Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’imam Aḥmad (1) a rapporté : « Abou Saʿīd, affranchi des Banou Hāshim, nous a transmis (le ḥadīth suivant), il nous a dit : ‘Imrān Abou al-ʿAwwām, d’après Qatāda, d’après Abou al-Malīḥ, d’après Wāthila ibn al-Asqaʿ, que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit :

« Les feuillets d’Ibrāhīm (Abraham) ont été révélés la première nuit de Ramaḍān ; la Tawra (Torah) a été révélée six jours après le début de Ramaḍān ; l’Injīl (Évangile) treize nuits après le début de Ramaḍān ; et le Coran (2) la vingt-quatrième nuit de Ramaḍān. »

Ibn Mardawayh rapporte dans son “Tafsīr”, par le biais de Jābir ibn ʿAbd Allāh, un récit attribué (marfouʿ) au Prophète qui va dans le même sens. Pour cette raison, un certain nombre de Compagnons et de Successeurs considéraient que la Nuit du Destin correspondait à la vingt-quatrième nuit.

Pour ce qui est de la parole prononcée par Jibrīl (Gabriel) : « Iqraʾ » (Lis !), le Prophète répondit : « Mā anā bi-qāriʾ » (Je ne sais pas lire). L’avis correct est que cette formule exprime la négation, c’est-à-dire : « Je ne suis pas de ceux qui savent lire. » C’est ce qu’ont soutenu an-Nawawī et, avant lui, le shaykh Abou Shāma. Quant à l’opinion qui y voit une phrase interrogative, elle est jugée éloignée, car la préposition « bi- » ne s’emploie pas en cas d’affirmation. La première interprétation se trouve étayée par le récit transmis par Abou Nuʿaym (3), qui rapporte, via al-Muʿtamir ibn Sulaymān, d’après son père, que le Messager d’Allah (ﷺ) – alors qu’il était pris de peur et tremblait – a dit : « Je n’ai jamais lu de livre et je ne sais pas le faire ; je n’écris pas et je ne lis pas. » Alors Jibrīl le saisit et le serra fortement, puis le laissa et lui dit : « Lis ! » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Je ne vois rien à lire, je ne lis pas et je n’écris pas. » On rapporte à ce propos les formules « fa-ghaṭṭanī » et « ghaṭṭanī » (il m’a serré), ou encore « qad ghaṭṭanī », signifiant qu’il l’a comme étranglé « jusqu’à ce que j’atteigne l’extrême limite de mes forces ». Cette scène, on la trouve transmise avec diverses vocalisations de la lettre jīm, et Jibrīl répéta ce geste par trois fois.

Abou Sulaymān al-Khaṭṭābī (4) explique que Jibrīl agit ainsi pour éprouver la patience du Prophète et parfaire son éducation, afin qu’il s’exerce à supporter la charge que représenterait la prophétie. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il lui arrivait de traverser un état similaire à celui d’une personne fébrile : il était alors pris d’une respiration haletante et suait abondamment. D’autres ont souligné que ce geste obéissait à plusieurs motivations, dont celle de l’éveiller à la gravité de ce qu’il allait recevoir par la suite, éprouvant ainsi son âme. C’est comme l’affirme le Très-Haut : « En vérité, Nous allons te révéler une parole lourde » [al-Muzzammil, 5]. De même, lorsque la Révélation venait au Prophète (ﷺ), son visage rougissait, il gémissait comme un jeune chameau, et la sueur perlait sur son front, même durant les journées les plus froides.

(6) Le hadith poursuit : « Le Messager d’Allah (ﷺ) retourna alors auprès de Khadīja, le cœur tout tremblant. » Dans une autre version, il est dit : « ses bawādir », au pluriel de bādira. Abou ʿUbayda précise qu’il s’agit d’une partie de chair située entre l’épaule et le cou. D’autres y voient des vaisseaux sanguins qui se mettent à palpiter en cas de frayeur.

