Le serviteur (ghulâm) Maysara… et la façon dont un nuage le protégeait de la chaleur brûlante du midi. Warqa composa à ce sujet des poèmes déjà évoqués auparavant, dont ces vers :
[Du mètre al-wâfir]
« Je me suis obstiné, moi que le souvenir rend obstiné,
pour une affaire qui depuis longtemps a suscité mes sanglots.
Et j’évoque Khadija à maintes reprises :
mon attente, ô Khadija, s’est beaucoup prolongée.
Dans l’enceinte des deux Mekke, je nourris l’espoir
d’entendre tes paroles et d’en voir l’accomplissement.
À propos de ce que tu nous as rapporté d’un moine (qass),
dont je répugne à ce qu’il se fourvoie,
Selon lequel Muhammad dominera son peuple
et réduira au silence quiconque plaiderait contre lui.
Il fera resplendir dans le pays la lumière radieuse
grâce à laquelle l’humanité vacillante se redressera.
(1) Quiconque le combat en sera perdant,
et quiconque fait alliance avec lui sera victorieux.
Ah ! si, lorsque tout cela surviendra,
je pouvais en être le témoin et le premier à y entrer !
Même si ce que Qouraych réprouve se réalise,
et qu’un grand tumulte se lève dans sa Mekke,
Je place mon espoir dans ce que tous rejettent,
en Celui qui est sur le Trône, lors même qu’ils sombrent, pour m’élever.
Si je demeure et qu’ils demeurent, il surviendra des événements
qui feront pousser aux mécréants de grands cris. (2)
Il a dit aussi dans un autre poème :
[Du mètre at-tawîl]
« Il est confirmé par des récits sincères sur Muhammad,
qu’un conseiller rapporte de lui lorsqu’il est absent,
Qu’Aḥmad, fils d’Abd Allāh, est un envoyé
à tous ceux que renferment les vastes plaines.
Je le crois destiné à être envoyé comme prophète véridique,
tout comme le furent les deux serviteurs que sont Hûd et Ṣâliḥ,
Et Moïse (3) et Abraham, jusqu’à ce qu’une splendeur,
un message clair du Rappel, lui soit pleinement révélé. (4)
La branche de Lu’ayy ibn Ghâlib (5) le suivra tout entière :
aussi bien les jeunes que les anciens valeureux.
Si je reste en vie jusqu’à ce que les gens parviennent à son époque,
alors je me réjouirai, plein d’allégresse et d’amitié.
Sinon, sache, ô Khadija, que je m’en irai parcourir
la vaste terre, loin de ta contrée. (6) »