Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

D’après certains savants, lorsque Dieu voulut honorer le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et entama pour lui la prophétie, il arrivait que, lorsqu’il sortait pour satisfaire un besoin, il s’avançait au loin jusqu’à ne plus voir les habitations(1) et se dirigeait vers les sentiers et les vallées de La Mecque. À chaque fois qu’il passait près d’une pierre ou d’un arbre, ceux-ci lui disaient : « Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu. » Il se retournait alors à sa droite, à sa gauche, et derrière lui, sans apercevoir rien d’autre que les arbres et les pierres. Il resta ainsi, voyant et entendant ce que Dieu voulut bien lui montrer, jusqu’à ce que Gabriel (paix sur lui) vînt à lui avec ce qui était destiné à l’honorer de la part de Dieu, alors qu’il se trouvait à Hira, pendant le mois de Ramadan(2).

Ibn Ishaq(3) rapporte : « Wahb ibn Kaysan, affranchi de la famille d’al-Zubayr, m’a dit avoir entendu ‘Abdallah ibn al-Zubayr s’adresser à ‘Ubayd ibn ‘Umayr ibn Qatadah al-Laythi en ces termes : “Raconte-nous, ô ‘Ubayd, comment débuta la première révélation reçue par le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lorsque Gabriel lui apparut.” »

‘Ubayd – alors que j’étais présent, et qu’il s’adressait à ‘Abdallah ibn al-Zubayr et à ceux qui l’entouraient – répondit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se retirait chaque année pendant un mois à Hira. » Il ajouta : « C’était là une forme de “tahannuth”(4) que pratiquait Quraysh à l’époque de l’ignorance, et le “tahannuth” signifiait alors l’acte de bienfaisance(5). »

Ainsi, chaque année, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se retirait durant ce mois, nourrissant les mendiants qui venaient à lui. Lorsqu’il terminait son mois de retraite, la première chose qu’il faisait avant de rentrer chez lui était de se rendre à la Kaaba pour en effectuer sept tours, ou le nombre de tours que Dieu voulait, puis il rentrait chez lui. Lorsque vint l’année durant laquelle Dieu voulut l’honorer de la dignité qui lui était destinée, ce fut durant le mois de Ramadan. Il gagna alors le mont Hira comme à son habitude, accompagné de sa famille, et lorsque arriva la nuit pendant laquelle Dieu l’honora par son Message et fit miséricorde aux serviteurs, Gabriel lui apporta l’ordre de Dieu.

Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : « Il vint à moi alors que je dormais, tenant un tissu de soie(7) dans lequel se trouvait un livre. Il me dit : “Lis.” Je répondis : “Que dois-je lire ?” Alors il me saisit avec force au point que je pensai en mourir(8). Puis il me relâcha et dit à nouveau : “Lis.” Je répétai : “Que dois-je lire ?” Il me saisit de nouveau avec force, jusqu’à ce que je pense que c’en était fini de moi, puis me relâcha en disant : “Lis.” Je dis encore : “Que dois-je lire ?” – et je n’insistais que par crainte qu’il me saisît de la même manière. Alors il déclara : “Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé(1), qui a créé l’homme d’une adhérence(2). Lis ! Ton Seigneur est le Très-Généreux(3), Lui qui a enseigné par la plume(4), qui a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas.” [Sourate L’Adhérence (Al-‘Alaq), 1-5]. »