— Fin de la traduction —

(1) Musnad Aḥmad (4/107). Bashar a dit : Son isnād est faible, car il est rapporté uniquement par ʿUmarān ibn Dāwūr al-Qaṭṭān, un narrateur dont l’unicité est peu probable en raison de sa faiblesse, comme nous l’avons expliqué en détail dans Taḥrīr al-Taqrīb (3/114). Cependant, il y a un témoignage dans un hadith mursal d’Ibn ʿAbbās, rapporté par Ibn ʿAsākir via ʿAlī ibn Abī Ṭalḥa, ce qui le rend bon. Voir (Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ʿAsākir) (3/358). (2) Dans le Musnad : al-Furqān. (3) Le rapport dans l’édition imprimée ne fait pas partie des dalāʾil. (4) Je n’ai pas trouvé la parole d’al-Khaṭṭābī dans ses deux ouvrages Maʿālim al-Sunan et Gharīb al-Ḥadīth. (5) « Yaghaṭṭ » dérive de « al-ghaṭīṭ », c’est le bruit produit avec le souffle du dormeur, une répétition où il ne trouve pas de passage. Al-Bakr désigne le jeune chameau. (Al-Nihāya wa al-Lisān [entrées غطط, بكر]). (6) C’est-à-dire dans le hadith qu’il a transmis précédemment.
قال الإمام أحمد (١) : حَدَّثَنَا أبو سعيد مولى بني هاشم، حَدَّثَنَا عمران أبو العوَّام، عن قتادة، عن أبي المَليح، عن واثِلَةَ بنِ الأسْقَعِ، أنَّ رسولَ الله ﷺ قال: "أُنْزِلَتْ صُحف إبراهيم في أولِ ليلةٍ من رمضان، وأُنْزلت التوراةُ لستٍّ مضيْنَ من رمضان، والإنجيل لثلاثَ عشرةَ ليلة خلتْ من رمضان، وأُنزل القرآن (٢) لأربعٍ وعشرين خلَتْ من رمضان" . وروى ابنُ مردويه في "تفسيره" ، عن جابر بن عبد الله مرفوعًا نحوه؛ ولهذا ذهب جماعةٌ من الصحابة والتابعين، إلى أنَّ ليلةَ القدر ليلةُ أربع وعشرين. وأما قول جبريل (اقْرَأْ) فقال: "ما أنا بقارئ" فالصحيح أنَّ قوله "ما أنا بقارئ" نَفْيٌ؛ أيْ لستُ ممن يُحسن القراءة. وممن رجَّحه النووي، وقَبْلَه الشيخ أبو شامة؛ ومَنْ قال: إنها استفهامية، فقوله بعيد، لأنَّ الباء لا تزاد في الإثبات. ويؤيد الأولَ روايةُ أبي نعيم (٣) من حديث المعتمر بن سليمان عن أبيه: فقال رسول الله ﷺ وهو خائف يُرْعَد -: "ما قرأتُ كتابًا قطُ ولا أُحْسِنُه، وما أكتبُ وما أقرأ" فأخذَهُ جبريل فغَتَّهُ غتًا شديدًا. ثم تركه فقال له: اقرأ. فقال محمد ﷺ : "ما أرى شيئًا أقرؤه، وما أقرأ، وما أكتب" - يُروى فغطَّني كما في الصحيحين وغتَّني، ويُروى قد غتَّنى، أي: خنقَني "حتَّى بلغَ مني الجهد" يُروى بضمِّ الجيم وفتحها وبالنَّصْب وبالرفع - وفعل به ذلك ثلاثًا. قاله أبو سليمان الخطابي (٤) : وإنما فعل ذلك به ليبلُوَ صَبْرَه، ويُحسنَ تأديبه، فيرتاضَ لاحتمالِ ما كلَّفه به من أعباء النبوَّة؛ ولذلك كان يَعْتَريه مثلُ حالِ المَحْموم، وتاخذُه الرُّحَضَاء - أي: البُهْر والعَرَق -. وقال غيره: إنما فعل ذلك لأمور: منها أنْ يستيقظ لعظَمَةِ ما يُلقَى إليهِ بعد هذا الصَّنِيع المُشِقِّ على النفوس، كما قال تعالى: (﴿إِنَّا سَنُلْقِي عَلَيْكَ قَوْلًا ثَقِيلًا﴾ [المزمل: ٥] ولهذا كان (رحمهم الله) إذا جاءَهُ الوَحْيُ يَحْمَرُّ وَجْهُه، ويَغطُّ كما يَغطُّ البَكْرُ من الإبل (٥) ، ويتفصَّدُ جَبينُهُ عَرقًا في اليوم الشديد البَرْد. وقوله (٦) : فرجع بها رسولُ الله ﷺ إلى خديجة يَرْجُفُ فؤادُه. وفي رواية: بَوَادِرُه، جمع بادِرَة، قال أبو عبيدة: وهي لحمة بين المنكب والعُنق. وقال غيره: هو عروقٌ تضطرب عند الفَزَع، وفي
(١) مسند أحمد (٤/ ١٠٧). قال بشار: وإسناده ضعيف، فقد تفرد به عمران بن داور القطان، وهو ممن لا يحتمل تفرده لضعفه كما بيناه مفصلًا في تحرير التقريب (٣/ ١١٤)، ولكن له شاهد من حديث ابن عباس مرفوعًا، أخرجه ابن عساكر من طريق علي بن أبي طلحة، فهو به حسن انظر (مختصر تاريخ ابن عساكر) (٣/ ٣٥٨). (٢) في المسند: الفرقان. (٣) ليس الخبر في المطبوع من الدلائل. (٤) لم أجد قول الخطابي في كتابيه معالم السنن وغريب الحديث. (٥) "يغط": من الغطيط، وهو الصوت الذي يخرج مع نَفَس النائم، وهو ترديده حيث لا يجد مساغًا. والبَكْر: الفتيُّ من الإبل. النهاية واللسان (غطط، بكر). (٦) أي في الحديث الذي أورده آنفًا.

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