Ensuite, il le rapporta d’après Muhammad ibn ‘Uthmân ibn Abî Shaybah(1), d’après Muhammad ibn Taym(2), d’après Muhammad ibn Khalîfa, d’après Muhammad ibn al-Ḥasan, d’après son père, qui a dit : « ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb dit à Khuraym ibn Fâtik : “Raconte-moi un ḥadîth qui me plaise(3).” » Il en rappela alors un identique au précédent, sans aucune différence dans le récit.
Abû Nu‘aym(4) a dit : « Sulaymân ibn Aḥmad nous a rapporté, d’après Abû ‘Abd al-Malik Aḥmad ibn Ibrâhîm al-Qurashî ad-Dimashqî, qui nous a rapporté d’après Sulaymân ibn ‘Abd al-Raḥmân, le petit-fils de Shuraḥbîl, qui nous a rapporté d’après Ismâ‘îl ibn ‘Ayyâsh, d’après Yaḥyâ ibn Abî ‘Amr as-Saybânî(5), d’après ‘Abd Allâh ibn ad-Daylamî, qui a dit : “Un homme vint voir Ibn ‘Abbâs et lui dit : ‘Il nous est parvenu que tu parles de Saṭîḥ, prétendant que Dieu l’a créé sans avoir créé aucun être humain qui lui ressemble.’” »
Il répondit : « Oui. Dieu a créé Saṭîḥ al-Ghassânî comme une masse de chair posée sur un woḍam(6). Il n’avait ni os ni nerf, à l’exception du crâne et des deux paumes. Il était replié des jambes jusqu’à la clavicule, comme on replie un vêtement, et rien ne bougeait en lui hormis sa langue. Lorsqu’il voulut partir pour La Mecque, on l’emporta sur son woḍam et on le conduisit jusqu’à la ville. Là, quatre hommes de Quraysh sortirent à sa rencontre : ‘Abd Shams et Hâshim, fils de ‘Abd Manâf ibn Quṣayy, ainsi que l’Aḥwaṣ ibn Fihr et ‘Aqîl ibn Abî Waqqâṣ. Ils se réclamèrent d’une autre lignée que la leur, en disant : ‘Nous sommes des hommes de Jumâḥ. Nous avons appris ton arrivée et estimé de notre devoir de venir à toi.’ ‘Aqîl lui offrit alors une lame indienne et une flèche rudayniyya, qu’ils déposèrent à la porte de la Maison sacrée(8) pour voir si Saṭîḥ parviendrait à les distinguer ou non. Puis il dit : ‘Ô ‘Aqîl, tends-moi ta main.’ Et ‘Aqîl lui tendit la main, alors il dit…” »
(1) Le Grand Dictionnaire, n° 4166, mentionne : Muhammad ibn ʿAffān, ce qui est une altération, et sa biographie se trouve dans les Siyar (14/21). Al-Hākim l’a rapporté dans al-Mustadrak (3/621), sur lequel adh-Dhahabī a dit : « Ce n’est pas authentique. »
(2) Dans le Grand Dictionnaire et al-Mustadrak : Muhammad ibn Tasnīm al-Ḥaḍramī. Je n’ai pas trouvé de biographie pour lui. Dans al-Mīzān (3/494) : Muhammad ibn Tasnīm al-Warrāq. Dhahabī a dit : « Je ne sais pas ce qu’il en est » et le ḥāfiẓ a confirmé cela dans Lisān al-Mīzān.
(3) Dans le Dictionnaire : J’aime bien la forme donnée.
(4) Dans Dalāʾil al-Nubuwwa d’Abu Nuʿaym (1/152) et mentionné par al-Suyūṭī dans al-Khaṣāʾiṣ (1/33) qui a dit : « Ibn ʿAsākir l’a également rapporté. » On le trouve dans le Muḫtaṣar d’Ibn Manẓūr (8/297).
(5) Dans les manuscrits et éditions : ash-Shaybānī, avec un shīn emphatique, ainsi que dans les Dalāʾil ; c’est une erreur de copie. Les formes corrigées se trouvent dans al-Ikmāl (5/111), al-Ansāb (7/215) et at-Taqrīb (2/355). Il est indiqué que sa transmission des Compagnons est mursal (interrompue).
(6) « al-Waḍm » : des tranches des pétioles de palmiers. Cette explication vient de la transmission d’Ibn ʿAsākir. Dans an-Nihāya (5/199) : al-Waḍm est la planche sur laquelle on pose la viande pour la protéger du sol. De là provient le hadith d’ʿUmar : « Les femmes sont comme de la viande sur un waḍm, à l’exception de celles qui sont protégées. » Al-Azharī expliqua : il a spécifiquement comparé la viande posée sur un waḍm aux femmes, car c’est une coutume arabe, quand une chamelle est abattue pour un groupe qui partage la viande, qu’ils arrachent du bois et empilent les morceaux les uns sur les autres, en séparant la viande (en portions), la placent dessus, puis délèguent la viande de son os, la découpent sur le waḍm pour faciliter le partage et entretiennent le feu ; lorsque les braises tombent, chaque invité cuit à tour de rôle sur ces braises en présence des autres, et personne ne s’y oppose ; quand vient le moment du partage, chacun emporte sa part. Ainsi, ʿUmar compara les femmes et leur faible résistance aux prétendants masculins à la viande posée sur le waḍm.
(7) En plus dans le manuscrit ici : « … ni viande ni nerf, et il n’y en avait pas. »
(8) Dans le manuscrit : « J’ai posé à la porte du sanctuaire. »