On raconte que toute la région de Ruhât puisait son eau ici, si bien que les gens l’appelèrent « l’eau du Messager » (ﷺ). Les habitants de Ruhât s’en servaient pour leurs ablutions. La portée de la flèche lancée par Râchid atteignit « ar-Rakîb », que l’on nommait « Rakîb al-Ḥajar »(1). Le lendemain, Râchid se rendit auprès de l’idole Suwâ‘ et la mit en pièces.
Abû Nuʿaym(2) rapporte : « Sulaymân ibn Aḥmad nous raconta, ʿAlî ibn Ibrâhîm al-Khuzâʿî al-Ahwâzî nous raconta : Abû Muḥammad ʿAbd Allâh ibn Dâwud ibn Dilhâth ibn Ismâʿîl ibn Musraʿ(3) ibn Yâsir ibn Suwayd, Compagnon du Messager d’Allah (ﷺ), nous raconta : “Mon père me transmit de son père Dilhâth, qui le tenait de son père Ismâʿîl, à qui son père ʿAbd Allâh l’avait dit, lequel tenait ce récit de son père Musraʿ ibn Yâsir, qui le tenait de son père Yâsir, ayant entendu ʿAmr ibn Murra al-Juhanî rapporter ceci :
‘Je partis accomplir le pèlerinage avec un groupe de mon peuple à l’époque antéislamique. Alors que je me trouvais à la Mecque, je vis en rêve une lumière brillante jaillir de la Kaʿba, éclairant jusqu’à la montagne de Yathrib et la contrée de Juhayna(4). Puis j’entendis une voix sortir de cette lumière, disant : “Les ténèbres ont disparu, la clarté a resplendi, le Sceau des prophètes a été envoyé.” La lumière s’intensifia une deuxième fois et j’aperçus alors les palais de al-Ḥîra et le Palais Blanc de al-Madâʾin(5). Et j’entendis une voix dans cette lumière dire : “L’islam est apparu, les idoles ont été brisées et les liens de parenté ont été renoués.”
Je me réveillai en sursaut et dis à mon peuple : “Par Dieu, il va se produire un événement au sein de ce clan de Quraych !” Je leur communiquai ma vision. Une fois rentrés chez nous, un homme vint nous annoncer qu’un individu nommé Aḥmad avait été envoyé. Je me rendis auprès de lui et lui rapportai ce que j’avais vu. Il me dit : “Ô ʿAmr ibn Murra, c’est moi qui suis envoyé à l’ensemble des serviteurs de Dieu. Je les appelle à l’islam, je leur ordonne d’épargner le sang, de maintenir les liens de parenté, d’adorer Dieu, de renoncer aux idoles, d’accomplir le pèlerinage à la Maison sacrée et de jeûner le mois de Ramaḍân, l’un des douze mois. Quiconque répond à cet appel aura droit au Paradis, tandis que celui qui désobéit aura le Feu ; crois donc, ô ʿAmr ibn Murra, afin que Dieu te préserve du Feu de l’Enfer.”
Je lui dis alors : “Je témoigne qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que tu es le Messager d’Allah. Je crois fermement à tout ce que tu as apporté, qu’il s’agisse du licite ou de l’illicite, même si cela contrarie bien des gens.” Puis je lui récitai des vers que j’avais composés lorsque j’entendis parler de lui. Nous avions, en effet, une idole dont mon père était le gardien ; je m’approchai de cette idole et la détruisis, avant de rejoindre le Prophète (ﷺ) en disant :
[Vers sur le mètre at-tawîl]
“J’atteste que Dieu est la Vérité, et que je suis le premier à délaisser les divinités de pierre.”»