C’est ainsi qu’il (le récit) apparaît de façon détaillée dans le chapitre de l’Interprétation (Bâb at-Taʿbîr) chez al-Bukhârî (1).
Ibn Shihâb (2) a dit : « Abû Salama ibn ʿAbd ar-Rahmân m’a informé que Jâbir ibn ʿAbd Allâh al-Ansârî a déclaré, alors qu’il relatait la période où la Révélation avait cessé :
“Alors que je marchais, j’entendis soudain une voix venant du ciel. Je levai le regard et voici que l’Ange qui m’était apparu à Hirâ était assis sur un trône, entre le ciel et la terre. Je fus saisi de frayeur et rebroussai chemin en disant : ‘Couvrez-moi ! Couvrez-moi !’ Alors Dieu révéla : ﴿Yâ ayyuha al-muddaththir (1), qum fa-andhir (2), wa-rabbaka fa-kabbir (3), wa-thiyâbaka fa-tahhir (4), wa-r-rujza fa-hjur﴾ [Al-Muddaththir : 1-5]. Dès lors, la Révélation se fit plus ardente et continua.”»
Puis al-Bukhârî poursuivit : « ʿAbd Allâh ibn Yûsuf et Abû Sâliḥ – c’est-à-dire d’après al-Layth – ont également rapporté ce hadith, et Hilâl ibn Raddâd, d’après az-Zuhrî, l’a suivi. Yûnus et Maʿmar ont quant à eux mentionné “bawâdiruhu”. »
Ce hadith a été rapporté par l’imâm al-Bukhârî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) à plusieurs endroits de son ouvrage (3). Nous en avons parlé de façon détaillée au début de notre commentaire d’al-Bukhârî, dans le « Livre du Commencement de la Révélation », autant du point de vue de la chaîne de transmission (isnâd) que du texte (matn). À Dieu reviennent la louange et la grâce.
Al-Imâm Muslim l’a lui aussi mentionné dans son « Ṣaḥîḥ » (4), selon la version de transmission de al-Layth, ainsi que d’après Yûnus et Maʿmar, via az-Zuhrî, conformément à ce qu’al-Bukhârî a rapporté sous forme d’abrégé. Nous avons renvoyé en notes de bas de page aux ajouts et différentes versions de Muslim. À Dieu la louange. Le récit s’interrompt ici sur la parole de Waraqa : « Je te soutiendrai d’un appui ferme. »
Ainsi, la parole de la Mère des Croyants ʿÂ’ishah : « La première chose par laquelle débuta la Révélation, ce fut le songe véridique : il ne faisait pas un rêve sans qu’il ne se réalise aussi clairement que l’aube naissante », vient confirmer ce qu’a mentionné Muḥammad ibn Isḥâq (5) ibn Yasâr, d’après ʿUbayd ibn ʿUmayr al-Laythî : le Prophète ﷺ aurait dit :
« L’ange Gabriel vint à moi alors que je dormais, portant un drap de brocart où se trouvait un livre (6). Il me dit : “Lis !” Je répondis : “Que puis-je lire ?” Il m’étreignit alors, au point que je crus mourir, puis il me relâcha. » Et ce récit est presque identique à celui d’ʿÂ’ishah.
Ceci servit de préparation à ce qui advint ensuite à l’état d’éveil. Il est d’ailleurs explicitement rapporté dans les Maghâzî de Mûsâ ibn ʿUqbah, d’après az-Zuhrî, qu’il vit d’abord cela en rêve, puis l’Ange lui apparut ensuite à l’état de veille.
Le ḥâfiẓ Abû Nuʿaym al-Aṣbahânî déclare dans son ouvrage « Dalâ’il an-Nubuwwah » (7) : « Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥusayn nous a rapporté… »