Rapporté de Jundub ibn ‘Abd Allâh al-Bajalî qui a dit : « Le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) fut souffrant et ne se leva pas (pour prier) une nuit, ou deux, ou trois, alors une femme (1) dit : “Je vois que ton démon ne t’approche plus.” C’est alors qu’Allah fit descendre (la parole) : « Par la clarté du matin (1) et par la nuit lorsqu’elle s’apaise (2), ton Seigneur ne t’a ni abandonné ni détesté » (Sourate Ad-Duhâ, versets 1-3). »
C’est par ce fait que la mission envers les gens commença, tandis que le premier événement marqua la prophétie. Certains ont dit que la période de l’interruption (fatrah) dura près de deux ans ou deux ans et demi. Il apparaît – et Allah est plus savant – qu’il s’agit du temps où l’Ange Mikaël (Michaël) fut associé à lui, comme l’ont dit Ash-Sha‘bî et d’autres (2). Cela n’exclut pas la révélation antérieure de Jibrîl (Gabriel) en premier lieu : « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé » (Sourate Al-‘Alaq, verset 1), puis [vint l’interruption pendant laquelle Mikaël fut associé à lui], ensuite (3) Jibrîl lui fut de nouveau associé après la descente de : « Ô toi qui es enveloppé (1), lève-toi et avertis (2), et ton Seigneur, glorifie-Le (3), tes vêtements purifie-les (4), et fuis toute souillure » (Sourate Al-Muddaththir, versets 1-5). Par la suite, la révélation s’intensifia et se succéda — c’est-à-dire qu’elle survint l’une après l’autre — et à ce moment-là, le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) se leva pleinement pour accomplir sa mission. Il déploya tous ses efforts, appelant à Allah aussi bien les proches que les lointains, les hommes libres et les esclaves. Dès lors, toute personne sensée et réceptive (4) qui l’entendait croyait en lui, tandis que tout tyran orgueilleux persistait dans sa contradiction et sa désobéissance. Le premier à s’empresser de croire parmi les hommes libres fut Abû Bakr As-Siddîq, parmi les jeunes serviteurs ce fut ‘Alî ibn Abî Tâlib, parmi les femmes ce fut Khadîjah bint Khuwaylid, son épouse (qu’Allah l’agrée), et parmi les affranchis ce fut Zayd ibn Hârithah al-Kalbî (qu’Allah l’agrée). Nous avons déjà mentionné la foi de Waraqah ibn Nawfal à propos de ce qu’il avait constaté de la révélation (5), et il mourut lors de la période d’interruption (qu’Allah lui fasse miséricorde).
Chapitre (6) : Au sujet de la manière dont les djinns et les diables rebelles furent empêchés de subtiliser l’écoute au moment de la descente du Coran, afin qu’aucun d’entre eux ne puisse s’emparer ne serait-ce que d’une seule lettre et la transmettre à son allié, ce qui aurait semé la confusion et mêlé le faux au vrai. Par miséricorde, par grâce et par bienveillance envers Ses créatures, Allah leur en interdit l’accès, comme Il l’a dit, les citant dans Sa Parole : « En vérité, nous avons cherché à atteindre le ciel : nous l’avons alors trouvé rempli d’une forte garde et de bolides flamboyants (8). Nous nous asseyions auparavant dans certaines positions pour écouter, mais quiconque veut écouter maintenant trouvera contre lui un bolide flamboyant (9). Et nous ne savons pas si un mal est voulu pour ceux qui sont sur terre ou si leur Seigneur veut les guider » (Sourate Al-Jinn, versets 8-10). Il dit aussi : « Ce n’est pas par les diables que (le Coran) est descendu (210), cela ne leur convient pas et ils ne le peuvent pas (211) : ils sont certes écartés de (toute) écoute » (Sourate Ash-Shu‘arâ’, versets 210-212).