Alors qu’il était âgé de quarante-trois ans, il demeura à La Mecque pendant dix ans et à Médine pendant dix ans, et il mourut à l’âge de soixante-trois ans (1). C’est ainsi que Yahyâ ibn Saʿîd l’a rapporté d’après Saʿîd ibn al-Musayyib (2). Par la suite, Aḥmad (3) le transmit selon Ghundar et Yazîd ibn Hârûn, tous deux d’après Hishâm, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbâs, qui a dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) fut envoyé et le Coran fut révélé alors qu’il avait quarante ans. Il demeura ensuite treize années à La Mecque, puis dix années à Médine. Il mourut à l’âge de soixante-trois ans. »
L’imam Aḥmad (4) rapporta également, d’après ʿAffân, qui dit : « Ḥammâd ibn Salama m’a informé d’après ʿAmmâr ibn Abî ʿAmmâr, selon Ibn ʿAbbâs : “Le Prophète (ﷺ) vécut quinze ans à La Mecque : sept ans durant lesquelles il voyait la lumière et entendait la voix, puis huit ans de révélation. Ensuite, il resta dix ans à Médine.” »
Abû Shâma déclara : « Le Messager de Dieu (ﷺ) avait déjà vu des prodiges avant sa mission prophétique. Parmi ces faits, on trouve dans le Ṣaḥîḥ de Muslim (5) le récit de Jâbir ibn Samura, qui rapporte que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Je connais une pierre à La Mecque qui me saluait avant même que je ne fusse envoyé. Je la reconnais encore aujourd’hui.” » Fin de sa parole.
En vérité, le Messager de Dieu (ﷺ) aimait le recueillement et l’isolement, à l’écart de son peuple, en raison de l’égarement manifeste dans lequel il les voyait, vouant un culte aux statues et se prosternant devant les idoles. Son penchant pour la retraite se renforça à mesure qu’approchait la venue de la révélation divine, que Dieu lui accorde bénédiction et salut.
Muḥammad ibn Isḥâq (6) rapporta, d’après ʿAbd al-Malik ibn ʿAbd Allâh ibn Abî Sufyân ibn al-ʿAlâʾ ibn Jâriya (7) – qu’il décrivait comme homme attentif – selon certains savants, que le Messager de Dieu (ﷺ) se rendait au mont Ḥirâʾ chaque année pour y demeurer un mois, conformément à une pratique de Quraysh à l’époque de l’ignorance. Il y nourrissait quiconque venait à lui parmi les indigents. Et lorsqu’il mettait fin à sa retraite, il n’entrait pas chez lui avant d’avoir fait le tour de la Kaʿba (tawâf).