Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le h afiz Abû Nu‘aym (1) a rapporté : « Sulaymân ibn A hmad, autrement dit aṭ-Ṭabarânî, nous a relaté : ‘Abd Allâh ibn Mu hammad ibn Sa‘îd ibn Abî Maryam nous a relaté : Mu hammad ibn Yûsuf al-Firyâbî nous a relaté : Isrâ’îl, d’après Abû Is hâq, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit :

“Les djinns avaient coutume de s’élever jusqu’au ciel pour écouter la Révélation. Lorsqu’ils entendaient un mot (de la révélation), ils y ajoutaient neuf (mensonges). La parole saisie pouvait être vraie, mais ce qu’ils y rajoutaient était faux. Quand le Prophète (ﷺ) fut envoyé, on leur interdit l’accès à leurs places habituelles (d’écoute). Ils en informèrent alors Iblîs. Auparavant, on ne lançait pas d’étoiles filantes (projectiles célestes) contre eux. Iblîs leur dit : ‘C’est qu’il s’est produit un événement sur la terre.’ Il envoya alors ses troupes pour enquêter. Elles trouvèrent le Messager de Dieu (ﷺ) debout à prier entre deux montagnes. Elles revinrent informer Iblîs, qui déclara alors : ‘Voilà l’événement qui s’est produit sur la terre.’”

Abû ‘Awânah, d’après Abû Bishr, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, rapporte aussi qu’Ibn ‘Abbâs a dit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) et ses compagnons se dirigèrent vers le marché de ‘Ukâ z. Entre-temps, les démons furent empêchés d’accéder aux nouvelles du ciel et on leur lança des météores. Ils regagnèrent leur peuple, qui leur demanda : ‘Qu’avez-vous ?’ Ils répondirent : ‘On nous a privés de l’écoute des nouvelles du ciel et des météores ont été lancés contre nous.’ Ils dirent alors : ‘Cela ne peut être dû qu’à un événement survenu (quelque part). Partez donc, sillonnez l’Orient et l’Occident
[et voyez quel est cet événement qui nous empêche d’accéder aux nouvelles du ciel].’”

Ils partirent donc en quête et un groupe d’entre eux prit la route de Tihâmah, près de Nakhl (3), en direction du marché de ‘Ukâ z. Le Prophète (ﷺ) était en train d’accomplir la prière de l’aube avec ses compagnons. Dès qu’ils entendirent le Coran, ils y prêtèrent l’oreille et dirent : “C’est cela qui nous empêche d’accéder aux nouvelles du ciel.” Ils retournèrent alors vers leur peuple et proclamèrent : “Ô notre peuple, en vérité, nous avons entendu une Lecture merveilleuse (1) qui guide vers la droiture ; aussi nous y avons cru et nous n’associerons personne à notre Seigneur.” [al-Jinn : 1, 2]. C’est alors que Dieu révéla à Son Prophète (ﷺ) : “Dis : Il m’a été révélé qu’un groupe de djinns prêtèrent l’oreille…” [al-Jinn : 1]. Ce récit a été rapporté par les deux S a hî h (4).

Abû Bakr ibn Abî Shaybah (5) a dit : « Mu hammad ibn Fa dîl nous a relaté, d’après ‘Atâ’ ibn as-Sâ’ib, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : “Il n’existait pas de tribu parmi les djinns qui ne disposât d’un poste d’écoute (dans le ciel). Lorsque la Révélation descendait, les anges entendaient un son semblable à celui du métal qu’on jette sur un rocher. Dès qu’ils l’entendaient (6), les anges se prosternaient et ne relevaient pas la tête…” »

