi-ṣilati al-arḥām » (il m’a envoyé en maintenant les liens du sang).
أبو بكر، فدعا رسولُ الله ﷺ لعمر بن الخطاب -أو (١) لأبي جهل بن هشام- فأصبح عمر وكانتِ الدعوةُ يوم الأربعاء، فأسلم عمر يوم الخميس، فكبَّرَ رسولُ الله ﷺ وأهلُ البيت تكبيرةً سُمعت بأعلى مكة، وخرج أبو الأرقم -وهو أعمى كافر- وهو يقول: اللهمَّ اغفرْ لبني عبد (٢) الأرقم فإنَّه كفر. فقام عمر فقال: يا رسول الله، على ما نُخفي دينَنا ونحن على الحق، ويَظْهر دينُهم وهم على الباطل؟ قال: "يا عمر إنَّا قليل قد رأيتَ ما لَقينا" فقال عمر: فوالذي بعثك بالحق، لا يبقى مجلسٌ جلستُ فيه بالكفر إلا أظهرتُ فيه الإيمان، ثمّ خرج، فطاف بالبيت، ثمّ مرَّ بقريش وهي تنتظره، فقال أبو جهل بن هشام: يزعم فلان أنك صبَوْت؟ فقال عمر: أشهدُ أنْ لا إله إلا الله وحده لا شريك له وأنَّ محمدًا عبدُه ورسوله. فوثب المشركون إليه، ووثب على عتبة فبرك عليه وجعل يضربه، وأدخل أصبعَيْه في عينيه، فجعل عتبة يصيح، فتنحَّى الناس، فقام عمر، فجعل لا يدنو منه أحد إلا أخذ شريف من دنا (٣) منه، حتى أعجز الناس. واتبع المجالس التي كان يجالس فيها فيُظهِرُ الإيمان، ثمّ انصرف إلى النبيِّ ﷺ وهو ظاهرٌ عليهم فقال: ما عليك (٤) بأبي وأمي، والله ما بقي مجلسٌ كنتُ أجلسُ فيه بالكفر إلا أظهرتُ فيه الإيمان غير هائب ولا خائف، فخرج رسولُ الله ﷺ وخرج عمرُ أمامه، وحمزةُ بن عبد المطلب حتى طاف بالبيت وصلَّى الظُّهْر مؤمنًا (٥) ، ثم انصرف إلى دار الأرقم ومعه عمر، ثم انصرف عمر وحده [فصلَّى] ، ثم انصرف إلى النبيِّ ﷺ . والصحيح أنَّ عمر إنما أسلم بعد خروج المهاجرين إلى أرض الحبشة، وذلك في السنة السادسة من البعثة كما سيأتي في موضعه إنْ شاء الله. وقد استقصَيْنا كيفية إسلام أبي بكرٍ وعمر (رضي الله عنه) في كتاب سيرتهما على انفرادِها، وبسطنا القول هنالك ولله الحمد. وثبت في صحيح مسلم (٦) من حديث أبي أمامة، عن عمرو بنِ عَبَسَةَ السُّلَميِّ (رضي الله عنه) قال: أتيتُ رسولَ الله ﷺ في أوَّلِ ما بُعث وهو بمكة، وهو حينئذٍ مُستخفي (٧) ، فقلت: ما أنت؟ قال: "أنا نبيّ" فقلت: وما النبيّ؟ قال: "رسولُ الله" قلت: الله أرسلك؟ قال: "نعم" . قلت: بما أرسلك؟ قال: "بأن تعبدَ الله وحده [وحده لا شريك له] (٨) وتكسر الأصنام، وتوصل (٩) الأرحام" قال
(١) في فضائل الصديق: ولأبي جهل من غير همزة. (٢) في ح: غير. وفي ط: عبيد، والمثبت من فضائل الصديق. (٣) في ط: بشريف ممن دنا منه. والمثبت من ح وفضائل الصديق. (٤) في فضائل الصديق: ما علمتك. (٥) في فضائل الصديق: معلنًا وهو أشبه. (٦) صحيح مسلم (٨٣٢) صلاة المسافرين باب إسلام عمرو بن عبسة بألفاظ مقاربة. (٧) كذا في ح، ط والوجه: مستخف، وفي صحيح مسلم: "فإذا رسول الله ﷺ مستخفيًا". (٨) سقط ما بين المعقوفين من ح. (٩) كذا في ح، ط: والوجه: وتصل. وفي صحيح مسلم: أرسلني بصلة الأرحام.

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