Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La Révélation (1) lui parvint alors qu’il se trouvait dans la grotte de Hira. L’ange vint à lui et lui dit : « Lis. » Il répondit : « Je ne sais pas lire. » L’ange me saisit alors et me pressa (2) jusqu’à ce que mes forces m’abandonnent, puis me relâcha et dit de nouveau : « Lis. » Je répétai : « Je ne sais pas lire. » Il me saisit encore et me serra une deuxième fois jusqu’à ce que je fusse à bout de forces, puis me relâcha et dit : « Lis. » Je répétai : « Je ne sais pas lire. » Il me saisit une troisième fois, me serra jusqu’à l’épuisement, puis me relâcha et prononça : « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé (1), qui a créé l’être humain d’une adhérence (2). Lis ! Ton Seigneur est le Très-Généreux (3), Lui qui a enseigné par la plume (4), qui a enseigné à l’être humain ce qu’il ignorait (5). » [Al-ʿAlaq, 1-5]

Le Messager de Dieu (ﷺ) revint alors, le cœur tremblant. Il entra auprès de Khadija bint Khuwaylid et dit : « Couvrez-moi, couvrez-moi ! » Ils le couvrirent jusqu’à ce que sa frayeur se dissipe. Ayant relaté l’événement à Khadija, il lui confia : « J’ai vraiment craint pour ma vie. » Khadija lui répondit : « Jamais, par Dieu, Il ne te laissera défaillir ! Tu honores les liens de parenté, tu assistes l’orphelin, tu accueilles l’hôte, tu subviens aux besoins du démuni et tu soutiens les causes justes. »

Khadija l’emmena alors chez Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn ʿAbd al-ʿUzzâ, cousin de Khadija, qui s’était converti au christianisme à l’époque anté-islamique. Il transcrivait l’Écriture sainte en hébreu (3), recopiant de l’Évangile ce que Dieu voulait qu’il écrivît. C’était un vieillard déjà aveugle. Khadija lui dit : « Ô fils de mon oncle, écoute ton neveu. » Waraqa demanda : « Mon neveu, qu’as-tu vu ? » Le Messager de Dieu (ﷺ) lui raconta ce qui s’était passé. Alors Waraqa déclara : « C’est bien le Namous (4) qui descendait sur Moïse. Ah ! Si seulement j’étais encore jeune (5), si seulement je vivais lorsque ton peuple te chassera. » Le Messager de Dieu (ﷺ) s’exclama : « Vont-ils vraiment me chasser ? » Waraqa répondit : « Oui, nul n’est jamais venu avec un message semblable au tien sans être combattu. Si je vis encore lorsque ton jour adviendra, je t’aiderai d’un appui ferme. » Waraqa ne tarda pas à mourir, et la Révélation cessa quelque temps.

Le Messager de Dieu (ﷺ) en ressentit une profonde tristesse, au point qu’il lui arriva à plusieurs reprises de vouloir se précipiter du haut des montagnes. Mais, chaque fois qu’il atteignait le sommet pour s’y jeter, Gabriel apparaissait et lui disait : « Ô Muhammad, tu es vraiment le Messager de Dieu. » Alors son cœur se calmait et son âme s’apaisait, si bien qu’il redescendait. Lorsque l’intervalle entre les révélations redevenait long, il était de nouveau en proie au même tourment. Il dit : « Dès que j’atteignais le sommet d’une montagne, Gabriel surgissait et me répétait la même chose. »

