En bandes (1), ils le tuent par vengeance et par colère. On saisit alors le cheikh et on l’égorge morceau par morceau, puis des hommes éloquents se lèvent pour lui. Ensuite, c’est le « Nâsir » (2) qui prend les rênes et mélange son opinion à celle du « Nâkir » (3) ; les armées se manifestent alors sur la terre. Puis son fils lui succède : il s’empare de son rassemblement, reçoit peu d’éloges ; il prend l’argent et le consomme seul, et celui-ci s’accroît après lui (4).
Viennent ensuite plusieurs rois, [et, sans aucun doute, le sang coule alors parmi eux], puis (5) le « ṣu‘lūk » (le miséreux), qui les plie comme on plie le « durnūk » (6). Après lui survient ‘Aẓhūr (7) ; il écarte les gens (8) et rapproche Muḍar, conquérant la terre de façon répréhensible. Lui succède un homme de petite taille, avec une marque dans le dos ; il meurt d’une mort paisible. Puis, pour un court laps de temps, un autre prend la suite, arrivant tôt, et laisse le royaume dévasté (9). Son frère lui succède, suivant sa même voie, s’emparant des richesses et des chaires. Après lui survient « l’Akhwaj », avide de ce monde et de ses plaisirs, « mukhallaj » (10). Ses pairs et ses proches se soulèvent contre lui, le destituent en s’emparant du pouvoir et le tuent. Vient alors le septième, qui délaisse le royaume, l’abandonnant à la ruine ; on se révolte sous son règne à la manière d’un affamé défiguré. Chaque miséreux aspire alors à la royauté, et le « Lahfân » (l’affligé) prend les affaires en main. Il lance (11) Nizâr sur la troupe de Qaḥṭân ; lorsque deux armées se rencontrent à Damas, entre Banyân (12) et le Liban…
Ce jour-là, on partagera le Yémen en deux factions : la faction de l’allégresse (13) et la faction vaincue. Tu ne verras alors que des présents défaits (14) et des captifs enchaînés, pris entre les fourreaux et les chevaux. C’est alors que les demeures seront détruites [et les veuves dépouillées] (15), que les femmes enceintes avorteront, et que les séismes apparaîtront.