Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ô ‘Aqîl, ô Toi qui connais ce qui est caché, qui pardonnes la faute, qui es fidèle à l’engagement, et ô Ka‘ba édifiée ! En vérité, tu es pour celui qui vient avec l’offrande, la lame indienne et la lance rudayniyya.

Ils dirent : « Tu as dit vrai, ô Satyih. » Alors il reprit : « Et celui qui vient avec la joie, l’arc-en-ciel, et toutes sortes d’afflictions, ainsi que le frappé gisant à terre, et les palmiers, les dattes fraîches et les dattes mûres ; en vérité, le corbeau, où qu’il passe, donne signe. Il a rapporté que ce peuple-là n’est pas de Jumah, mais que leur ascendance remonte à Quraysh, gens de la plaine. »

Ils dirent : « Tu as dit vrai, ô Satyih. Nous sommes les gens de la Maison sacrée. Nous sommes venus te voir parce que nous avions entendu parler de ton savoir. Informe-nous donc de ce qui se passera en notre temps et de ce qui surviendra après, car il se peut que tu en aies une science. »

Il répondit : « À présent, vous dites vrai. Recevez de moi, inspiré par Dieu : Ô vous, gens des Arabes, vous voilà dans un temps de décrépitude, vos visions sont semblables à celles des non-Arabes. Vous n’avez ni savoir ni intelligence. Puis surgiront de votre descendance des hommes doués de compréhension, en quête de diverses sciences ; ils briseront l’idole, atteindront la digue, combattront les peuples étrangers et chercheront le butin. »

Ils demandèrent : « Ô Satyih, qui sont ces hommes ? » Il leur dit : « Par la Maison aux piliers, par la sécurité et ses habitants, voilà que de votre postérité naîtront des enfants qui renverseront les idoles, rejetteront l’adoration du démon, proclameront l’unicité du Miséricordieux, et diffuseront la religion du Justicier. Ils exalteront les constructions et consulteront les jeunes gens. »

Ils dirent : « Ô Satyih, de quel lignage proviendront-ils ? » Il répondit : « Par le plus noble des nobles, Celui qui recense les excès, qui ébranle al-Ahqâf et démultiplie les multiples : ce sont des milliers qui s’élèveront d’Abd Shams et d’Abd Manâf, dans une filiation où régnera la divergence. »

Ils dirent : « Quelle honte pour nous, ô Satyih, que ce dont tu nous informes ! De quelle contrée sortiront-ils ? » Il répondit : « Par Celui qui demeure à jamais et qui embrasse toute durée, ils surgiront de cette contrée : un jeune homme paraîtra, guidant vers la droiture. Il rejettera Yaghûth et la vanité, se détournera du culte des rivaux et n’adorera qu’un Dieu unique. Puis Dieu le rappellera, louable, retiré de la terre mais présent dans le ciel. Ensuite, c’est le Véridique qui reprendra son affaire une fois son temps accompli, restaurant les droits sans précipitation ni maladresse. Après lui viendra celui qui est hanif, un homme éprouvé et valeureux, qui délaissera la parole des violents ; il aura accueilli l’hôte et mené à bien le monothéisme. Puis lui succédera un autre qui appellera à sa cause, lui aussi éprouvé, et pour qui se rallieront des armées… »