(1) Dans la deuxième version mentionnée à la note (2) précédente, qui chez al-Bukhārī est : « jusqu’à ce que la vérité le surprenne ». Il me semble qu’Ibn Kathīr a rapporté cette dernière, car il lui a consacré une explication comme cela sera indiqué (p. 193). (2) Ibn Ḥajar a dit dans al-Fatḥ (1/24) : Dans la version d’al-Ṭabarī, il y a un tāʾ muthannā (double) au-dessus, comme s’il voulait sous-entendre « m’a serré » et « m’a oppressé ». Et al-ghaṭṭ : retenir l’esprit, d’où « ghaṭṭahu » dans l’eau, ou il voulait dire « m’a étouffé », d’où le sens d’étranglement. Quant à Abū Dāwūd al-Ṭayālisī, il le rapporte dans son Musnad avec une chaîne de transmission ḥasan. Il a donc adopté la lecture halqī (gutturale). Fin de citation. (3) Ibn Ḥajar a dit dans al-Fatḥ (1/25) : Dans la version de Yūnus et Muʿammar : « Il écrit à partir de l’Évangile en arabe ». Chez Muslim : « Il écrivait le livre en arabe ». Tous deux sont corrects, car Warqah maîtrisait la langue hébraïque et l’écriture hébraïque. (4) « Al-Nāmūs » : le confident qui l’informe de ce qu’il lui cache des autres, comme l’a affirmé al-Bukhārī dans les ḥadīths des prophètes. Voir al-Fatḥ (6/422 et 1/26) et la note (5) sur le texte, p. 196 de ce volume. (5) « Hélas, que je sois dans elle un tronc » : ainsi dans la version d’al-ʾAṣīlī, et chez les autres : « un tronc » (majrūr). En accusatif comme si c’était le prédicat d’un « kāna » sous-entendu. C’est ce qu’a dit al-Khaṭṭābī. Al-Fatḥ al-Bārī (1/26).
لمثلها، حتَّى جاءه (١) الحقُّ وهو في غار حِرَاءِ، فجاءه الملَكُ فقال: اقْرَأْ. فقال: "ما أنا بقارئ" قال: فأخذني فغَطَّني (٢) حتَّى بَلَغ مني الجَهْد، ثمّ أرسلني، فقال: اقرأْ، فقلتُ: ما أنا بقارئ، فأخذني فغطَّني الثانيةَ حتَّى بلغ مني الجَهْد، ثمّ أرسلني، فقال: اقْرَأْ، فقلتُ: ما أنا بقارئ، فأخذني فغطني الثالثة حتَّى بلغ مني الجهد، ثمّ أرسلني فقال: ﴿اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ (١) خَلَقَ الْإِنْسَانَ مِنْ عَلَقٍ (٢) اقْرَأْ وَرَبُّكَ الْأَكْرَمُ (٣) الَّذِي عَلَّمَ بِالْقَلَمِ (٤) عَلَّمَ الْإِنْسَانَ مَا لَمْ يَعْلَمْ﴾ [العلق:١ - ٥] فرجع بها رسولُ اللَّه - صلى الله عليه سلم - يَرْجُفُ فؤادُهُ، فدخل على خديجة بنتِ خُويلد، فقال: "زَمِّلُوني زَمِّلُوني" فزمَّلُوهُ حتَّى ذهب عنه الزَؤع، قال لخديجة - وأخَبَرها الخَبَر -: "لقد خَشِيتُ على نفسي" . فقالت خديجة: كلا واللّه، لا يُخْزِيك اللّهُ أبدًا، إنَّك لتصِلُ الرَّحِم، وتَقْرِي الضَّيف، وتَحْمِلُ الكَلّ، وتَكْسِبُ المَعْدُوم، وتُعينُ على نوائب الحقّ. فانطلقتْ به خديجةُ حتَّى أتتْ ورقةَ بنَ نَوْفَل بن أسد بنِ عبد العُزَّى ابنَ عمَ خديجة؛ وكان امرءا قد تنصَّرَ في الجاهلية، وكان يكتبُ الكتابَ العِبْرَاني (٣) ، فيكتب من الإنجيل بالعِبْرانيَّةِ ما شاءَ اللَّه أنْ يكتب، وكان شيخًا كبيرًا قد عَمِي، فقالت له خديجة: يا ابنَ عمّ، اسمَعْ من ابنِ أخيك. فقال له ورقة: يا ابن أخي، ماذا ترى؟ فأخبره رسول الله ﷺ خَبَر ما رأى. فقال له ورقة: هذا الناموس (٤) الذي كان ينزِلُ على موسى، يا ليتني فيها جذعًا (٥) ، ليتني أكونُ حيًّا إذْ يُخْرِجُكَ قومُك. فقال رسول الله ﷺ : " أو مُخرِجِيَّ هم؟ " فقال: نعم، لِم يأتِ أحدٌ بمثلِ ما جئتَ به إلا عُودي، وإنْ يُدركني يومُكَ أنْصُرْك نصرًا مُؤَزَّرًا. ثم لم يَنْشَبْ وَرَقَةُ أنْ تُوفيَ، وفَتر الوَحْيُ فترة. حتى حزنَ رسول الله ﷺ - فيما بلغَنا - حُزْنًا غدا منه مِرارًا كي يتردَّى من رؤوس شواهِقِ الجبال، فكلّما أوْفى بذِرْوَةِ جبل لكي يُلقي نفسَه تبدَّى له جِبْرِيلُ فقال: يا محمد، إنَّك رسولُ اللَّه حقًا فيسكنُ لذلك جَأشُه، وتَقِرُّ نفسُه فيرجع، فإذا طالت عليه فترةُ الوَحْي غَدا كمثلِ ذلك. قال: فإذا أوفى بِذِرْوةِ جبل تبدَّى له جبريلُ فقال لهُ مثل ذلك.
(١) في الرواية الثانية المشار إليها في الحاشية (٢) السابقة والتي عند البخاري هي: حتَّى فَجِئَهُ الحق. ويبدو لي أن ابن كثير نقل هذه الأخيرة، لأنه خصها بالشرح كما سيأتي (ص ١٩٣). (٢) قال ابن حجر في الفتح (١/ ٢٤): وفي رواية الطبري بتاء مثناة من فوق، كأنه أراد ضمني وعصرني، والغط: حبس النفس، ومنه غطه في الماء، أو أراد غمني ومنه الخنق. ولأبي داود الطيالسي في مسنده بسند حسن. فأخذ بحلقي. اهـ. (٣) قال ابن حجر في الفتح (١/ ٢٥): وفي رواية يونس ومعمر: ويكتب من الإنجيل بالعربية. ولمسلم: فكان يكتب الكتاب العربي. والجميع صحيح، لأن ورقة تعلم اللسان العبراني والكتابة العبرانية. (٤) "الناموس": صاحب السر الذي يطلعه بما يستره عن غيره، كما جزم به البخاري في أحاديث الأنبياء. انظر الفتح (٦/ ٤٢٢ و ١/ ٢٦) وموضع الحاشية (٥) في المتن ص (١٩٦) من هذا الجزء. (٥) يا ليتني فيها جذع: كذا في رواية الأصيلي، وعند الباقين: جذعًا. بالنصب على أنه خبر كان المقدرة. قاله الخطابي. فتح الباري (١/ ٢٦).

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