Ibn Ishaq (1) a rapporté : « Muhammad ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Abd Allâh ibn al-Husayn at-Tamîmî m’a informé que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) a dit : “Je n’ai jamais appelé quelqu’un à l’islam sans qu’il ne trébuche, qu’il ne tergiverse ou qu’il n’examine la question, hormis Abû Bakr : dès que je le lui ai mentionné, il n’a jamais temporisé, ni hésité.” »
Le terme ‘akama signifie “il a tardé” (2).
C’est ce qu’a souligné Ibn Ishaq lorsqu’il dit : « Il n’a ni approuvé ni rejeté ». En effet, Ibn Ishaq et d’autres ont mentionné qu’il était déjà le compagnon du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) avant la mission prophétique et qu’il connaissait sa sincérité, sa probité, la noblesse de ses qualités ainsi que la vertu de ses mœurs, de sorte qu’il ne pouvait imaginer qu’il mente aux hommes. Comment alors aurait-il pu mentir au sujet de Dieu ? Aussi, dès que le Prophète lui annonça que Dieu l’avait envoyé, il s’empressa de le croire, sans bafouiller ni s’attarder. Nous avons relaté la manière dont il embrassa l’islam dans l’ouvrage que nous avons consacré à sa biographie, où nous avons également (3) exposé ses mérites et ses traits de caractère, avant de poursuivre par la biographie d’al-Fârûq. Nous y avons recensé les hadiths que chacun d’eux a transmis du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), ainsi que les traditions, jugements et avis juridiques relatés d’eux, et l’ensemble a constitué trois volumes. Louange et grâce à Dieu.
Il est rapporté dans le Sahîh d’al-Bukhârî (4), d’après Abû ad-Dardâ’, au sujet du différend qui survint entre Abû Bakr et ‘Umar (que Dieu soit satisfait d’eux), que le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) dit : « Dieu m’a envoyé à vous, et vous avez dit : “Tu mens !”, tandis qu’Abû Bakr disait : “Tu dis vrai.” Il m’a soutenu de sa personne et de sa fortune ; ne me laisserez-vous donc pas en paix avec mon compagnon ? » Après cela, plus personne ne l’embêta.
Ce hadith équivaut à un texte prouvant de manière explicite qu’il (Abû Bakr, que Dieu soit satisfait de lui) a été le premier à se convertir à l’islam.
At-Tirmidhî et Ibn Hibbân (6) ont également rapporté ce hadith par l’intermédiaire de Shu‘ba, d’après Sa‘îd al-Jurayrî, d’après Abû Nadra, d’après