(1) Je ne l'ai pas trouvé dans l'édition imprimée des "Dalāʾil", mais il est rapporté chez al-Ṭabarānī dans son "al-Muʿjam al-Kabīr" n° (12431) selon la transmission de Saʿīd ibn Jubayr d'Ibn ʿAbbās, et il a également été relaté par Aḥmad dans son "Musnad" (1/274) par la voie d'Isrāʾīl, ainsi que par al-Tirmidhī dans son "Jāmiʿ" (3324) dans le commentaire de la sourate al-Jinn, via la voie d'al-Firyābī, qui a dit : « Ceci est un ḥadīth ḥasan ṣaḥīḥ. » (2) Ce qui est entre crochets est omis dans la version manuscrite imprimée ; je l'ai complété à partir de Ṣaḥīḥ Muslim, la formulation étant la sienne. (3) Dans le « Fatḥ al-Bārī », on trouve « Bunkhla » ; Ibn Ḥajar commente à ce sujet (8/674) : c'est un lieu entre La Mecque et Ṭāʾif. Al-Bakrī dit : Il est sur la route de La Mecque, et c'est la région que l'on appelle Baṭn Nakhl. Dans la narration de Muslim, on trouve « Munkhal » sans le hāʾ (ح), alors que la forme correcte est avec cette lettre. (4) « Fatḥ al-Bārī » (4921) dans le commentaire de la sourate « Qul ūḥiya ilayya » ; et au Ṣaḥīḥ Muslim (149 - 449) dans le chapitre de la prière, sur la récitation à voix haute dans la prière de l'aube et la récitation en présence des djinns. Al-Tirmidhī l'a aussi rapporté de la bouche d'Abū ʿAwāna dans son « Jāmiʿ » (3323) dans le chapitre du commentaire (70) et dans le chapitre de la sourate al-Jinn, disant que c'est un ḥadīth ḥasan ṣaḥīḥ. (5) Dans al-Muṣannaf (18391), dans la section des opérations militaires (al-Maghāzī), au chapitre « Ce que le Prophète ﷺ a vu avant la prophétie ». (6) Dans la version manuscrite imprimée : « j'ai entendu », tandis que la version confirmée provient d'al-Muṣannaf.
قال الحافظ أبو نعيم (١) : حَدَّثَنَا سليمان بن أحمد - وهو الطبراني - حَدَّثَنَا عبد اللَّه بن محمد بن سعيد بن أبي مريم، حَدَّثَنَا محمد بن يوسف الفِرْيابي، حَدَّثَنَا إسرائيل، عن أبي إسحاق، عن سعيد بن جُبير، عن ابن عباس قال: كان الجنُّ يصعَدُون إلى السماء يستمعون الوحي، فإذا سمعوا الكلمةَ زادوا فيها تسعًا، فأما الكلمة فتكونُ حقًّا، وأمَّا ما زادوا فيكون باطلًا، فلما بُعث النَّبِيُّ ﷺ مُنعوا مقاعِدهم، فذكروا ذلك لإبليس، ولم تكنِ النجومُ يُرْمَى بها قبل ذلك، فقال لهم إبليس: هذا لأمرٍ قد حدث في الأرض، فبعث جنودَه فوجدوا رسول الله قائمًا يصلِّي بين جبلَيْن، فأتوْه فأخبروه فقال: "هذا الأمْرُ الذي قد حَدَث في الأرض" . وقال أبو عوانة عن أبي بشر، عن سعيد بن جبير، عن ابن عباس قال: انطلق رسولُ الله ﷺ وأصحابه عامدين إلى سُوق عكاظ، وقد حِيل بين الشياطين وبين خبر السماء، وأُرسلَتْ عليهم الشُّهُب، فرجعتِ الشياطينُ إلى قومهم فقالوا: ما لكم؟ قالوا: حيلَ بيننا وبين خبرِ السماء، وأُرسلت علينا الشُّهُب، فقالوا: ما ذاك إلا من شيءٍ حدَث، فاضْرِبُوا مشارقَ الأرضِ ومغاربَها، [فانظروا ما هذا الذي حال بيننا وبين خبر السماء. فانطلقوا يضربون مشارق الأرض ومغاربها] (٢) ، فمرَّ النَّفَرُ الذين أخذوا نحو تهامة - وهو بنَخْل (٣) - عامدين إلى سُوق عُكَاظ، وهو يصلِّي بأصحابه صلاة الفجر، فلما سمعوا القرآن، استمعوا له فقالوا: هذا الذي حال بيننا وبين خبرِ السماء، فرجعوا إلى قومهم فقالوا: يا قومنا ﴿إِنَّا سَمِعْنَا قُرْآنًا عَجَبًا (١) يَهْدِي إِلَى الرُّشْدِ فَآمَنَّا بِهِ وَلَنْ نُشْرِكَ بِرَبِّنَا أَحَدًا﴾ [الجن: ١، ٢] . فأوحى الله إلى نبيِّه ﷺ : ﴿قُلْ أُوحِيَ إِلَيَّ أَنَّهُ اسْتَمَعَ نَفَرٌ مِنَ الْجِنِّ﴾ [الجن:١] الآية. أخرجاه في الصحيحيْن (٤) . وقال أبو بكر بن أبي شيبة (٥) : حَدَّثَنَا محمد بن فضيل، عن عطاء بن السائب، عن سعيد بن جُبير عن ابن عباس قال: إنه لم تكن قبيلةٌ من الجِنِّ إلا ولهم مقاعدُ للسمْع، فإذا نزل الوحي سمعتِ الملائكة صوتًا كصوتِ الحديدة ألقيتها على الصَّفَا، قال: فإذا سمعتْه (٦) الملائكةُ خَرُّوا سجَّدًا فلم يرفعوا رؤوسَهُمْ
(١) لم أجده في المطبوع من الدلائل، وهو عند الطبراني في المعجم الكبير رقم (١٢٤٣١) فيما رواه سعيد بن جبير عن ابن عباس، وأخرجه أيضًا أحمد في مسنده (١/ ٢٧٤) من طريق إسرائيل به، والترمذي في جامعه (٣٣٢٤) تفسير سورة الجن من طريق الفريابي به وقال: هذا حديث حسن صحيح. (٢) ما بين معقوفين ساقط من ح، ط فاستدركته من صحيح مسلم واللفظ له. (٣) في فتح الباري "بنخلة" وقال فيه ابن حجر (٨/ ٦٧٤): موضع بين مكة والطائف. قال البكري: على ليلة من مكة، وهي التي ينسب إليها بطن نخل. وقع في رواية مسلم بنخل بلا هاءٍ والصواب إثباتها. (٤) فتح الباري (٤٩٢١) تفسير سورة ﴿قُلْ أُوحِيَ إِلَيَّ﴾، وصحيح مسلم (١٤٩ - ٤٤٩) الصلاة باب الجهر بالقراءة في الصبح والقراءة على الجن. وأخرجه أيضًا عن أبي عوانة به الترمذي في جامعه (٣٣٢٣) التفسير (٧٠) باب ومن سورة الجن وقال: حديث حسن صحيح. (٥) في المصنف (١٨٣٩١) المغازي باب ما رأى النبي ﷺ قبل النبوة. (٦) في ح، ط: سمعت، والمثبت من المصنف.

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