(1) Dans ḥ, al-Dalāʾil et Ibn ʿAsākir : al-ʾātī et al-muthabbit selon ṭ. (2) De même dans ḥ, ṭ ; je pense que la lecture al-Khaṣāʾiṣ et Ibn ʿAsākir est plus proche de la vérité, qui est : wa-s-sābiq al-qarraḥ. Le qarraḥ est le pluriel de qāriḥ, désignant, chez ceux qui possèdent des sabots, ce qui a achevé la cinquième phalange. Le sābiq (le premier) est celui qui est en tête dans la course de chevaux. (al-Lisān, entrées « qarḥ », « sabaq »). (3) « al-Laṭīm » : c’est le neuvième des suqūb (antérieurs) des dattiers, car il se frappe le visage et n’entre pas dans la tente. (al-Lisān, entrée « laṭama »). (4) Dans ḥ : dunhum (« sans eux »), et dans Tārīkh Ibn ʿAsākir et al-Khaṣāʾiṣ : dahm. Ils désignent une foule nombreuse. (5) « al-Radm » : un village dans le Bahreïn (Maʿjam al-Buldān). (6) Dans Tārīkh Dimashq et al-Khaṣāʾiṣ : wa-al-sulṭān. (7) Dans Tārīkh Dimashq et al-Khaṣāʾiṣ : wayatru-kūn (et ils laissent). (8) De même dans ṭ et al-Dalāʾil : wayaqtanūn al-qiyān (et ils acquièrent des chanteuses), l’expression a disparu de ḥ. Dans Tārīkh Dimashq et al-Khaṣāʾiṣ : wa-yasbaqūn al-ʿamyān (et ils devancent les aveugles). (9) « al-Aḥqāf » : pluriel de ḥaqf, désignant la racine du sable, des montagnes et des murs. (al-Lisān, entrée « ḥaqf »). (10) « Yaghūth » : une des idoles de la période préislamique ; al-Fand : erreur d’opinion et de discours, mensonge. (11) Ajouté dans la lecture d’Ibn ʿAsākir ici : il signifie ʿUmar. (12) De même dans al-Dalāʾil et ṭ, altéré dans ḥ en : dirāʿan li-amrihi muḥarraman (« un bras pour son ordre, interdit »), et dans Tārīkh Dimashq et al-Khaṣāʾiṣ : dāriʿ li-amrihi =
يا عقيل، والعالِمِ الخفيَّة، والغافر الخطيَّة، والذِّمَّةِ الوفيَّة، والكعبةِ المبنيَّة، إنك للجائي بالهديَّة، الصفيحةِ الهندية، والصعدةِ الرُّدَينيَّة. قالوا: صدقتَ يا سَطيح، فقال والآتي (١) بالفَرَح، وقوسِ قزَح، وسائرِ القُرَّح (٢) ، واللَّطيم المُنْبَطِح (٣) ، والنَّخْلِ والرُّطَب والبَلَح، إنَّ الغراب حيثُ مرَّ سَنَح، فأخبر أنَّ القومَ ليسوا من جُمَح، وأنَّ نسبَهُم من قريشٍ ذي البُطَح. قالوا: صدقتَ يا سَطيح، نحن أهلُ البيت الحرام، أتيناك لنزوركَ لما بَلَغنا من عِلْمِك، فأخْبِرْنا عمَّا يكونُ في زماننا هذا، وما يكون بعده، فلعل أنْ يكونَ عندك في ذلك عِلْم. قال: الآن صدقتم، خذوا مني ومن إلهام اللّهِ إيَّاي، أنتم يا معشر العرب في زمان الهرَم، سواءٌ بصائركم وبصائر العَجَم، لا علم عندكم ولا فَهْم، ويَنْشَؤُ من عَقِبكم ذوو فَهْم (٤) ، يطلبون أنواعَ العلم، فيكسرون الصَّنَم، ويبلغون الرَّدْم (٥) ، ويقتلون العُجْم، يطلبون الغُنْم. قالوا: يا سَطيح، فمن يكون أولئك؟ فقال لهم: والبيت ذي الأركان، والأمن والسكان (٦) ليَنْشَؤُنَّ من عقبكم وُلْدان، يكسرون الأوثان، ويُنكرون (٧) عبادة الشيطان، ويوحِّدُونَ الرحمن، وينشُرون دينَ الدَّيَّان، يُشرفون البنيان، ويستفتون الفتيان (٨) . قالوا: يا سطيح، من نَسْلِ مَنْ يكونُ أولئك؟ قال: وأشرفِ الأشراف، والمُحْصي للإسراف، والمزعزعِ الأحْقَاف (٩) ، والمضعِفِ الأضعاف، ليَنْشَؤُنَّ الآلاف، من عبدِ شمسٍ وعبدِ مَناف، نُشوءًا يكون فيه اختلاف. قالوا: يا سوءتاهُ يا سَطيح ممَّا تخبرنا من العلم بأمرهم! ومن أيِّ بلدٍ يخرج أولئك؟ فقال: والباقي الأبَد، والبالغِ الأمَد، ليخرجَنَّ من ذا البلد، فتىً يَهْدي إلى الرَّشَد، يرفضُ يَغُوثَ والفَنَد (١٠) ، يبرَأ من عبادة الضدد، يعبدُ ربًّا انفرد، ثم يتوفاه اللَّه محمودًا، من الأرض مفقودًا، وفي السماء مشهودًا. ثم يلي أمره الصدِّيق إذا قضى صدق، في ردِّ الحقوق لا خرِقٌ ولا نزِق؛ ثم يلي أمره الحَنيف، مُجَرِّبٌ غِطْريف، ويترك قولَ العنيف (١١) . قد ضاف المضيف. وأحكم التحنيف. ثم يلي أمره داعيًا لأمره مجرِّبا (١٢) . فتجتمع له جموعًا
(١) في ح والدلائل وابن عساكر: والآتِ والمثبت من ط. (٢) كذا في ح، ط وأظن رواية الخصائص وابن عساكر أشبه بالصواب، وهي: والسابق القرَّح. والقرح: جمع قارح، وهي من ذي الحافر ما استتم الخامسة، والسابق هو الأول في الخيل في السباق. اللسان (قرح، سبق). (٣) "اللطيم": هو التاسع من سوابق النخيل، وذلك أنه يلطم وجهه فلا يدخل السرادق. اللسان (لطم). (٤) في ح: دونهم، وفي تاريخ ابن عساكر والخصائص: دَهْم. وهم الجماعة الكثيرة. (٥) "الرَّدْم": قرية بالبحرين. (معجم البلدان). (٦) في تاريخ دمشق والخصائص: والسلطان. (٧) في تاريخ دمشق والخصائص: ويتركون. (٨) كذا في ط وفي الدلائل: ويقتنون القيان، وسقطت العبارة من ح، وفي تاريخ دمشق والخصائص: ويسبقون العميان. (٩) "الأحقاف": جمع حقف، وهو أصل الرمل وأصل الجبل وأصل الحائط. اللسان (حقف). (١٠) "يغوث": من أصنام الجاهلية، والفند: الخطأ في الرأي والقول، والكذب. (١١) زاد في رواية ابن عساكر هنا: يعني عمر. (١٢) كذا في الدلائل وط، وحُرّف في ح إلى: دراعًا لأمره محرمًا، وفي تاريخ دمشق والخصائص: دارع لأمره =

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