Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Je la récitai, puis il en eut fini et s’éloigna de moi. Je me réveillai alors de mon sommeil comme si un livre avait été gravé dans mon cœur. Il (le Prophète) dit : « Je sortis, et lorsque je fus au milieu de la montagne, j’entendis une voix venue du ciel qui disait : “Ô Muhammad, tu es le Messager de Dieu, et moi je suis Jibril (Gabriel).” » Il poursuit : « Je levai la tête vers le ciel et regardai, et voici que Jibril apparaissait sous la forme d’un homme debout dans l’horizon du ciel, me disant : “Ô Muhammad, tu es le Messager de Dieu, et moi je suis Jibril.” Je restai immobile, sans avancer ni reculer, puis je détournai mon regard vers d’autres horizons du ciel ; chaque fois que je regardais dans une direction, je le voyais toujours de la même manière. Je demeurai ainsi jusqu’à ce que Khadija envoie des gens à ma recherche ; ils atteignirent la partie la plus élevée de La Mecque et rebroussèrent chemin, tandis que je restais où j’étais. Ce n’est qu’après qu’il se retira de moi et que je rentrai chez moi, jusqu’à ce que j’arrive auprès de Khadija. Je m’assis alors contre sa cuisse, en m’appuyant sur elle. Elle me dit : “Ô Abou al-Qasim, où étais-tu ? Par Dieu, j’ai envoyé des messagers à ta recherche, ils sont allés jusqu’à La Mecque avant de revenir vers moi.” Puis je lui racontai ce que j’avais vu. Elle me répondit : “Réjouis-toi, ô fils de mon oncle, et tiens bon ! Par Celui qui détient l’âme de Khadija, j’espère vraiment que tu seras le Prophète de cette communauté.” »

Elle se leva, s’enveloppa de ses vêtements et se rendit auprès de Waraqa ibn Nawfal, à qui elle rapporta les propos tenus par le Messager de Dieu (ﷺ). Waraqa s’exclama : « Sanctus, Sanctus ! Par Celui qui détient la vie de Waraqa, si ce que tu me dis est vrai, ô Khadija, alors le Grand Ange (an-nâmous al-akbar) qui venait à Moïse est bien venu à lui, et il est assurément le Prophète de cette communauté. Dis-lui de tenir bon. » Khadija retourna alors auprès du Messager de Dieu (ﷺ) pour lui transmettre la parole de Waraqa.

Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) eut terminé sa retraite pieuse et fut de retour, il reprit ses habitudes : il se dirigea d’abord vers la Ka‘ba et en fit le tour. Waraqa ibn Nawfal le rencontra alors qu’il effectuait cette circumambulation, et lui dit : « Ô fils de mon frère, raconte-moi ce que tu as vu et entendu. » Il le lui raconta, et Waraqa reprit : « Par Celui qui détient mon âme, tu es assurément le Prophète de cette communauté, et le Grand Ange qui est venu à Moïse est venu jusqu’à toi. Les gens te traiteront de menteur, t’accableront de mal, te chasseront et te combattront ; et si je vis assez longtemps pour voir ce jour, je défendrai la cause de Dieu d’une manière qu’Il reconnaîtra. » Puis il approcha sa tête de lui et l’embrassa sur le sommet du crâne. Ensuite, le Messager de Dieu (ﷺ) rentra chez lui.

Ce qu’a mentionné ‘Ubayd ibn ‘Umayr, comme nous l’avons rapporté, sert d’introduction à ce qui se produisit ensuite, alors qu’il était déjà éveillé, conformément aux dires de ‘Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) : « Il ne faisait pas un songe sans qu’il ne s’accomplisse aussi clairement que l’aube naissante. » Il est possible que ce rêve soit survenu après ce qu’il avait déjà observé au préalable.

