Yûnus Ibn Bukayr rapporta d’après Ibn Isḥâq que Waraqa prononça ces vers (1) :
[Sur le mètre at-Ṭawîl]
« Si ce que tu nous rapportes est vrai, ô Khadîja, sache qu’Aḥmad est un envoyé,
Et Gabriel se rend auprès de lui, accompagné de Mîkâl ; il lui vient une Révélation divine qui apaise la poitrine.
Celui qui y gagne la réussite par le repentir en triomphera,
Tandis que le captif naïf et égaré en pâtira.
Deux camps : l’un se retrouvera dans Ses Jardins,
Et l’autre, dans les tréfonds de la Géhenne, sera enchaîné.
Lorsqu’ils y imploreront la ruine, des gourdins s’abattront sur leurs têtes, puis s’embraseront.
Gloire à Celui qui fait souffler les vents par son Ordre et qui, au fil des jours, accomplit ce qu’Il veut.
Celui dont le Trône surplombe toutes les cieux,
Et dont les Décrets au sujet de Ses créatures ne changent point. »
Waraqa dit aussi (5) :
[Sur le mètre al-Basîṭ]
« Ô gens ! Que de retournements dans le cours du temps et du destin ! Et rien de ce que Dieu décrète ne saurait être autrement.
Jusqu’à ce que Khadîja m’appelle pour que je l’instruise d’un fait dont je prévois qu’il parviendra plus tard aux Hommes.
Elle m’informa d’une chose dont j’avais jadis entendu parler dans l’Antiquité et les siècles révolus :
Qu’Aḥmad reçoit la visite de Gabriel, lequel lui révèle : “Tu es envoyé aux Hommes.”
Je lui répondis : “Peut-être Dieu réalisera-t-Il ce que tu espères ; attends-toi donc au meilleur et sois patiente.
Envoie-le-nous pour que nous l’interrogions sur son état, sur ce qu’il voit au repos comme en pleine veille.”
Quand il nous rejoignit, il parla de manière prodigieuse, si bien que la peau et les cheveux en frémirent.
Il dit : “J’ai vu l’Intègre de Dieu m’apparaître sous une forme parfaitement accomplie, la plus impressionnante qui soit.
Et puis il persista, au point que la crainte faillit me terrasser, alors même que les arbres autour de moi demeuraient en paix.
J’ai pensé — sans savoir encore si j’ai raison — qu’il sera sans doute envoyé pour réciter des Sourates révélées.
Et je t’informerai de ce qui adviendra, si tu rends publique son appel, du combat sur la voie de Dieu, sans reproche ni trouble.” »
C’est ainsi que l’a rapporté le ḥâfiẓ al-Bayhaqî dans ses « Dalâʾil ». Pour ma part, j’émets des réserves quant à l’authenticité de ces poèmes attribués à Waraqa. Dieu seul le sait.
Ibn Isḥâq dit encore : « ʿAbd al-Malik Ibn ʿAbd Allâh Ibn Abî Sufyân Ibn al-ʿAlâ Ibn Jâriya ath-Thaqafî – qui… »