(1) Dans l'édition Ṭ : « il était nécessaire de tirer le vêtement encore plus loin ». Ceci est attesté dans la Sīra d'Ibn Hishām et dans al-Rawḍ. (2) Le récit a été omis dans Ḥ, alors qu'il figure dans Ṭ, la Sīra d'Ibn Hishām (1/234) et al-Rawḍ (1/266), où l'on trouve « ʿAbd al-Malik b. ʿUbayd Allāh », correction erronée ; sa notice a été précédemment mentionnée (p. 191, Ḥ [7]). (3) Sīra d'Ibn Hishām (1/235-236) et al-Rawḍ (1/267-268). (4) Dans Ṭ : « yuhibbib » ; dans Ḥ, par omission de lettres ; attesté dans la Sīra et al-Rawḍ. (5) Une de ses significations est aussi « l'adoration », comme déjà indiqué (p. 192 dans le texte). (6) Dans la Sīra et al-Rawḍ : « bahā ». (7) Voir (p. 187) Ḥ (2). (8) Les termes « al-ghat » (الغت) et « al-ghaṭṭ » (الغط) sont identiques, il semble qu'il voulait dire « une pression très forte » au point de ressentir la fatigue, semblable à ce que ressent celui qui est plongé dans l'eau de force. Al-Nihāya (« al-Ghattat »).
واعية - عن بعض أهل العلم، أنَّ رسول اللَّه ﷺ حين أراد اللَّه كرامته وابتدأه بالنبوَّة، كان إذا خرج لحاجته أبْعَدَ حتَّى يحسر البيوت عنه (١) ، ويُفضي إلى شعاب مكة وبُطونِ أوديتها، فلا يمرُّ بحجرٍ ولا شجر إلَّا قال: السلام عليك يا رسول الله. قال: فيلتفت حوله عن يمينه وعن شماله وخلفه فلا يرى إِلَّا الشجرَ والحجارة، فمكث كذلك يرى ويسمع ما شاء اللَّه أن يمكثَ، ثمَّ جاءه جبريل (عليه السلام) بما جاء من كرامة الله وهو بحراء في رمضان] (٢) . قال ابن إسحاق (٣) : وحدّثني وَهْبُ بن كَيْسان مولى آلِ الزبير قال: سمعتُ عبدَ اللَّه بنَ الزبير وهو يقول لِعُبيد بن عُمير بن قتادةَ اللَّيثي: حدَّثَنَا يا عُبيد كيف كان بُدُوُّ ما ابتُدئَ به رسولُ اللَّه ﷺ من النبوة حين جاءه جبريل. قال: فقال عُبيد - وأنا حاضر، يحدِّثُ عبدَ اللَّه بنَ الزبير ومن عندَهُ من الناس -: كان رسول اللَّه ﷺ يجاور في حِرَاء في كلِّ سنةٍ شهرًا. قال: وكان ذلك مما تحنَّثُ (٤) به قريش في الجاهلية، والتحنُّث التبرُّر (٥) . فكان رسول الله ﷺ يجاور ذلك الشهر من كل سنة، يُطعم مَنْ جاءه من المساكين، فإذا قَضَى جِوارَهُ من شهرِه ذلك، كان أولُ ما يبدأ به إذا انصرف من جِوارِه الكعبة، قبل أنْ يدخلَ بيتَه فيطوف بها سبعًا، أو ما شاء اللَّه من ذلك، ثم يرجِعُ إلى بيته، حتَّى إذا كان الشهرُ الذي أراد اللَّه به فيه ما أراد من كرامته، من السنة التي بعثَهُ فيها، وذلك الشهر رمضان، خرج إلى حِرَاء كما كان يخرج لجواره، ومعه أهلُه، حتى إذا كانتِ الليلةُ التي أكرمَهُ الله فيها برسالته، ورحِمَ العبادَ به (٦) جاءه جبريلُ بأمر الله تعالى. قال رسولُ الله ﷺ : "فجاءني وأنا نائم بنَمَطٍ من ديباج" (٧) فيه كتاب فقال: اقرأ. قلت: ما أقرأ؟ قال: فغتَّني حتى ظننتُ أنه الموت (٨) ، ثم أرسلني فقال: اقرأْ. قلت: ما أقرأ؟ قال: فغتَّني حتَّى ظننتُ أنه الموت، ثم أرسلني فقال: اقرأ. قلت: ما اقرأ؟ فقال: فغتَّني حتى ظننتُ أنه الموت، ثم أرسلني فقال: اقرأ. قلتُ: ماذا أقرأ؟ ما أقول ذلك إلا اقتداءً منه أنْ يعود لي بمثل ما صنع بي. فقال: ﴿اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ (١) خَلَقَ الْإِنْسَانَ مِنْ عَلَقٍ (٢) اقْرَأْ وَرَبُّكَ الْأَكْرَمُ (٣) الَّذِي عَلَّمَ بِالْقَلَمِ (٤) عَلَّمَ الْإِنْسَانَ مَا لَمْ يَعْلَمْ﴾. [العلق:١ - ٥] قال:
(١) في ط: لحاجة أبعد حتى يحسر الثوب. والمثبت من سيرة ابن هشام والروض. (٢) سقط الخبر من ح وهو في ط وسيرة ابن هشام (١/ ٢٣٤) والروض (١/ ٢٦٦) وفيهما: عبد الملك بن عبيد اللَّه. تصحيف، وقد تقدمت الإشارة إلى ترجمته في (ص ١٩١) ح (٧). (٣) سيرة ابن هشام (١/ ٢٣٥، ٢٣٦) والروض (١/ ٢٦٧، ٢٦٨). (٤) في ط: يحبب، وفي ح بإهمال الحروف، والمثبت من السيرة والروض. (٥) ومن معانيه أيضًا التعبُّد كما مر (ص ١٩٢ في المتن). (٦) في السيرة والروض: بها. (٧) انظر (ص ١٨٧) ح (٢). (٨) الغت والغط سواء، كأنه أراد عصرني عصرًا شديدًا حتى وجدت منه المشقة، كما يجد من يُغمس في الماء قهرًا. النهاية (غتت).

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