Gabriel.
Waraka lui répondit : « Ô fille de mon frère, je ne sais pas, il se peut que ton compagnon soit ce Prophète qu’attendent les Gens du Livre, celui qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Évangile. Je jure par Dieu que, s’il s’agit bien de lui, et qu’il proclame sa mission de mon vivant, je me mettrai au service de Dieu pour obéir à Son Messager et l’aider avec le plus grand dévouement (1), avec endurance (2) et victoire. » Waraka mourut – que Dieu lui fasse miséricorde.
Al-Zouhri a dit : « Khadija fut la première à avoir cru en Dieu et à avoir attesté de la véracité de Son Messager (ﷺ). »
Après avoir rapporté ce que nous avons cité (3), l’Imam Al-Hafiz Al-Bayhaqi déclara : « Quant à l’évocation du fait que sa poitrine aurait été fendue, il se peut qu’il s’agisse là d’une allusion à ce qui lui fut fait durant son enfance – c’est-à-dire la fente de son torse chez Halima – et il se peut aussi que cela se soit produit une autre fois, puis une troisième au moment de son Ascension vers les cieux. Dieu seul le sait. »
De même, Al-Hafiz Ibn ‘Asakir rapporte dans la biographie de Waraka (4), avec sa chaîne de transmission jusqu’à Soulaymân ibn Tarkhân At-Taymi, qu’il leur était parvenu que Dieu – exalté soit-Il – avait envoyé Muhammad comme Messager à l’issue de cinquante années depuis l’édification de la Ka‘ba (5). La première grâce prophétique et la première marque d’honneur qu’Il lui accorda fut un songe qu’il voyait en rêve et qu’il raconta à son épouse, Khadija bint Khuwaylid. Celle-ci lui répondit : « Réjouis-toi, par Dieu, Il ne fera que t’accorder le bien. » Or, un jour qu’il se trouvait à la grotte de Hirâ’ – où il se retirait loin de son peuple – Gabriel descendit sur lui et s’approcha. Le Messager de Dieu (ﷺ) en fut saisi de grande frayeur. Gabriel posa alors sa main sur sa poitrine, puis entre ses épaules, dans son dos, en disant : « Ô Dieu, allège son fardeau, dilate sa poitrine, purifie son cœur. Ô Muhammad, réjouis-toi ! Car tu es le Prophète de cette communauté. Récite ! »
Le Messager de Dieu (ﷺ), toujours pris de peur et d’un grand tremblement, répondit : « Je n’ai jamais lu d’ouvrage et je ne sais pas lire. Je n’écris pas et je ne lis pas. » Gabriel le saisit alors et le pressa fortement avant de le relâcher, puis il lui répéta : « Récite ! » Le Prophète (ﷺ) réitéra la même réponse. Gabriel l’installa sur un tapis semblable à un dournouk, où il distingua une limpidité et une beauté comparables à celles des perles et des rubis. Puis Gabriel lui adressa ces paroles divines : « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé (1) … », et poursuivit jusqu’à la fin des versets. Ensuite, il lui dit : « Ne crains rien, ô Muhammad, tu es bel et bien le Messager de Dieu. » Puis il repartit, tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) se trouvait accablé, en disant : « Que vais-je faire ? Que vais-je dire à mon peuple ? »
Le Messager de Dieu (ﷺ) se leva, encore effrayé. C’est alors que Gabriel vint à lui par devant, dans sa forme authentique (6). Le Prophète (ﷺ) fut alors témoin d’une scène si grandiose qu’elle emplit son cœur de stupeur. Gabriel lui dit : « Ne crains rien, ô Muhammad ! Je suis Gabriel, l’Envoyé de Dieu à Ses Prophètes et à Ses Messagers. Aie donc la certitude de l’honneur que Dieu t’accorde, car tu es le Messager de Dieu (ﷺ). » Le Prophète (ﷺ) reprit alors sa route et, chaque arbre ou pierre qu’il croisait s’inclinait en disant : « Paix sur toi, ô Messager de Dieu. » Son âme en fut rassérénée et il comprit quelle faveur Dieu lui avait réservée.
Lorsqu’il arriva auprès de son épouse Khadija, elle remarqua la pâleur de son visage et en fut troublée ; elle accourut vers lui et, approchant de son visage, se mit à le lui essuyer.