Il vécut de manière louable, obéissant à l’ordre de Dieu et suivant sans dévier le commandement de son compagnon disparu. (1)
Abou Bakr ibn Abî Shaybah (2) le rapporta en ces termes : « Un de nos maîtres nous a transmis, d’après Mujâlid, d’après ‘Âmir, lequel a dit : “J’ai interrogé Ibn ‘Abbâs – ou bien on a interrogé Ibn ‘Abbâs – : ‘Qui fut la première personne à embrasser l’Islam ?’ Il répondit : ‘N’as-tu pas entendu la parole de Hassân ibn Thâbit ?’” Puis il la mentionna. » Ainsi le narra également al-Haytham ibn ‘Adî, d’après Mujâlid, d’après ‘Âmir al-Sha‘bî : « J’ai interrogé Ibn ‘Abbâs, puis il l’évoqua. »
Abou al-Qâsim al-Baghawî (3) a dit : « Suraïj ibn Younus m’a rapporté : Yûsuf ibn al-Mâjchûn (4) nous a transmis : “J’ai côtoyé nos maîtres, parmi lesquels figuraient Mouḥammad ibn al-Munkadir, Rabî‘a ibn Abî ‘Abd al-Raḥmân, Ṣâliḥ ibn Kaysân et ‘Othmân ibn Mouḥammad ; aucun d’entre eux ne doutait que le premier d’entre eux à s’être converti fût Abou Bakr al-Ṣiddîq – que Dieu l’agrée.” »
J’ajoute que c’est aussi l’avis d’Ibrâhîm al-Nakha‘î, de Mouḥammad ibn Sîrîn et de Sa‘d ibn Ibrâhîm ; voilà ce qui est le plus connu auprès de la majorité des gens de la Sunna. Ibn ‘Asâkir (5) rapporte, quant à lui, d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ et Mouḥammad ibn al-Ḥanafiyya, qu’ils ont dit : « Il ne fut pas le premier à embrasser l’Islam, mais il en fut le meilleur. » Sa‘d ajouta : « Cinq personnes ont cru avant lui. »
Dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî (6), selon un ḥadith de Hammâm ibn al-Ḥârith, d’après ‘Ammâr ibn Yâsir, on lit : « J’ai vu le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) alors qu’il n’y avait avec lui que cinq serviteurs, deux femmes et Abou Bakr. » L’imâm Aḥmad (7) et Ibn Mâjah (8) rapportent, d’après ‘Âṣim ibn Abî al-Najûd, d’après Zirr, d’après Ibn Mas‘oûd, qu’il a dit : « Les premiers à avoir manifesté l’Islam furent sept : le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut), Abou Bakr, ‘Ammâr, sa mère Soumayya, Ṣouhayb, Bilâl et al-Miqdâd. Quant au Messager de Dieu, Dieu le protégea par son oncle ; Abou Bakr fut préservé par les siens. Pour les autres, les polythéistes s’en saisirent, leur firent revêtir des cuirasses de fer et les exposèrent au soleil brûlant. Aucun ne put échapper à ce qu’ils exigeaient, hormis Bilâl, qui s’offrit corps et âme à Dieu et devint insignifiant aux yeux de son peuple. Ils le prirent, puis le livrèrent à des enfants qui le promenèrent dans les vallées de La Mecque, tandis qu’il répétait : “L’Unique, l’Unique !”. » C’est ainsi que Sufyân al-Thawrî l’a aussi rapporté, d’après Manṣoûr, d’après Moujâhid, sous forme de récit mursal.