(1) Voir ce qui a été dit précédemment (p. 189) ainsi que Al-Rawḍ de Suhaylī (1/268‑269). (2) Dans la Sīra et Al-Rawḍ : voir, c’est plus proche. (3) Ce qui est entre crochets provient de la Sīra et d’Al-Rawḍ. (4) En y ajoutant : ce qui a été ajouté est « si le côté s’incline ». Pour Al-Tāj (Ḍayf), voir al-Khashnī. (5) « Al-Yāfūkh » : le lieu qui bouge sur la tête du nourrisson ou son tissu mou avant que les deux os ne se rejoignent, c’est-à-dire le centre de la tête. Al-Tāj (Afkh) ; et Suhaylī dit dans Al-Rawḍ (1/274) : on ne dit pas « yāfūkh » pour la tête de l’enfant tant qu’il n’est pas encore fort, on lui dit plutôt al-Ghādhiyya. (6) Voir ce qui a été dit précédemment (p. 189).
فقرأتُها، ثم انتهى وانصرف عني وهببتُ من نَوْمي فكأنما كتب في قلبي كتابًا (١) . قال فخرجتُ حتى إذا كنتُ في وسطٍ من الجبل، سمعتُ صوتًا من السماء يقول: يا محمد، أنت رسولُ اللَّه وأنا جبريل. قال: فرفعتُ رأسي إلى السماء، فأنظر (٢) ، فإذا جبريلُ في صورةِ رجلٍ صافٍّ قدمَيْه في أُفقِ السماء يقول: يا محمد أنت رسولُ اللَّه وأنا جبريل. فوقفت أنظر إليه. فما أتقدَّم وما أتأخر، وجعلتُ أصرِف وجهي عنه في آفاق السماء. فما أنظر في ناحيةٍ منها إلا رأيتُه كذلك، فما زلتُ واقفًا ما أتقدَّم أمامي وما أرجعُ ورائي حتَّى بعثَتْ خديجةُ رُسلَهَا في طلبي، فبلغوا [أعلى] (٣) مكة ورجعوا إليها وأنا واقف في مكاني ذلك؛ ثم انصرف عني. وانصرفتُ راجعًا إلى أهلي حتى أتيتُ خديجة فجلستُ إلى فَخذها مُضيفًا إليها (٤) فقالت: يا أبا القاسم أين كنت؟ فوالله لقد بعثتُ رُسلي في طلبك، حتى بلغوا مكة ورجعوا إليّ. ثم حدثتها بالذي رأيت، فقالت: أبشِرْ يا ابن العم واثْبُتْ، فوالذي نفسُ خديجةَ بيده، إني لأرجو أن تكون نبيَّ هذه الأمة. ثم قامتْ فجمعتْ عليها ثيابها، ثم انطلقتْ إلى ورقةَ بنِ نوفل، فأخبرتْهُ بما أخبرها به رسولُ اللَّه ﷺ فقال ورقة: قُدُّوس قدُّوس، والذي نفسُ ورقةَ بيدِه، لئن كنتِ صدقْتِني يا خديجة، لقد جاءه الناموسُ الأكبر الذي كان يأتي موسى، وإنَّه لنبيُّ هذه الأمة، وقولي له فَلْيَثْبُتْ. فرجعتْ خديجةُ إلى رسولِ اللَّه ﷺ فأخبرتْه بقولِ ورقة، فلما قضى رسولُ الله ﷺ جِوارَهُ وانصرف صنع كما كان يصنع، بدأ بالكعبةِ فطاف بها، فلَقِيَهُ ورقةُ بن نوفل وهو يطوفُ بالكعبةِ، فقال: يا ابنَ أخي، أخبرني بما رأيتَ وسمعت. فأخبره، فقال له ورقة: والذي نفسي بيده، إنَّكَ لنبيُّ هذه الأمة، ولقد جاءك الناموسُ الأكبرُ الذي جاء موسى، ولتكذَّبَنَهْ، ولتؤذَينَّهْ، ولتخرجَنَّهْ، ولتقاتَلنَّهْ، ولئن أنا أدركتُ ذلك اليوم لأنصرَنَّ الله نصرًا يعلمه. ثم أدنى رأسَهُ منه فقبَّل يا فُوخَه (٥) ، ثم انصرف رسول الله ﷺ إلى منزله. وهذا الذي ذكره عُبيد بن عُمير كما ذكرناه كالتوطئة لما جاء بعدَهُ من اليقظة كما تقدم من قولِ عائشة (عليه السلام) : فكان لا يرى رؤيا إلا جاءتْ مثلَ فَلَقِ الصُّبْح (٦) . ويحتمل أنَّ هذا المنام كان بعدَ ما رآه
(١) انظر ما تقدم (ص ١٨٩) والروض للسهيلي (١/ ٢٦٨/ ٢٦٩). (٢) في السيرة والروض: أنظر وهو أشبه. (٣) ما بين معقوفين من السيرة والروض. (٤) مضيفًا إليها: من أضاف إليه: إذا مال ودنا. التاج (ضيف) راجع الخشني. (٥) "اليافوخ": الموضع الذي يتحرك من رأس الطفل أو الليِّن منه قبل أن يتلاقى العظمان، معنى وسط الرأس. التاج (أفخ) وقال السهيلي في الروض (١/ ٢٧٤): لا يقال في رأس الطفل يافوخ حتى يشتد وإنما يقال له الغاذية. (٦) انظر ما تقدم (ص ١٨٩).

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