C’est un écrit véridique et une parole de vérité, établi avec ‘Amr ibn Murra al-Juhani pour la tribu de Juhayna ibn Zayd : « Vous êtes autorisés à disposer des vallées souterraines et de leurs plaines, des ravins des oueds et de leurs hauteurs ; vous faites paître vos troupeaux sur leurs pâturages et buvez leur eau pure, à condition de reconnaître la part du cinquième (al-khums) et de célébrer les cinq prières. Quant à la “tī‘a” et la “ṣurayma”, il y a deux brebis (1) s’il s’agit d’un même troupeau, mais si elles se séparent (2), c’est alors une brebis par unité. Il n’y a pas d’aumône due aux habitants de la “muthīra” (3). Il n’est pas question de la meilleure bête qu’on y puise. » Les musulmans présents auprès de nous en ont témoigné, conformément à la lettre de Qays ibn Shammās.
C’est à cette occasion qu’Amr ibn Murra déclama :
[Poème en mètre at-Ṭawīl]
« Ne vois-tu pas que Dieu a manifesté Sa religion,
Et qu’Il a exposé la preuve du Coran à l’adresse de ‘Āmir ?
Un Livre émanant du Tout-Miséricordieux, lumière pour notre assemblée,
Comme pour nos alliés, qu’ils soient nomades ou sédentaires ;
[Il est adressé] au meilleur de ceux qui marchent sur terre,
Le plus éminent d’entre eux quand les épreuves s’assombrissent (4).
Nous avons obéi au Messager de Dieu lorsqu’étaient défaits
Les troupes ennemies, fauchées par les lames et les sabres (5).
Nous sommes un clan autour duquel la gloire s’est édifiée ;
Quand la guerre surgit, c’est la tête des plus grands qui est visée.
Fils d’une lignée guerrière, nous offrons l’hospitalité
Grâce à de longs bras et des épées scintillantes dans les mains des combattants.
Autour de lui se tiennent les Anṣār, protégeant leur émir (6)
Par de hautes lances brunes et des lames tranchantes.
Et si la guerre fait rage à l’heure de chaque grande épreuve,
Et que son tourbillon s’enclenche, attirant les lions rugissants,
Son visage s’éclaire et ses traits resplendissent davantage,
Comme la pleine lune dont la lueur rayonne parmi les étoiles. »
Abū ‘Uthmān Sa‘īd ibn Yaḥyā al-Umawī rapporte dans ses “Maghāzī” :
« Nous a raconté ‘Abd Allāh, d’après Abū ‘Abd Allāh, d’après al-Mujālid ibn Sa‘īd et al-Ajlaḥ, selon al-Sha‘bī, qui tenait ce récit d’un ancien de la tribu de Juhayna : “Un homme parmi nous tomba gravement malade, au point que nous lui creusâmes sa tombe et nous préparâmes à l’enterrer. Il perdit connaissance, puis il ouvrit les yeux et reprit ses esprits. Alors il dit :
— M’avez-vous creusé ma tombe ?
Ils répondirent :
— Oui.
Il demanda :
— Qu’en est-il de al-Quṣal (7) — c’était son cousin ?
Nous lui dîmes :
— Il va bien, il vient de passer et s’enquerrait de ton état.
Il répondit :
— En vérité, il ne tardera pas à être déposé dans ma propre tombe. En effet, quand j’ai perdu connaissance, quelqu’un est venu à moi et m’a dit : “Pleure Hubal ! Ne vois-tu pas ta fosse ?”
” »